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Yvelines. Grâce à un partenariat entre le SPF de Guyancourt et la Fondation René-Lacoste, principal financeur du projet Crocogolf, des jeunes de familles en difficulté s´initient au golf pendant quatre ans.

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En quatre ans, les jeunes "Crocogolf" peuvent acquérir les bases d'un sport difficile.
O Pasquiers / Le bar Floréal

Mercredi, 10h30. Sur le terrain de practice du golf national de Guyancourt, Oumar, Océane, Farah... écoutent avec attention les consignes de Charles Pironneau, leur moniteur. Débutants, ils apprennent les techniques de base du golf pendant que certains de leurs camarades, plus avancés, s'entraînent aujourd'hui sur le green grâce au projet Crocogolf. Tous sont inscrits à l'antenne du SPF de Guyancourt. "Dans l'ensemble, ils sont très motivés. La semaine dernière, ils ont découvert leur premier parcours, ils ont eu l'air d'aimer ça", se réjouit Charles. Farah, 11 ans, ne le dément pas. "J'aime bien tirer des balles dans le practice. Sur le terrain aussi." Chaque semaine, ils sont ainsi 24"Crocokids", à venir en car de diverses villes alentour pour s'initier. Après un petit déjeuner, un échauffement avec l'accompagnatrice, Évelyne Farando, ils bénéficient d'une heure et demie de cours. Un repas au restaurant du lieu clôt la matinée.
Crocogolf est le fruit d'un partenariat signé en 2008 et pour quatre ans - le temps d'apprendre à bien jouer - entre la Fondation René-Lacoste, la Fédération française de golf, la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines et le SPF. "Il m'a paru intéressant de rendre le golf accessible à ces enfants, car c'est un sport coûteux et encore considéré comme réservé à une élite", explique Yves Denis, responsable de l'antenne du SPF. Le cadre apporte aussi beaucoup à ces jeunes. "Ils passent la matinée en groupe, mélangés à d'autres enfants, en plein air, au calme, et ils apprennent à respecter des règles, l'étiquette étant la première chose qu'on leur enseigne", poursuit-il. Celle-ci vise à adapter le comportement des joueurs à l'exigence de sécurité comme de respect des autres et du matériel. "Cela se passe bien et, au fur et à mesure, leur attitude s'améliore", estime Évelyne Farando. Ce que confirme Charles qui remarque des avancées chez certains. "On note une plus grande concentration, plus d'apaisement." Michel, 12 ans, inscrit depuis quatre ans, en témoigne : "Le golf est un sport un peu difficile au début, mais je suis passionné et cela m'a appris à mieux me concentrer. Je le ressens aussi à l'école." Seul bémol pour Charles : "La plupart s'entraînent peu en dehors des cours." Avec leur carte Crocogolf, les enfants ont pourtant accès à l'école le week-end et durant les vacances. Mais certains habitent loin et personne ne peut les amener. D'autres ont quitté l'aventure en route. "C'est souvent le cas à l'entrée au collège, car cela alourdit leur emploi du temps", déplore Yves Denis. Quelques collégiens viennent toutefois l'après-midi. Nul doute que, plus tard, Farah en fera partie. "J'aime trop le golf. C'est grand, on respire. J'ai lu plein de livres dessus. Je deviendrai peut-être une championne", rit-elle. Qui sait ?

Avec le Secours populaire, les enfants suivent un programme de golf clair
Pour que les enfants tirent le meilleur parti du projet, dont le coût s'élève à quelque 150.000 euros, la convention signée prévoit l'organisation de séances sur les activités liées au golf et à l'environnement. Le principe est de signifier aux gamins qu'il y a peut-être aussi des métiers gravitant autour de ce sport, qui pourraient les intéresser, explique Yves Denis. De même incite-t-il les enfants à aller au bout des quatre ans pour passer, à l'âge requis, le brevet d'aptitude à la fonction d'animateur. Tout le monde n'a pas un Bafa avec une spécialité golf ! Cela peut leur ouvrir des portes pour trouver un jour un job d'été, voire un travail. D'ores et déjà, les Crocokids sont invités à passer les examens de niveau ou drapeaux, la récompense étant remise par un champion de golf. Une initiative dont se réjouit Yves Denis : Le but du projet reste l'initiation à un sport, mais certains enfants ont tout de même été retenus pour participer à des compétitions départementales.

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