Ukraine - "Halte à la guerre, mondialisons la solidarité" [Archivé]

Déclaration du Comité National du Secours populaire français sur la solidarité engagée depuis le 24 février : "Chacune et chacun à sa tâche. Le SPF s’engage et prend toutes ses responsabilités."

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Svitlana, bénévole du PKPS, le partenaire du Secours populaire en Pologne, apporte des boissons chaudes à une famille ukrainienne avant sa montée dans le train pour Prague. Gare de Przemysl, 9 mars 2022.
Jean-Marie Rayapen

25 Mars 2022

Dès les premières heures des bombardements, le Secours Populaire Français a lancé un appel à la solidarité financière pour assurer ses partenaires d’Ukraine et des pays limitrophes de son soutien, sachant par expérience que la cruauté de la guerre allait jeter sur les routes des populations, au premier chef desquelles des femmes, des enfants, des personnes âgées.

Il a immédiatement pris contact avec ses partenaires en Ukraine, en Pologne, en Roumanie pour identifier avec eux quels besoins allaient avoir à être satisfaits, dans la première urgence, puis dans les jours suivants, jusqu’à ce que les personnes déplacées trouvent un abri au moins temporaire.

Cet appel à la solidarité financière adressé à la population de notre pays a été entendu et relayé largement, les collectes organisées par les animateurs collecteurs du SPF ont rencontré et continuent de rencontrer un large soutien, ce qui nous permet de déployer plus largement encore l’irremplaçable solidarité, telle que la promouvait notre ami et président fondateur Julien Lauprêtre.

L’expérience de longue date du Secours populaire dans le déploiement de la solidarité mondiale nous permet de savoir qu’il ne faut pas remplir des camions de produits non utilisables par les populations qui franchissent les frontières pour trouver un abri, mais collecter de l’argent pour que nos partenaires sur place puissent acheter le nécessaire sans désorganiser le circuit économique sur place, en remettant les produits que les personnes consomment, dont ils connaissent le mode d’utilisation, y compris dans des situations précaires.

Pour l’essentiel, nos collègues des autres associations ont eu la même approche. Il faut des moyens financiers.

Nos délégations sur place ont ainsi pu soutenir concrètement nos partenaires  et déterminer avec eux ce dont ils ont un impérieux besoin, notamment des machines à laver et à sécher industrielles, des wagons de douches, des produits d’hygiène, de nettoyage et de connexions internet pour que les personnes qui arrivent, après des jours de traversées exténuantes, puissent se reposer un moment, se doucher, laver leurs effets, donner des nouvelles à leurs proches et repartir vers d’autres lieux moins exposés pour décider des lieux où ils et elles vont s’installer au moins transitoirement.

Nous sommes dans notre pays face à une situation nouvelle, l’arrivée des premiers milliers de familles composées essentiellement de femmes, d’enfants et de personnes âgées démunies dans leur très grande majorité et que notre pays accepte de recevoir dans des conditions dignes.

Nous nous en félicitons et sommes décidés à aider ces personnes autant que nous le pouvons à traverser cette période terrible.

Nous savons accueillir, nous avons une longue tradition d’accueil et de soutien et nous nous réjouissons de ce que cet accueil soit organisé de façon humaine par la puissance publique.

Nous rappelons cependant que nous avons sur notre sol de très nombreuses personnes qui ont aussi fui des pays en guerre, que les autorités appellent des « migrants », voire des « migrants réfugiés » sans leur accorder les droits que leur situation exigerait pourtant.

Telle n’est pas la situation des Ukrainiens et nous sommes heureux qu’ils soient accueillis dans des conditions acceptables. Nous espérons que cela pourra faire école.

En revanche, nous devons sans attendre préciser que si nous allons faire tout notre possible pour que l’accueil dans notre pays les aide à surmonter la tragédie qu’ils vivent, il n’est pas envisageable que la puissance publique se défausse de ses responsabilités. Elle ne peut décider de charger les associations en général et le SPF en particulier de trouver les logements nécessaires pour abriter les familles, moyennant « le logement citoyen » se traduisant par 2000€ par an pour une famille, quelle que soit la taille de la famille.

De même quand les collectivités sont en mesure de mettre à disposition des logements sociaux et chargent le SPF de meubler les dits logements comme de veiller au soutien alimentaire et aux soutiens annexes, il ne faudrait pas oublier que d’autres personnes sont aussi en grande vulnérabilité dans notre pays et que le SPF n’envisage pas de devoir choisir entre populations.

Le soutien financier de la puissance publique s’impose quand bien même la générosité va continuer de se déployer et le Secours populaire va y contribuer efficacement.

Nous devons insister sur le fait que nous allons continuer tout le temps nécessaire de soutenir la population en Ukraine, soit près de 40 millions de personnes et que le même argent collecté ne peut pas servir deux fois.

Les conséquences de cette guerre, après d’autres crises comme celle de la Covid sur d’autres populations, vont peser de façon certaine et inéluctable. En France, en Europe, Union européenne et Europe continentale, sur la planète, des ensembles à ce jour non dénombrables de populations peuvent se trouver touchés et basculer dans la précarité, la pauvreté, voire pire encore, la famine.

Il nous incombe d’y être attentif et de développer plus encore nos capacités de collecte.

Nous savons le faire, nous pouvons contribuer à déployer plus largement encore la solidarité irremplaçable et efficace, permettre à chacune et chacun d’y prendre part, de nos amis enfants Copain du Monde, des Médecins du SPF à tous les adultes qui s’y reconnaissent.

Faites vos dons, prenez contact avec le SPF – 9/11, rue Froissart ; https://www.secourspopulaire.fr ou avec votre Fédération départementale ou comité local le plus proche.

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