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Liban : « Mon plus grand rêve est de retourner chez moi »
Jeune maman d’une petite fille d'un an et demi, Fatima a fui les bombes qui se sont abattues sur son village du Sud-Liban. Pour la seconde fois en à peine deux ans, elle s’est réfugiée plus au nord, à Saïda, dans une école transformée en centre d’accueil par les bénévoles de l’association DPNA, le partenaire du Secours populaire au Liban. Témoignage.
« Je m’appelle Fatima et je viens de Qaqqaiyat al-Jisr, un village près de Nabatiyeh, dans le sud du Liban. Ma fille a un an et sept mois. Nous avions été déplacés quand elle était toute bébé et l’avons été à nouveau il y a environ quatre mois, lorsqu’il a commencé à y avoir des bombardements très violents dans notre village. Quand la situation est devenue impossible à vivre, que les bombes tombaient tout autour, nous sommes partis vers le Nord pour sauver notre vie.
Nous avons été déplacés et sommes nous sommes réfugiés dans une école qui a été transformée en centre d’accueil, ici à Abra, un quartier de la ville de Saïda. Nous sommes trois familles dans une même pièce : la mienne, celle de mes parents et celle de mon oncle. Ca rend la vie quotidienne très difficile, en particulier parce qu’il y a des enfants. Mais l’association qui organise notre accueil, DPNA [Association pour le développement humain et de la nature – ndlr], fait tout son possible pour répondre à nos besoins essentiels, nous soulager et rendre la vie possible. Alors nous tenons bon, nous continuons.
Je tiens vraiment à remercier les bénévoles de DPNA de nous avoir si bien accueillis. Le plus important, c’est qu’ils ont su créer pour nous un endroit sûr. Ils sont à l’écoute de nos besoins et sont toujours là pour nous aider, nous apporter de l’eau, des repas chauds et des produits d’hygiène. Ils sont attentifs à des détails qui sont importants, comme l’interdiction de faire du bruit la nuit dans les couloirs, de fumer dans le centre, afin de préserver la santé des bébés et des personnes âgées. Les bénévoles mettent aussi en place des jeux et des animations pour les enfants ! Je suis sensible à ces attentions, car je suis une maman.
Mon plus grand rêve est de retourner chez moi, car rien ne pourra jamais remplacer ma maison, rien à mes yeux n’est plus important que mon foyer. Personne ne peut jamais se sentir totalement en sécurité ailleurs que chez soi. Nous sommes actuellement dans une période de cessez-le-feu, mais nous demeurons dans l’incertitude. Il y a encore des bombardements dans notre village et pourtant, c’est censé être une trêve. Alors nous sommes dans l’attente et aucune décision n’est bonne à prendre. Que faire pour protéger mon enfant ? Dois-je rentrer là où est mon foyer ou rester ici, à l’abri ?
Ce qui est en réalité un droit pour tous est aujourd’hui devenu pour moi un rêve – mon plus grand rêve : celui de retourner à la maison, dans mon village. »

Notre partenaire en première ligne de l’aide aux déplacés du Sud-Liban
Notre partenaire libanais DPNA (Association pour le développement humain et de la nature) s’est porté, dès les premiers bombardements massifs à l’automne 2024, puis à nouveau dès mars 2026, au secours des dizaines de milliers de familles qui ont fui leurs villages du Sud-Liban pour venir se réfugier dans la ville de Saïda. DPNA gère intégralement l’accueil de 500 personnes dans une école publique de la ville, dans le quartier d’Abra. Elle a ainsi équipé les salles de classe en matelas, draps et couvertures, installé des douches, fait venir des citernes d’eau et des générateurs électriques.
Pour ces familles épuisées et démunies, qui ont quitté leurs foyers dans la précipitation et la terreur, 35 volontaires de DPNA, présents 24 heures sur 24, assurent un accompagnement global : repas chauds, soutien psychosocial, activités de loisirs pour les enfants, fourniture de produits de toilette, de médicaments, de vêtements, de produits d’hygiène adaptés pour les femmes et les bébés. Il s’agit pour les volontaires d’être au plus près des besoins. Le Secours populaire, fort d’un soutien indéfectible, est le partenaire principal de DPNA dans le déploiement de ce programme d’accompagnement des familles déplacées.
Programme qui s’est aussi déployé dans d’autres quartiers de Saïda ainsi que dans la région de Jezzine, via la distribution de paniers-repas et kits d’hygiène dans différents points d’accueil collectif pour les déplacés (églises, écoles, dispensaires, etc.), ainsi qu’à des familles ayant trouvé refuge chez des proches. Enfin, DPNA a également pris en charge l’accueil de familles déplacées dans une école publique du village de Lebaa, tout près de Jezzine. En tout, ce sont près d’un millier de personnes que les volontaires de DPNA réconfortent quotidiennement depuis l’automne 2024, leur prodiguant leur irremplaçable et chaleureuse solidarité.


