Émanciper
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Engagement solidaire
« Il n’y a pas de petits ou de grands legs, il n’y que des gestes généreux »
Les legs, donations et assurances-vie, s’ils sont une forme de don encore trop méconnue, sont cruciaux pour permettre au Secours populaire de déployer une solidarité toujours plus forte. A l’occasion de la Journée mondiale des legs, qui se propose de sensibiliser le grand public à la possibilité de transmettre son patrimoine pour une cause d’intérêt général, ainsi que de rendre hommage aux donateurs qui ont fait le choix de s’engager pour les générations futures, nous rencontrons Carole Pezron. Elle est chargée du développement des libéralités au Secours populaire et répond aux questions de la rédaction.
Tout le monde peut faire un legs, une donation ou une assurance-vie au Secours populaire ?
Carole Pezron : Oui, absolument tout le monde. Il n’y a pas de petit legs ou de grand legs, il n’y que des gestes généreux. Et ceux-ci contribuent à ce que le Secours populaire puisse poursuivre ses actions. Il n’existe pas de montant minimum pour contribuer à la solidarité ! Toutes les personnes disposant d’un patrimoine quel qu’il soit (financier, immobilier mais aussi des bijoux, des meubles ou des œuvres d’art) peuvent le transmettre, tout ou partie, au Secours populaire. Ceci peut se faire via un legs par voie testamentaire, mais aussi à travers une assurance-vie. On peut aussi transmettre une partie de son patrimoine de son vivant, par donation ou don sur succession. Le Secours populaire, depuis 1985, est reconnu d’utilité publique ; à ce titre, il est exempté des droits de succession. Les biens légués servent donc intégralement les missions de l’association, sans aucun prélèvement fiscal, quelle que soit la forme choisie.
Les personnes qui choisissent de transmettre sont-elles associées à l’utilisation de leur don ?
Carole Pezron : Oui, et c’est important. Elles peuvent, déjà, choisir quelle structure du Secours populaire va bénéficier de leur don : ce peut être l’Association nationale, une fédération départementale voire la permanence d’accueil la plus proche d’où ils résident. Le fait que le Secours populaire est une association décentralisée permet cela. Ensuite, ces personnes peuvent affecter leur legs, leur donation ou leur assurance-vie à une mission en particulier du Secours populaire. Elles peuvent décider que cela permettra à des familles de découvrir la joie de départs en vacances ; elles peuvent faire le choix de contribuer à la solidarité internationale. Ce ne sont que deux exemples, parmi des options multiples, tels l’accès à l’éducation, à la culture ou aux loisirs, la lutte contre la grande précarité ou le sans-abrisme. Un legs peut aussi donner aux bénévoles les moyens nécessaires pour pratique une solidarité digne et adaptée, en permettant une rénovation des locaux d’accueil, l’acquisition d’un camion ou d’une chambre froide.
Quelles sont les démarches à effectuer pour devenir légataire au Secours populaire ?
Carole Pezron : C’est d’abord, et avant tout, nous rencontrer, afin d’échanger sur ce projet de transmission et répondre à toutes les questions qui se posent inévitablement. Le plus important est que la volonté des personnes qui font cette démarche soit respectée. Mon poste, s’il contient un volet administratif important, est avant tout axé sur la relation humaine. Nous accompagnons les personnes dans la prise de contact avec un notaire, dans la rédaction de leur testament bien sûr, mais nous échangeons plus largement avec elles sur les valeurs qui les animent.

« Ces personnes choisissent de transmettre le fruit de toute une vie, parfois même un héritage qui remonte à leurs parents. Ce sont des personnes généreuses et c’est ce qui les lie au-delà de leurs différences. Elles ont aussi en commun la cause des enfants. Elles ont le souhait de transmettre leur patrimoine pour les générations futures. »
C’est donc une relation humaine qui se nous avec les personnes légataires ?
Carole Pezron : Oui. Ce sont souvent des relations au long cours : nous nous donnons des nouvelles, échangeons à l’occasion autour d’un café. Chacune de nos relations avec ces donateurs est particulière et privilégiée, car c’est une véritable rencontre qui s’opère. Ces personnes choisissent de transmettre le fruit de toute une vie, parfois même un héritage qui remonte à leurs parents. C’est un geste extrêmement fort. Nous évoquons ensemble, inévitablement, leurs motivations profondes : pourquoi ce choix de donner ? Pourquoi le Secours populaire ? Dans ces conditions, la relation qui se noue ne peut être qu’humaine.
Quelles sont les motivation des personnes qui choisissent de faire une telle démarche auprès du Secours populaire ?
Carole Pezron : Leurs motivations sont très diverses mais le dénominateur commun, c’est qu’elles sont animées par des valeurs de partage et de transmission. Ce sont toutes des personnes généreuses et c’est ce qui les lie au-delà de leurs différences. Un autre dénominateur commun est la cause des enfants : que des petits ne partent pas en vacances, vivent dans des conditions précaires, dans des logements insalubres, parfois à la rue, ne mangent pas à leur faim, les bouleverse. Il y a le souhait de transmettre son patrimoine pour agir de manière durable, pour les générations futures. Ce sont des personnes qui ont souvent bien gagné leur vie, ou eu une vie confortable et de savoir que des personnes peinent à survivre, travaillent et ne s’en sortent pas, cela les touche. Ils donnent au Secours populaire comme on donne une petite douceur à quelqu’un qui souffre et qui en a besoin.