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Braderie solidaire du Porge : solidarité, convivialité et bonnes affaires à volonté
Pendant deux jours, le Secours populaire a organisé une braderie dans la commune du Porge, en Gironde, qui a été ravagée par les incendies de cet été. Les recettes financeront les actions en faveur des sinistrés, dont certains ont tout perdu : outil de travail, maison et souvenirs.
Samedi 3 octobre à 8 h 28, les bénévoles de la braderie solidaire pour les sinistrés des incendies de Gironde se rassemblent devant la salle des fêtes du Porge, qui ouvre ses portes à 9 heures précises pour deux jours. Tous les vêtements et objets exposés à l’intérieur sur 500 m2 ainsi que les livres, jouets et peluches disposés à l’entrée proviennent des dons qui ont afflué de partout. Ils ont été triés, sélectionnés et vérifiés, jusqu’aux pièces de chaque puzzle, par des bénévoles.
Les recettes des ventes du week-end financeront les actions en faveur des victimes des incendies, dont certaines ont tout perdu : outil de travail, maison et souvenirs. Cette braderie est organisée après que les dons ont couvert tous les besoins matériels des sinistrés des incendies.
« La braderie, c’est la bienveillance »
Ce feu parti de Saumos le 22 juillet, le plus vaste qu’a connu la France depuis 1949, a parcouru 42 000 hectares, dont 37 296 partis en fumée. Déclaré « éteint » lundi 28 septembre quelques jours avant la braderie, ce sinistre, qui n’a causé aucune perte humaine, a réduit en cendres 252 bâtiments de plus de 20 m². Avec 183 maisons détruites, Le Porge, commune de 3 450 habitants située entre Bordeaux et l’Océan, a payé le plus lourd tribut.

Arrivée ce matin à 8 heures, Brigitte, bénévole au comité de Saint-Médard-en-Jalles du Secours populaire, s’affaire devant le rayon de chaussures classées par catégorie et par taille. « Il y a énormément de monde : les modèles pour enfants, les bottes et les crocs marchent bien », glisse-t-elle entre deux chalands. « Trois euros la paire : c’est pour la bonne cause. Ces chaussures vous vont comme un gant ! » À l’instar des 65 bénévoles présents ce samedi, Brigitte prend sa nouvelle fonction à cœur : « Le leitmotiv de la braderie, c’est la bienveillance », résume-t-elle. « Il y a une très bonne ambiance », confirme Mone, bénévole de l’antenne du Porge, préposée ce matin à la cabine d’essayage, qui ne désemplit pas.
Derrière le stand de chaussures, un rayon de vaisselle, petit électroménager et couverts connaît le même engouement. Un couple d’Andernos-les-Bains, commune évacuée le 24 juillet, repart avec un lot d’assiettes. « C’est pour aider », confie Frédéric. En milieu de matinée, Antoine, dont la maison a été détruite, sort de la braderie avec des pulls et des manteaux pour l’hiver. Coordonnée depuis le 15 août par le Secours populaire, l’antenne exceptionnelle urgence incendies installée au stade de la Garenne a fourni une aide d’urgence aux sinistrés évacués qui ont pu retourner au Porge à partir du 3 août : une écoute et un soutien moral, des vêtements et des colis alimentaires provenant des dons spontanés réceptionnés et stockés sur place et dans une ancienne colonie de vacances.
« On est dans le don »
Arborant la chasuble bleue du Secours et un chapeau de paille sur lequel on peut lire : « Les vacances, ce n’est pas du luxe », la plupart des bénévoles présents à la braderie habitent Le Porge ou les localités alentour qui ont dû être évacuées : près de 224 000 personnes dans 23 communes ont été obligées de quitter leur maison ou leur lieu de villégiature avant que le feu ne soit déclaré « fixé » le 1er août. Certains bénévoles, comme Sylviane, habitante du Porge ou Jean-Louis et Nathalie de Lège‑Cap‑Ferret, ont tout perdu dans l’incendie.

« On a dû refuser [du monde] parce que l’on a suffisamment de volontaires aujourd’hui. Certains viennent les six jours [du jeudi pour l’installation au mardi pour remiser les invendus] », détaille Mélanie, bénévole et habitante du Porge, responsable de la braderie. Le principe du prix repose sur une participation solidaire minimum, mais beaucoup de visiteurs donnent en plus ou versent une contribution, parfois sans acheter. « On est dans le don », se félicite-t-elle.
Des airs de kermesse sous le soleil apparu en fin de matinée
Pendant leur pause, les bénévoles déjeunent sur de grandes tables blanches installées dehors devant la salle des fêtes. Pierrick, à la guitare et au chant, enchaîne les tubes, notamment de Francis Cabrel, et invite ceux qui le souhaitent à pousser la chansonnette avec lui : Isolete, responsable logistique à la fédération de Gironde, et Sylviane se prêtent au jeu.
Avec son château gonflable, ses stands dont celui d’Antoine, l’apiculteur qui a réussi à sauver ses ruches mais pas son terrain du Porge, cette braderie revêt des airs de kermesse sous le soleil apparu en fin de matinée. Les échanges, la solidarité, la force du collectif semblent, un temps, prendre le pas sur la bataille individuelle que chaque sinistré doit livrer – avec son assureur, les contre-experts… – pour reconstruire sa maison. « Nous avons prévu de rester longtemps à la Garenne et au Village solidaire qui s’est ouvert devant la mairie du Porge, souligne Charles, coordinateur urgence incendies Gironde et secrétaire départemental du Secours populaire. On va évoluer vers un soutien plus psychologique. Encore dévastées par la situation, beaucoup de personnes que nous accompagnons viennent aussi pour parler : ce lien social, on va continuer à le faire vivre. »