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Monique, pour que l’histoire perdure

Mis à jour le par Pierre Lemarchand
Monique Vanburen. Paris, 2026
Monique Vanburen, chargée de la relation avec les testateurs à l'association nationale du Secours populaire. Paris, printemps 2026. ©Jean-Marie Rayapen/SPF

Monique, bénévole depuis 13 ans, est en charge des relations avec les testateurs, ceux qui choisissent de léguer ou de transmettre une partie de leur patrimoine. Elle assure un travail de l’ombre avec autant de discrétion que de détermination. Portrait d'un maillon essentiel de la chaîne de solidarité au Secours populaire.

« Treize ans, déjà ! » Le temps a filé depuis 2013, quand Monique a commencé, une fois à la retraite, son bénévolat au Secours populaire, au siège de l’Association nationale à Paris. Elle y est depuis chargée de la relation avec les testateurs, à savoir les personnes qui choisissent de léguer ou transmettre une partie de leur patrimoine au Secours populaire. C’est un travail de l’ombre qui convient bien à cette femme d’un abord discret – « Ne pas être dans la lumière, ça ne me gêne pas du tout ! Moi, ce qui compte, c’est ce qui est fait. » La réserve de Monique épouse la nécessaire confidentialité que commande sa mission. Mais, sitôt qu’on s’y attarde, elle laisse vite place à un large sourire, une bonne dose d’humour et une totale détermination. « Je suis bien au Secours. Si je ne me sentais pas bien, je serais partie. Je me connais ! » 

Elle était auparavant responsable de la communication au sein d’un organisme de sécurité sociale – depuis toujours, il importe pour Monique « d’être au service des autres ». Le Secours populaire lui a permis de prolonger cette aspiration, en même temps qu’il lui a apporté de la chaleur humaine à haute dose. « J’ai d’abord été surprise de l’accueil qu’on m’a réservé : un accueil extraordinaire. Dans mon entreprise, il n’y avait pas cette convivialité, cette bienveillance, cette attention des uns pour les autres, ce plaisir que l’on a à se retrouver », avance-t-elle. « Je m’enrichis de toutes ces rencontres. » La seconde surprise de taille, c’est la diversité des actions conduites par le Secours populaire – tout le spectre des besoins et droits humains, « un champ de solidarité immense » – et le fait que celles-ci n’envisagent aucune frontière. « J’avais le regard du grand public », se souvient-elle. Avant de découvrir que « le Secours, ce n’était pas que l’alimentation et les vêtements, pas que la France. J’ai vite compris que je resterais. »

Très vite, on lui propose la mission qu’elle exerce encore aujourd’hui : accompagner, dans leurs démarches, les personnes qui souhaitent faire un testament. « Mon rôle est d’entretenir tout au long de la vie du testateur cette relation avec le Secours populaire. »  Le volet administratif et juridique du travail convient bien à ce tempérament « rigoureux », mais ce qui passionne Monique, c’est sa dimension humaine. N’est-ce pas difficile d’aborder avec les futurs testateurs et testatrices la question de leur propre mort ? Non, rassure Monique, car quand elle les rencontre, « ils sont prêts. Nous en parlons sereinement ». C’est un regard porté, ensemble, vers l’avenir, une main tendue vers les générations futures. « Quant à ma propre mort, j’y pense bien sûr, mais je me dis que c’est inéluctable. Alors je me concentre sur la vie ! »

Respect, empathie et écoute

« Le respect, l’empathie et l’écoute. » Ce sont les trois maîtres mots que la bénévole prononce quand on lui demande, à brûle pourpoint, d’énoncer les qualités indispensables à sa mission. Avec ces personnes que Monique accompagne, des liens « de sympathie » se tissent, et « une attention particulière portée [à celles] dont on pressent qu’elles en ont besoin. » Une conversation téléphonique pour souhaiter un anniversaire ou une visite à l’hôpital, d’autant plus précieuses qu’elles sont, pour les personnes qui les reçoivent, parfois les seules. Un café partagé, pour le simple plaisir de passer un moment ensemble. Une carte de vœux, pour signifier une pensée. A ces attentions, petites touches de couleurs posées sur la toile des vies, cailloux déposés sur notre chemin commun, on mesure l’épaisseur de ces liens, la sincérité de l’engagement de Monique, le caractère irremplaçable de la solidarité populaire.

 « J’ai énormément de respect pour les gens qui abandonnent tout pour la solidarité. Je trouve ça très fort. » Tous sont mus par le désir de transmettre, de « faire quelque chose de bon », de penser le monde au-delà d’eux-mêmes. Il y a ceux, et cela touche profondément Monique, dont les parents ont été aidés par le Secours populaire, ou ont eux-mêmes été soutenus par l’association lors de périodes difficiles de leur vie. Ce qui ne cesse de l’émerveiller, c’est cette droiture, le fait de « ne jamais oublier, qu’enfants, on leur a tendu la main », de tenir à être à la hauteur de l’aide reçue. « Ils veulent que l’histoire perdure ». Que la chaîne de solidarité se poursuive, jamais ne se rompe. Et de cette chaîne, Monique est un de ces maillons aussi ténus qu’essentiels.

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