Secours populaire français, l’Espagne au cœur [Archivé]

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Les liens noués, durant la Guerre civile espagnole, n’ont cessé de se renforcer entre le Secours populaire français et l’Espagne entre actions de solidarité, coopération avec les associations locales, échanges entre enfants.

SPF, l'Espagne au coeur

Le 18 juillet 1936, un soulèvement militaire nationaliste déclenche la Guerre d’Espagne. Ce conflit préfigure l’embrasement général qui de 1939 à 1945 dévastera une partie du monde. En Espagne, les bombardements des alliés nazis du général et futur dictateur Francisco Franco sur les villes, tuent les civils et poussent les survivants sur les routes de l’exode. Le Secours populaire de France et des colonies devient un des précurseurs de l’aide humanitaire : si certains de ses membres s’engagent dans les brigades internationales, en France, les bénévoles collectent des vivres, des vêtements, des médicaments (3 bateaux sont affrétés ainsi que des caravanes de camions dont l’une arrive à Barcelone pour le Noël 1937). Entre août 1936 et février 1939, l’association organise 21 initiatives de collectage pour l’Espagne républicaine. Parallèlement, le Secours populaire commande à Henri Cartier-Bresson un film, l’Espagne vivra et crée des colonies pour enfants en Espagne et encourage l’accueil de réfugiés, comme on le lit dans Le jeu de patience de Louis Guilloux, par ailleurs secrétaire de l’association dans les Côtes du Nord.

L’aide aux familles de prisonniers

La victoire sur le nazisme marque, en 1945, la naissance du Secours populaire français. La solidarité avec l’Espagne figure comme un des axes de ses actions. Il s’agit de soutenir les prisonniers politiques et leurs proches : médecins et avocats sont dépêchés en Espagne pour assister et témoigner. L’épouse et les filles de Julian Grimau, qui sera exécuté le 20 avril 1963, reçoivent le soutien indéfectible du SPF qui multiplie les actions dénonçant la torture. Des colis sont envoyés aux hommes emprisonnés et à leur famille. Dans La Défense, journal du SPF, de juin 1976, on lit : « Le  Noël des petits espagnols a un contenu humain et affectif incomparable, car il est l’occasion unique de réunir passagèrement le père privé de liberté et ses enfants ».

La solidarité se renforce

En 1975, une délégation composée de Julien Lauprêtre, président du Secours populaire et Henriette Steinberg se rend en Espagne, en janvier 1976, pour remettre des colis aux familles des prisonniers ; à leur retour ils accordent un entretien à le BBC.  Dès l’été de cette même année, 100 petits espagnols sont invités, par les fédérations du sud-ouest  et du sud-est à passer leurs vacances dans le midi de la France. Depuis 80 ans, la solidarité avec l’Espagne ne s’est jamais démentie. Fin 1982, à la suite des inondations qui ont affecté les provinces de Valence, Alicante, Murcie et Albacete, le SPF, via sa fédération Midi-Pyrénées, porte assistance aux sinistrés, envoyant des denrées alimentaires et des jouets pour le Noël des enfants. Il en va de même, en 1996, lorsqu’une coulée de boue à Biescas en Aragon occasionne la mort de 86 personnes.

Avec les enfants et les jeunes

Les publications de l’association : Convergence, Alerte, Copain du monde, Solidarité plus forte* consacrent, au fil du temps, de nombreux articles à la situation Outre-Pyrénées, appelant, en toute occasion,  à multiplier les contacts et les actions, afin d’alléger les difficultés des plus défavorisés, avec les associations locales à qui tribune est offerte, comme Fondation Adunare dans Convergence n° 301. À partir de 2012, un programme d’aide alimentaire, dans le cadre de la montée de la pauvreté en Espagne, concerne plus de 5 000 familles. S’appuyant sur son mouvement d’enfants Copain du monde, le Secours populaire a favorisé les rencontres avec les gamins du monde entier. En 1999, le Village de la Méditerranée reçoit des jeunes venus d’Espagne et de 5 autres pays. L’année suivante on les retrouve au Stade de France pour la Journée des oubliés des vacances. Cet été 2016, des petits espagnols ont été accueillis dans les villages Copain du monde de Nestier dans les Hautes-Pyrénées et de Gravelines dans le Nord. Avec le mouvement qui s’étend sur tous les continents, les enfants peuvent, dans les villages de vacances puis dans l’action, partager avec d’autres gamins des expériences de solidarité et une volonté commune de bâtir un monde plus fraternel.

* Consultables au Centre de documentation du Secours populaire français
 Archives du Secours populaire français.
Centre de documentation de l’association, Paris, tél. : 01 44 78 21 15 / documentation@secourspopulaire.fr

 
Voir des extraits du film L'Espagne vivra.