Témoin

"En moyenne, 14 ménages est dédié à l'alimentation. L'augmentation des prix pénalise plus durement ceux à faible revenu."

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L'enquête publiée dans notre numéro 425 en mars dernier, qui a provoqué quelques jours après sa parution une réunion interministérielle « de crise », n'est pas un coup médiatique. Au contraire, elle s'inscrit dans la droite ligne d'un travail de fond que nous menons depuis 2001. Dans la perspective du « passage à l'euro », nous avions déjà consacré un dossier à l'envolée des prix alimentaires et titré - comme aujourd'hui - La liste noire des prix qui flambent. À partir de septembre 2004, nous avons observé l'impact des hausses de prix sur le pouvoir d'achat des ménages. Le décalage entre « le vécu » des consommateurs et les indices officiels des prix à la consommation nous interrogeaient. Alors que les premiers estimaient devoir faire face à la baisse de leur pouvoir d'achat et à la hausse des prix, les seconds indiquaient la progression du pouvoir d'achat et la stabilité des prix... Nous fondant sur les mêmes données que celles utilisées par l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), nous avons élaboré notre propre outil d'analyse, en y intégrant notamment le coût du logement, afin de calculer le pouvoir d'achat de manière différente. Depuis, nous publions cet indice chaque année en septembre. À l'été 2007, avec la hausse des matières premières agricoles, et tandis que les industriels de l'agro-alimentaires commençaient à annoncer une hausse des prix, j'ai décidé de créer un observatoire des prix afin d'étudier la façon dont cette augmentation allait s'installer dans les rayons, puisqu'il est désormais acquis qu'elle va durer. Aujourd'hui, en moyenne, 14 % du budget des ménages est dédié à l'alimentation. Dans les familles modestes, cette part est bien sûr plus lourde. De fait, l'augmentation des prix pénalise plus durement les personnes à faible revenu. Dans ce contexte, notre démarche vise aussi à poser le débat sur les choix auxquels est confrontée notre société. Par exemple, le rôle premier de l'agriculture est-il de nourrir l'humanité ou de produire de la matière première pour les carburants ou la chimie ? J'estime qu'agriculteurs, industriels, distributeurs et consommateurs doivent se rencontrer et débattre au niveau national et j'appelle à un Grenelle de la consommation. 

Propos recueillis par Françoise Vlaemÿnck.

La directrice de la rédaction de 60 millions de consommateurs dénonce les hausses spectaculaires dans le secteur alimentaire. Le magazine de l'Institut national de la consommation a fait grand bruit en publiant la Liste noire des prix qui flambent, dans son numéro de mars 2008.

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