Pierre Kaldor, une vie en résistance [Archivé]

Le 25 novembre, une cérémonie devant la prison de Châlons-en-Champagne d’où Pierre Kaldor s’évada en 1943 a offert l’opportunité d’évoquer le parcours d’un inlassable combattant pour la solidarité qui fut secrétaire général du Secours populaire français.

Julien Lauprêtre, président du SPF et Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'État chargé des anciens combattants et de la mémoire dévoilent la plaque dédiée à Pierre Kaldor, en présence de François Kaldor (premier plan à droite).
Joël Lumien

Le 25 novembre, hommage  a été rendu à Pierre Kaldor, avec apposition d’une plaque commémorative sur les murs de la prison de  Châlons-en-Champagne (à l’époque Châlons-sur-Marne) d’où s’évada dans la nuit du 8 au 9 novembre 1943, celui qui deviendra secrétaire général du Secours populaire français. Cet acte, où le courage le dispute à l’ingéniosité, pourrait résumer à lui seul la vie d’un résistant de tous les jours, résistant à la haine nazie, à l’antisémitisme et au racisme, résistant aux assauts de la pauvreté frappant les plus humbles. Remémorant l’exploit, François, fils de Pierre Kaldor, Julien Lauprêtre, président du Secours populaire, Jean-Marc Todeschini, Secrétaire d'État auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire ont devant un parterre fourni*  déroulé le cours d’une vie exemplaire ; une vie faite d’engagement, de générosité, de sensibilité aux drames humains, aux côtés de son épouse Charlotte Szladowski et de ses compagnons de lutte.

La lutte contre la peste brune

Une vie si riche ne peut se résumer en quelques mots, à peine en quelques jalons prenant valeur d’exemples. Pierre Kaldor est né le 15 mai 1912, dans le 15e arrondissement de Paris. Quelles qu’aient été ses activités (typographe, avocat, traducteur, critique musical, documentaliste, syndicaliste, membre du Parti communiste, etc .), solidarité, défense des opprimés et sens de la  justice lui ont servi de boussole. Et l’ont conduit plusieurs fois en prison : le 30 octobre 1939 quand le gouvernement Daladier interdit les organisations communistes, puis dans les prisons du gouvernement de Vichy allié des nazis. Pierre Kaldor a combattu le nazisme dès l’origine quand, jeune avocat, il obtint, avec Me Marcel Willard l’acquittement du patriote bulgare, Georges Dimitrov, inculpé en 1933 dans le cadre de la machination montée par les nazis et connue comme Incendie du Reichstag.

La défense des patriotes emprisonnés

En 1943, il s’évade avec l’aide de son épouse Charlotte de manière spectaculaire de prison et reprend le combat auprès de ses camarades résistants, rejoint le Front national judiciaire, devient délégué national du Secours populaire de France et des colonies interdit. Dès la libération de Paris, il œuvre à jeter de nouvelles bases de l’association qui prend le nom de Secours populaire français. Parallèlement, il reprend son activité d’avocat, plaidant pour les victimes d’injustice, en France (syndicalistes, réfugiés), et à l’étranger (patriotes algériens, camerounais, espagnols) tout en présidant  l’Association d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique.

L’engagement au Secours populaire

Dès 1944, Pierre Kaldor s’attache à faire reparaître officiellement La Défense, le journal de l’association. Il assume la fonction de secrétaire général du SPF de 1945 à 1948, consacrant, comme le souligne Julien Lauprêtre, « L’essentiel de son temps à réorganiser sur de nouvelles bases le Secours populaire français. » Jusqu’à son décès, le 5 mars 2010, à l’âge de 98 ans, comme membre de la direction nationale du SPF, avocat au barreau, il a développé une activité inlassable pour la défense des droits de l’homme, en tant que juriste et citoyen, tout trouvant le temps de sacrifier à sa passion pour la musique qu’il a partagé avec son épouse Charlotte. Julien Lauprêtre a toujours eu à cœur de souligner l’apport de ce combattant de la solidarité : « Si le Secours populaire français est aujourd’hui reconnu d’utilité publique, grande cause nationale, s’il se situe dans les premières places des associations humanitaires au niveau de la France, de l’Europe et du monde, s’il a obtenu un statut consultatif auprès des Nations unies, il le doit à des pionniers comme Pierre Kaldor. »

* Benoist Apparu, maire de la ville, Général François Lafont-Rapnouil, délégué militaire départemental, Denis Conus, préfet de la Marne, personnalités, élu(e)s locaux, historien(ne)s, membres du SPF.  

Pierre Kaldor, une vie en résistance

Les élèves du collège Saint-Étienne de Châlons-en-Champagne ont entonné "Le Chant des partisans" repris par les participants.

 

 

Archives du Secours populaire français.
Centre de documentation de l’association, Paris, tél. : 01 44 78 21 15 / documentation@secourspopulaire.fr

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