Salvador, pour une agriculture durable

Olga Alvarez, cheffe de projet à l’international du Secours populaire, raconte la naissance et l’évolution d’un projet de développement d’agriculture biologique au Salvador, soutenu par le Comité Français pour la Solidarité Internationale.

 

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Au Salvador le SPF et son partenaire agissent pour une agriculture durable respectueuse de l'environnement.
Francis Roudière

« Le Secours populaire français est présent au Salvador depuis 1979 et dans la commune de Comasagua depuis 2009. Le pays doit en effet faire face régulièrement à des catastrophes naturelles et à des aléas climatiques. La sécurité alimentaire y est précaire, tout comme la situation des femmes – souvent cantonnées à des tâches domestiques – et des jeunes, victimes de la violence de gangs armés. Afin de créer les conditions idéales pour que ces femmes et ces jeunes puissent devenir acteurs de leur propre changement, nous avons dans un premier temps concentré nos efforts sur l’insertion par l’emploi et l’accès à une alimentation de qualité. Nous avons, après avoir répondu à des situations d’urgence provoquées par des tempêtes tropicales, mis en place un programme de développement rural. S’en est suivi, quelques années après, la création d’une coopérative de femmes et de jeunes (hommes et femmes) dans la localité rurale de Comasagua, en respectant des modes de production durables pour contrer les effets du changement climatique dans une zone vulnérable aux inondations et à la sécheresse et vendre en circuits courts. La démarche proposée par le programme Coopérer autrement en acteurs de changement (CAAC) nous a permis de donner plus d’ampleur au projet initial. Elle repose tout d’abord sur l’idée que l’impact est plus grand s’il intègre l’ensemble des parties prenantes d’un territoire en mobilisant des compétences pluridisciplinaires.

Ainsi, les premiers clients de la coopérative ont été les familles du Lycée français au Salvador. Progressivement, les femmes de la coopérative ont été invitées à former les élèves pour la création de jardins potagers dans l’enceinte même du lycée. La culture en agroécologie posant de nombreux problèmes techniques, l’Université luthérienne salvadorienne a été mise à contribution pour l’analyse des sols, la conception des intrants, la lutte contre les maladies. En second lieu, le programme s’attache à développer la coopération Nord-Sud et Sud-Sud, sur des enjeux partagés en favorisant les échanges solidaires et de coopération. En la matière, le Secours populaire anime en collaboration avec le Lycée agricole de Montauban, un jardin partagé réunissant des familles accueillies par le SPF, des paysans, des bénévoles du SPF … et des migrants. Ce projet a été l’occasion de créer des échanges puisque des salvadoriens sont venus en France partager leurs savoir-faire avec la participation de paysans de la région. Plus encore, l’ensemble des partenaires latino-américains ont pu être réunis pendant une semaine en Occitanie pour échanger sur leurs enjeux et problématiques partagés.

Le programme CAAC a joué un rôle d’accélérateur : il a permis de financer l’essaimage du projet en France, dans les Fédérations des Régions Occitanie et Nouvelle Aquitaine, de Strasbourg, de la Seine et Marne et du Val de Marne et également dans d’autres pays où le Secours populaire est présent, tels Cuba ou le Mexique. Par exemple, un concours d’initiatives pour les jeunes en faveur de l’environnement, initialement porté à Cuba, a été déployé sur treize écoles au Salvador. La crise de la Covid-19 a été un révélateur des difficultés qui traversent nos sociétés de plus en plus interdépendantes : le changement climatique, l’avenir incertain des jeunes générations dans un contexte où les inégalités et le rejet de l’autre se font croissants doivent nous alerter. Nous avons besoin de financements pour encourager le travail en pluri-acteurs sur les territoires et faire changer d’échelle des initiatives qui pourraient encourager la transition sociale, environnementale et économique. »

 

Propos recueillis le 8 juin 2021 par Minh Maudoux, chargée de communication au Comité Français pour la Solidarité Internationale. 
 

 

 

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