Protéger
-
Conflits
La solidarité, ou l’espoir en temps de guerre
Aux côtés des victimes des conflits armés, le Secours populaire s’est toujours porté. Retour sur un engagement inconditionnel et historique, depuis les années 20 jusqu’à aujourd’hui. Soit un siècle de solidarité, auprès de ses partenaires locaux, envers les enfants, les femmes et les enfants meurtris par les guerres, partout sur la planète.
Les ténèbres de la guerre et des conflits armés ont toujours été là. Du besoin vital d’apporter la lumière dans cette noirceur est née la solidarité du Secours populaire. L’association ne s’appelle pas encore ainsi que ses militants, dès la fin des années 20, prennent la défense des réfugiés persécutés par les régimes oppresseurs en Europe. Durant la guerre d’Espagne, le Secours populaire de France et des colonies soutient sans relâche les combattants et civils républicains jusqu’à l’épisode de la Retirada à l’hiver 1939, où ils furent des centaines de milliers à fuir les troupes fascistes de Franco. Tout est mis en œuvre par l’association pour aider, de manière inconditionnelle, les populations qui ont tout quitté pour sauver leur vie ; apporter la solidarité dans les camps et en dénoncer les conditions d’accueil ; mais aussi défendre les Espagnols emprisonnés. Durant la Seconde Guerre mondiale, dans la clandestinité, les bénévoles viennent en aide aux familles de prisonniers et de déportés. A peine le Secours populaire français créé que ses membres interviennent auprès des populations victimes des répressions coloniales d’Indochine (1945-54), de Madagascar (1947-48), d’Algérie (1954-62) et du Vietnam (1960-75), avec les « Avocats du Secours populaire ». Aux victimes civiles des dictatures sanglantes des Colonels en Grèce, en Espagne toujours et au Chili, le Secours populaire apporte soutien juridique. Dès 73, plusieurs campagnes se succèdent pour apporter de l’aide matérielle aux victimes politiques de Pinochet et à leurs familles, ainsi que secourir les exilés politiques en France.
Dans les engrenages mortifères des guerres, les rouages de la violence, le Secours populaire glisse des cailloux d’espoir. Dans un élan de vie, il soutient les survivants.
L’association, fidèle à son histoire, tandis que dans la France des années 80 la pauvreté frappe de plus en plus de familles, porte le regard au-delà des frontières. Où les conflits armés continuent de meurtrir immanquablement les plus fragiles. Aux côtés de ses partenaires locaux, le Secours populaire accompagne les victimes dans la durée, aidant à recréer les conditions d’un avenir possible. Dans les engrenages mortifères des guerres, les rouages de la violence, il glisse des cailloux d’espoir. Dans un élan de vie, soutient les survivants. Au Rwanda dans les années 90, après le génocide des Tutsi, sont construites à Butare des maisons pour les orphelins et leurs mères adoptives. En plein conflit, au mois de mai 1999, le Secours populaire lance l’opération « 100 camions pour les Balkans » ; ses bénévoles acheminent dans les camps de réfugiés d’Albanie des tonnes de colis alimentaires, de produits d’hygiène et infantiles. Après l’urgence, le Secours populaire s’implique avec ses partenaires dans la reconstruction d’écoles et la dotation en serres agricoles des familles pauvres –– garantir la dignité et l’autonomie, préserver l’enfance, tailler des brèches vers l’avenir : tel est le cap.
Le Secours populaire tisse des relations fraternelles entre les peuples et œuvre à la préservation d’une humanité commune.
Les guerres n’ont jamais, depuis, cessé de fragmenter la planète ; les efforts du Secours populaire, de ses bénévoles et de ses partenaires locaux n’ont jamais relâché. Nous vivons une époque particulièrement bouleversée. Tant de malheurs en ce monde, tant de familles détruites, d’existences stoppées net, de rêves évanouis, mais aussi : tant d’humanité opposée, d’espoir semé, de vie récoltée. En Ukraine, comme au Liban, les partenaires du Secours populaire organisent l’accueil des familles déplacées de guerre dans des centres collectifs, pourvoyant aux besoins quotidiens des familles comme à leur accompagnement psychologique. En Arménie, dans la ville frontalière de Goris, les volontaires de Winnet organisent l’accueil des milliers de familles déplacées du Haut-Karabagh qui ont fui leurs foyers après l’invasion de l’armée azerbaïdjanaise. Ils accompagnent les enfants dans la reprise de leur scolarité, les adultes dans leur réinsertion sociale et professionnelle. Dans les territoires palestiniens occupés, le Secours populaire et ses partenaires œuvrent pour l’accès aux soins et, bien sûr, au soutien psychosocial de populations civiles gazaouies déplacées jusqu’à huit fois, déracinées, endeuillées, survivant dans la plus extrême précarité. Dans une Haïti ensanglantée par les guerres entre gangs, où la terreur fait loi, le Secours populaire accompagne ses partenaires dans l’exercice opiniâtre d’une solidarité qui veille à préserver, chez les plus petits, l’indispensable part d’enfance.
Dans ces pays en proie à la violence, exercer la solidarité se fait au péril de sa vie. Pour leurs volontaires, ces organismes mettent en place des conditions particulière de sécurité ainsi que, la plupart du temps, un suivi psychologique. Avec son partenaire en République démocratique du Congo, le Secours populaire mène un programme d’exfiltration et de mise à l’abri des défenseurs des droits humains menacés de mort. En Colombie, après sept décennies de guerre civile, les accords passés depuis 2016 entre les groupes paramilitaires et l’État ont installé une paix fragile. L’association Alterpaz, partenaire colombien du Secours populaire, œuvre pour la consolider à travers un programme de réinsertion économique des ex-guérilleras et de réconciliation sociale. Une fois les guerres résolues, la paix doit être cultivée. De celle-ci, l’une des garantes les plus puissantes est la solidarité. Sa pratique est le but unique du Secours populaire : à travers la solidarité, le Secours populaire tisse des relations fraternelles entre les peuples et œuvre à la préservation d’une humanité commune.
