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A la rencontre des sinistrés du séisme au Venezuela

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Les membres de la mission du Secours populaire sont allés à la rencontre des habitants sous le choc du séisme. Tanaguarena, Etat de la Gaira, Venezuela, 20 juillet 2026.
Les membres de la mission du Secours populaire sont allés à la rencontre des habitants sous le choc du séisme. Tanaguarena, Etat de la Gaira, Venezuela, 20 juillet 2026. ©Martin Lom/SPF

Le 24 juin dernier, il y a un mois, un double-séisme a frappé le Venezuela, provoquant la mort de plusieurs milliers de personnes avec l’effondrement de près de deux cents édifices dans la zone côtière de La Guaira, au nord de Caracas. Le Secours populaire a dépêché une mission sur place, du 19 au 25 juillet, pour une première phase d’approche et d’évaluation, dans la perspective d'un engagement tourné vers le long terme avec les populations des territoires sinistrés.

Caracas, Etat de La Guaira (Venezuela).
Un reportage de Luis Reygada pour le Secours populaire.

Plus de 5 200 morts, 16 740 blessés, 23 820 personnes hébergées dans des refuges d’urgence, sûrement encore plusieurs dizaines de milliers de disparus… Le bilan humain du puissant double séisme qui a frappé le Venezuela le 24 juin dernier est dévastateur. Il s’explique par l’ampleur des dégâts provoqués par les deux violentes secousses successives, de magnitudes 7,2 et 7,5, qui ont frappé la région de la côte caraïbe à seulement 39 secondes d’intervalle. Sur la bande littorale de l’Etat de La Guaira, 10 kilomètres au nord de Caracas, près de 200 édifices se sont effondrés et plus de 650 autres ont subi des dégâts graves ou des effondrements partiels selon le dernier bilan des autorités.

Dans le quartier de Tanaguarena, des tours de logements sociaux où résidaient des centaines de familles se sont écroulées. « Mes proches habitaient dans cet immeuble ; sur les douze un seul a survécu », exprime Oscar en pointant du doigt une montagne de décombres sur laquelle secouristes et habitants du quartier continuent un travail de déblaiement qui semble titanesque. Originaire de l’Etat de Zulia, l’homme âgé d’une soixantaine d’années a parcouru plus de 500 kilomètres pour venir jusqu’ici et tenter de retrouver les siens. Trois corps n’ont pas encore été retrouvés. « Cet après-midi, nous avons sorti la dépouille d’une petite fille qui devait avoir sept ans. Il reste sûrement encore des centaines de personnes ensevelies sous les décombres rien que dans cette cité ».

Les habitants prêtent main forte aux secouristes pour déblayer les gravats et retrouver les corps des disparus. ©Martin Lom/SPF

« L’urgence passe, les besoins restent »

Dans toute la zone, des immeubles de plusieurs étages gisent en tas de béton et de ferraille. Les Nations Unies estiment les dommages physiques directs à 32 milliards d’euros, mais avec un impact économique total qui pourrait être 1,5 à 3 fois supérieur si l’on prend en compte les pertes économiques indirectes ainsi que les coûts de reconstruction à long terme.

« L’urgence passe, mais les besoins, eux, restent, explique Malika Tabti, et au Venezuela comme ailleurs, les catastrophes naturelles ne détruisent pas seulement des infrastructures : elles fracturent des communautés entières, désorganisent les économies locales et laissent des populations dans une vulnérabilité profonde qui s’étire parfois sur des décennies. » Membre du Bureau national du Secours populaire, Malika Tabti est arrivée sur place dimanche dernier dans le cadre d’une mission fondamentale pour poser les bases d’un engagement sur le long terme. Avec Didier Wloszczowski et Martin Lom (membres du Comité national du Secours populaire), elle est venue à Caracas et à la Guaira pour contacter des acteurs locaux – organismes ou associations bien établis sur le terrain – avec lesquels il deviendra possible de poser les bases d’une future coopération opérationnelle.

Le premier acte d’un engagement structuré et progressif


« L’expérience montre que ce type de drame exige un engagement sur le long terme, cette mission constitue donc une première étape indispensable : elle est avant tout une mission d’identification et de contact. Identifier aujourd’hui les bons partenaires, les bonnes personnes relais, les associations locales légitimes et enracinées dans leur territoire, c’est se donner les moyens d’agir demain avec efficacité et cohérence », précise-t-elle.

Une mission qui représente le premier acte d’une implication que le Secours populaire envisage de manière structurée et progressive, afin de bâtir une capacité à tenir dans le temps face à une situation qui évoluera inévitablement. « Le SPF s’y est engagé ailleurs ; il entend s’y engager au Venezuela ! » assure Didier Wloszczowski.

Apporter une écoute chaleureuse, exprimer sa solidarité : tel est le préalable à la construction d’un accompagnement dans la durée. ©Martin Lom/SPF

Objectifs de la mission

  • Explorer de possibles pistes de partenariat partant de l’analyse de la situation sur place et suite aux échanges réalisés avec les organismes, associations et habitants des territoires.
  • Mener, en s’appuyant sur le fonds d’urgence du Secours populaire, une première action d’approche sur le terrain.
  • S’appuyer sur les associations partenaires présentes dans la région sud-américaine et caribéenne pour identifier de possibles partenaires locaux.
  • Contacter et établir de premiers liens avec les possibles partenaires locaux identifiés.  

J’habitais dans cet immeuble de quatre étages, maintenant il n’y en a plus que trois : tout s’est écroulé sur le niveau du rez-de chaussé. Quatre voisins sont décédés : trois adultes et une fillette de douze ans. C’est trop dangereux d’accéder chez moi car le bâtiment est fissuré de partout, donc je suis à la rue… Je dors juste à côté, devant la porte de cette pharmacie. Les gens du quartier m’aident à m’en sortir, je préfère rester ici plutôt que d’aller dans un refuge car toutes mes affaires sont restées dans mon logement. Mes photos, mes vêtements, mes souvenirs : c’est toute ma vie. Dès que je parviendrai à récupérer mes affaires alors j’irai me faire héberger chez un proche. Ce n’est pas une situation facile mais c’est la vie, on ne peut rien faire face à la nature, il faut aller de l’avant.

Maria Robledo, 59 ans. Ancienne institutrice.

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