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Week-end à Paris pour les sinistrés de Gironde et des Landes

Mis à jour le par Laurent Lefèvre
Parents et bénévoles ont revu la joie sur les visages des enfants ©Jean-Marie Rayapen

Croisière sur la Seine, visite du musée du Quai Branly et de Disneyland Paris. Les familles de sinistrés de Gironde et des Landes sont venues passer un week-end de rêve dans la capitale, loin des soucis qui les assaillent depuis cet été.

Après un départ en bus à l’aube de la mairie du Porge, 52 sinistrés des incendies de la Gironde, principalement des familles avec enfants,sont arrivés vendredi 16 octobre vers 14 h au port de la Conférence, point d’amarrage des bateaux-mouches parisiens situé au pied du pont de l’Alma. À peine ont-ils le temps d’admirer la tour Eiffel qui se dresse de l’autre côté de la Seine qu’ils s’apprêtent à embarquer pour leur croisière au cœur de Paris, qui débute à 14 h 30.

Parmi eux, Pauline, Jean-Baptiste et leurs deux enfants – Alexandre, âgé de 8 ans, et Laura, 5 ans – prennent place, sous le soleil, sur le pont supérieur à l’air libre « pour profiter des bâtiments ». Leur bateau s’éloigne et remonte la Seine en direction de Notre-Dame de Paris pour s’approcher au plus près des monuments emblématiques de la capitale observés depuis le fleuve – le Louvre, l’Hôtel de Ville, la Conciergerie –, avant de longer au retour le musée d’Orsay et l’Assemblée nationale.

Un temps pour que les familles se retrouvent et se détendent, ici à Disneyland Paris ©Jean-Marie Rayapen

« On connaît assez bien Paris, mais le joli pont Alexandre III avec la vue majestueuse sur le Grand Palais, c’est ce que mon épouse [et moi] avons préféré, avec la tour Eiffel et Notre-Dame qui marquent toujours les esprits », témoigne Jean-Baptiste, locataire au Porge d’une maison qui a été entièrement détruite. « On a perdu 100 % de nos biens : les photos, les jouets des enfants… Il n’y a pas une cuillère à récupérer : une vie de biens et de souvenirs. »

Leurs enfants, qui découvrent les bateaux-mouches pour la première fois, n’ont pas apprécié la même chose lors de cette balade fluviale d’à peine une heure. « Eux, ce qu’ils ont préféré, c’est les camions de police, avec la grandeur de la tour Eiffel qui les a impressionnés ! Pour un petit garçon de 8 ans, les voitures de police avec le gyrophare, c’est [surprenant]… au Porge, il n’y en a pas beaucoup [rires]. C’est plus l’aspect grande ville qui les marque plutôt qu’une sensibilité particulière à l’architecture. On n’a pas le même référentiel ! »

Un séjour de répit

Présent au port de la Conférence, Camille Guérin, membre de la direction des solidarités en France du Secours populaire, détaille le programme de ces deux jours à Paris : « On organise ces séjours de répit pour les familles sinistrées des incendies de la Gironde et des Landes. Demain [samedi 17 octobre], nous sommes avec eux au parc Disneyland Paris. »

Pour les sinistrés comme Jean-Baptiste, dont le quotidien est marqué par « les papiers à faire et refaire auprès des assureurs », ce séjour arrive à point nommé : « C’est une parenthèse car depuis l’incendie, on ne fait que travailler et se battre sur le plan administratif pour la moindre chose. On est avec les enfants, on est ailleurs. On retrouve un moment de vie en famille : un vrai répit, souligne-t-il. Pour d’autres [sinistrés] qui ne connaissaient pas Paris, c’est chouette [cette découverte] ! »

Les sinistrés ont fait une croisière sur la Seine et ont visité le musée du Quai Branly ©Francine Trépant

Arrivé tôt ce vendredi matin à la gare Montparnasse en provenance de Bordeaux, le groupe de 16 sinistrés de Biscarrosse (Landes), qui a déjà effectué sa croisière en bateaux-mouches, explore dans l’après-midi le musée du quai Branly situé rive gauche, de l’autre côté du pont de l’Alma. Au programme : un « voyage au cœur des cultures d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques » à travers une visite libre des collections et de l’exposition Premières Nations. Comme François, accompagné de ses deux enfants, cinq des six familles présentes à Paris ont perdu leur maison dans l’incendie de Biscarrosse, qui, dans la nuit du 23 au 24 juillet, a détruit 200 habitations dans plusieurs quartiers de la commune.

« Cela fait du bien et a changé les idées de tout le monde. Il faut féliciter les deux bénévoles, Francine et Patricia, qui nous ont facilité la vie [pendant le séjour] : tout le monde a pu se détendre », souligne Isabelle, secrétaire du comité de Biscarrosse, qui accompagne le groupe des Landes. Ce comité, dont une partie des locaux a été détruite par le feu, est venu en aide aux sinistrés dès le lendemain de l’incendie et continue de soutenir quelque 150 familles*.

Voir rire leurs enfants

Ce séjour parisien a permis aux sinistrés de penser à autre chose, de s’amuser, de voir rire leurs enfants. « Ils étaient enchantés : des paillettes dans les yeux, résume Isabelle. Franchement, c’était génial : cela ne pouvait être mieux ! » Jean-Baptiste, qui a apprécié le fait de « se rencontrer entre sinistrés [du Porge] et de voir les différentes manières de vivre le sinistre, d’être ensemble et la bonne ambiance, y compris entre les enfants », partage ce constat : « Tout s’est bien passé : nickel ! Cela fait un grand bien. »

* Au moins une dizaine de familles de sinistrés viennent à l’une des trois permanences hebdomadaires du comité, qui a pu retourner dans ses locaux à partir du 15 août. Présidé par Guy, présent à Paris, le comité leur fournit des produits d’hygiène, des vêtements, des chaussures, du linge de maison, des couvertures, des fournitures scolaires, des livres, CD… Pour Noël, chaque famille pourra choisir deux jouets par enfant et des décorations.

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