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Des licences sportives pour les enfants du Secours populaire

Mis à jour le par Romain Delpierre
Le sourire des frères Bendeliani, juste avant leur entraînement. ©Jean-Marie Rayapen / SPF

À Reims, le Secours populaire met en avant la jeunesse dans le sport en finançant des licences sportives. Ainsi, des enfants issus de milieux modestes peuvent rêver grand et s’épanouir.  

C’est au club Dodo Rémois de Reims que l’aventure commence pour Dachi 7 ans et son frère Zurab, 12 ans. Ensemble et avec beaucoup d’enthousiasme, ils foncent à leur entraînement de judo. Tous les mardis et mercredis soir, pendant une heure, les enfants s’amusent, apprennent et combattent avec technique. « Depuis deux ans maintenant, mes petits frères pratiquent le judo ici. Ils adorent ça. Ça leur permet de se dépenser et de faire quelque chose à côté de l’école. Le soir, on les récupère, ils sont un peu fatigués mais c’est de la bonne fatigue. Ça nous repose aussi ! », constate avec amusement Mariam, 20 ans, étudiante et sœur aînée des deux apprentis judokas.  

Les enfants adorent leur nouvelle passion et s’implique entièrement dans la pratique. « J’ai commencé et j’ai aimé ça. Mon frère m’a rejoint après. Je voudrais continuer, mais juste en activité », confie Dachi. Son frère, handicapé, a décidé de partager une passion avec son frère. « J’aime le judo et l’école », partage Zurab. Sa grande sœur complète : « Il a vu son frère si heureux d’en parler, de lui raconter tout ce qui faisait. Il a demandé à le rejoindre. On a vu avec le maître [l’entraîneur au judo] qui l’a ensuite formé, et le forme toujours, avec les autres ». Les deux frères sont aujourd’hui ceinture jaune et blanche ; ils sont en cours d’apprentissage et espèrent bien décrocher de nouvelles ceintures. Une vraie passion est née.  

Très studieux, les enfants profitent aussi de ces moments en dehors des bancs de l’école pour créer des liens. « Ici au judo, on se fait des copains. On n’a pas tous le même âge et on ne va pas tous à la même école. C’est trop bien car on partage de bons moments », nous fait part Dachi. Le sport apparaît depuis longtemps comme un lieu de sociabilité, où petits et grands font des rencontres, un endroit de partage avec des personnes extérieures à la famille, à l’école ou au travail que rassemblent une passion commune. Il est donc important pour les passionnés de tous les niveaux de pratiquer. D’autant plus que, pour les jeunes,le fait d’élargir leur cercle social les aide à se construire et d’être plus à l’aise dans leurs relations sociales.  

« Certains enfants sont très timides. Ici, ils partagent, ils s’épanouissent. C’est important que tous les enfants puissent pratiquer une activité qui leur plaît », témoigne le maître judoka, Khutsishvili Giorgi. « Ça fait dix ans que je fais ce métier et j’ai toujours vu des enfants qui sont sur les tatamis grâce au Secours populaire. Cette année, par exemple, je dois avoir 5 ou 6 enfants dont la licence est prise en charge par le Secours », révèle-t-il.  

Khutsishvili Giorgi accompagne depuis 10 ans des enfants du Secours au sein de son club. ©Jean-Marie Rayapen/SPF

Depuis plusieurs années et un peu partout en France, les antennes et comités locaux de la fédération du Secours populaire de la Marne accompagnent les familles pour financer ces licences sportives. Le but étant que tous les enfants, peu importe le milieu social dont ils sont issus, puissent pratiquer une activité sportive qui leur correspond. « On ne savait pas du tout que c’était possible. On a pris rendez-vous chez une assistante sociale qui nous a parlé du Secours populaire. Mes frères ont la chance d’être accompagnés à 100% dans cette démarche et c’est un vrai soulagement pour nos parents, partage Mariam. Les petits sont heureux et, cela, sans se soucier de certains problèmes qu’ils sont trop jeunes pour comprendre. Ce n’est pas que le sport mais c’est aussi la liberté que le Secours leur offre ! »  

Le sport est un moment d’effort mais aussi de sociabilité pour les enfants. © Jean-Marie Rayapen/SPF 

Le maître des jeunes essaye lui aussi d’accompagner au mieux les familles. « C’est toujours un peu délicat de parler du sujet de l’argent avec les parents. Dans certains cas on arrive un peu à comprendre les choses donc on se permet d’en toucher un mot et d’aiguiller au mieux les familles. Les parents communiquent aussi pas mal entre eux pour emmener ou récupérer les enfants, donc ils arrivent aussi à créer des liens et à partager leurs conseils et leur expérience, dont celles avec le Secours populaire », constate Giorgi.  

Aujourd’hui, dans la Marne, ce sont 110 enfants qui voient leur rêve sportif se réaliser grâce à la solidarité du Secours populaire. « Nous avons commencé sérieusement les inscriptions juste après la pandémie de la Covid. Les gens avaient besoin de ça, de sortir et de retrouver d’autres personnes. En 2024, pendant les Jeux olympiques, il y a eu un immense engouement. On a permis à presque 150 enfants de pratiquer un sport cette année-là », explique Anne-Marie Duriez, bénévole en charge de l’accès au sport pour les enfants et secrétaire départementale pour la solidarité en France. « Le Secours populaire travaille d’arrache-pied avec des associations sportives qui acceptent de signer une convention proposant un tarif solidaire », ajoute Anne-Marie. Après s’être assurés que les familles aient bien accès à tous leurs droits (tels le “pass’loisirs” de la CAF ou le ”pass Sport » du Ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative), le Secours populaire apporte son aide financière pour couvrir, pour partie ou totalité, les frais restants. Quand cela leur est possible, les familles apportent elles aussi une participation financière – « qu’on essaie de rendre la plus douce possible », précise Anne-Marie.  

Vous aussi pouvez, en suivant notre lien pour effectuer un don, aider à financer ces licences sportives. C’est grâce vous et à votre soutien que Dachi et son frère Zurab peuvent aujourd’hui vous dire « Merci », juste avant d’aller sur le tatami.