''Pauvres de nous'', un documentaire sensible [Archivé]

La journaliste Claire Lajeunie et son équipe ont rencontré des personnes confrontées à la pauvreté, y compris une famille aidée par le SPF. Ce film est à découvrir le 11 avril, à 20 H 55, sur France 5. A voir aussi en replay.

La journaliste Claire Lajeunie et son équipe a rencontré des personnes confrontées à la pauvreté, y compris une famille aidée par le SPF dans le Maine-et-Loire.

Auteur

Claire Lajeunie / L2 Films

Mathéo, 12 ans, marche sur une lande sableuse, au milieu des ajoncs et d’arbustes à l’écorce rugueuse qui offrent une ombre clairsemée. Au loin, l’écho de l’océan se fait, de minute en minute, plus distinct, plus rythmé. Soudain, au détour du chemin, une étendue de galets battus par les vagues apparait en contrebas : « C’est génial ! On reste un peu ? », demande le garçon à sa sœur Maeva, qui a 3 ans de plus. Ils passent une semaine de vacances grâce aux bénévoles du SPF, près des Sables-d’Olonne.

                                                            Une très grande dignité

La scène est tirée du documentaire « Pauvres de nous » (Claire Lajeunie, L2 Films) qui sera diffusé sur France 5, le mercredi 11 avril. « Avec ce film, j’ai voulu tordre le coup aux caricatures anti-pauvres », indique la réalisatrice Claire Lajeunie qui a fait un portrait sensible de cinq témoins luttant contre la précarité : au chômage malgré ses deux masters, Sébastien a dû dormir dans sa voiture et être hébergé chez des amis ; Erwan fait partie des travailleurs pauvres en dépit de ses 10 heures par jour dans un kiosque parisien ; à 53 ans, Isabelle vit du RSA et de petits boulots ; Marianne, une jeune retraitée, a connu la prospérité avant que ses problèmes de santé lui fassent dégringoler l’échelle sociale.                                            


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Le film s’ouvre sur Mathéo, Maéva, leurs quatre frères et sœurs, leur mère et leur beau-père. Vivant dans les environs d’Angers, les membres de la famille ne font pas toujours trois repas par jour ! Le SPF les aide pour la nourriture, les vacances, les fournitures scolaires. Ils ont passé tous ensemble une semaine inoubliable au camping en Vendée. « Là-bas, je me suis évadée, j’ai repris de la force », confirme Christine, la mère de famille. Cette dernière et deux de ses enfants sont aussi bénévoles au SPF car « ça apporte du bonheur aux gens », explique Mathéo, 12 ans, dont la maturité se révèle exceptionnelle.

Mathéo, 12 ans, un maturité incroyable

Mathéo, 12 ans, a passé une semaine de vacances en famille près des Sables-d’Olonne, grâce aux bénévoles du SPF.

                                                        La beauté des 400 coups

Le film retrace, de l’adolescence à la retraite, les moments de doutes, de luttes, de débrouille, d’espoir. Remarquable pour les réflexions qui le sous-tendent, le film frappe aussi par le travail sur le son et la qualité de sa photo. Le long travelling qui montre Mathéo sur son skate-board pour une après-midi de détente dégage une force, similaire à la course d’Antoine Doinel vers la mer qui clôt Les 400 coups. « J’ai voulu mettre des visages sur un chiffre exaspérant : 9 millions de nos concitoyens vivent dans la pauvreté, soit avec moins de 1015 euros par mois. J’ai le sentiment de contribuer en sorte qu’ils soient regardés de manière plus humaine », assure Claire Lajeunie. Assurément.

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