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Plus de soutiens pour la Canasta Campesina
Le programme d’agriculture biologique de Comasagua, pour sortir des paysans salvadorien de la misère, inspire des expériences similaires en France. Une rencontre, organisée par le Secours populaire, a permis de renforcer les liens entre elles, par de-là l’Atlantique.
« Grâce à la mise en place de la coopérative Canasta Campesina, ma famille fait pousser une vingtaine de types de légumes et notre alimentation est meilleure. En plus, nous tirons du maraîchage des revenus supplémentaires qui financent les études de mes enfants, témoigne Anna, une paysanne de la commune de Comasagua. Avant, nous ne cultivions que des haricots rouges, du maïs et tout cela était impossible à envisager. » Ses revenus ont en effet triplé.
La paysanne, descendante d’Amérindiens, s’exprimait via une liaison vidéo installée dans une salle du lycée français de San Salvador, la capitale du pays. Elle était écoutée très attentivement par une trentaine de membres du Secours populaire, réunis le 16 novembre dernier au Lycée agricole de Montauban (Lycée de Capoue), pour une journée d’étude sur l’avenir de la Canasta Campesina, organisée par le Secours populaire.
Une coopérative en développement
La « Canasta », comme l’appellent tous les participants, c’est une coopérative créée sur le modèle des AMAP, permettant la production biologique sur des parcelles équipées des serres et l’organisation d’un collectif de travail en lien direct avec une communauté de consommateurs, habitant principalement la capitale du pays.
Pour arriver d’ici à deux ans à l’équilibre financier (sans les fonds européens apportés dans le cadre du programme mené par le Secours populaire), la coopérative ouvre ses portes à d’autres paysans, afin d’accroître la production et le volume de légumes commercialisés. Cela passe aussi par une formation constante de cette communauté de travailleurs agricoles à la production biologique.
Une expérience qui essaime
Cette expérience de réinsertion de villageois précaires par la création d’une activité économique, en particulier des jeunes et des femmes inspire aussi de ce côté de l’Atlantique. Dans cette filiation, le jardin solidaire de Montauban mobilise et crée du lien entre 300 personnes en précarité économique et sociale, les élèves du lycée agricole de Capoue ainsi que des agriculteurs bio et d’autres associations.
« Cette coopération de territoire à territoire renforce les échanges entre les deux pays où chacun expérimente l’insertion d’un public précaire par des jardins solidaires avec différents acteurs dans des contextes différents », analyse Jean-Louis Poly, l’un des responsables du SPF en Nouvelle Aquitaine.
