Avec le programme Erasmus+ Éducation adultes, la solidarité se renforce
Sonia Fradin est bénévole dans le Loiret depuis 2023 au sein de l’antenne des Blossières à Orléans. Animatrice de formation, elle a bénéficié des Pères Noël verts quand elle était enfant. Aujourd’hui, elle s’engage au Secours populaire et a participé à trois programmes Erasmus+ Éducation adultes. Retour sur cette belle expérience de solidarité, d’échanges et de rencontres avec des partenaires européens du Secours populaire.
Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le programme Erasmus+ Éducation adultes ?
L’objectif de ces missions est de permettre à des adultes de renforcer ou d’acquérir de nouvelles compétences, comme des compétences rédactionnelles, ou de se familiariser avec des outils numériques. Ce programme s’inscrit dans un cadre de formation professionnelle mais sans validation qualifiante. Il soutient ainsi des projets qui contribuent à l’inclusion, l’engagement citoyen. Dans le secteur de l’éducation des adultes, Erasmus+ finance des projets qui renforcent les connaissances, l’expérience ou les compétences tout au long de la vie. Ces missions s’adressent aussi bien à des salariés qu’à des bénévoles d’associations, qui peuvent partir partager des expériences et découvrir de bonnes pratiques, avec des partenaires dans un autre pays. À l’issue de chacune des missions, un questionnaire est adressé à tous les participants, ce qui ensuite permet une certification.
Vous êtes partie en Roumanie et en Espagne l’année dernière, pouvez-vous nous parler de vos séjours ?
Je suis partie à trois reprises avec le programme européen Erasmus+ Éducation. La première fois, en mars 2025, à Bucarest pour rencontrer l’association Magic. Une association partenaire du Secours populaire qui vient en aide aux familles dont les enfants souffrent de cancers pédiatriques. Grâce à leurs actions, ils offrent des hébergements gratuits à proximité des hôpitaux et mettent en place une aide alimentaire et sanitaire pour les parents. La deuxième fois, je suis également allée en Roumanie, à Lași, pour rencontrer une autre association partenaire du SPF, la fondation Bethany, qui vient en aide aux enfants souffrant de problèmes cognitifs et de retard scolaire dû à leur handicap et qui propose un accompagnement éducatif et scolaire.
Outre la structure présente à Iași, les actions des bénévoles de Bethany se font surtout dans des zones rurales et auprès de la population rom.
Et en fin d’année, je me suis rendue en Espagne à Valence pour rencontrer la fondation Cepaim qui vient en aide aux populations migrantes et travaille pour la réinsertion ou l’insertion des jeunes. En rencontrant ces associations, nos objectifs étaient de mieux connaître des acteurs engagés dans des actions de solidarité afin de mieux comprendre leur organisation, leur mode de fonctionnement ainsi que les différents programmes qu’ils mettent en œuvre.
Sur le terrain, comment s’organisent les rencontres et les échanges avec les partenaires ?
Tout d’abord, avant chaque départ, nous avons une réunion avec les partenaires européens ainsi que tous les membres de la mission, car à chaque fois, plusieurs bénévoles de différentes fédérations constituent les groupes. La dernière fois en Espagne, il y avait des bénévoles des Alpes-Maritimes et de la Haute-Garonne. C’est important, car là aussi, cela permet le partage d’expériences.
Sur place le programme est toujours très chargé, mais l’idée est de voir, de rencontrer et de découvrir le plus de choses possibles. En général, les missions commencent par une présentation de notre partenaire, puis s’enchaînent les visites de sites et les rencontres d’acteurs de solidarité. Mais nous allons aussi sur le terrain rencontrer les personnes accueillies. Par exemple, lors de notre séjour en Espagne, nous avons pu nous rendre dans un centre d’accueil pour migrants et discuter avec eux. Notre expérience de structures mobiles avec les Solidaribus a pu être partagée et ainsi offrir de nouvelles perspectives d’actions pour la Cepaim qui, grâce au SPF, a reçu un véhicule et peut ainsi se rendre dans des zones qu’elle ne touchait pas.
En Roumanie, à Bucarest, avec Magic, nous sommes allés visiter un centre de vacances en construction à destination des enfants malades. Nous avons participé à des travaux agricoles. À Iași, nous sommes allés à la rencontre de jeunes adultes et adolescents pour échanger sur leur vision de l’avenir de leur pays. Nous avons partagé des jeux de société. À chaque fois, ce sont de belles rencontres.
Selon vous, qu’apportent ces missions Erasmus+ Éducation adultes ?
J’ai accepté la première mission pour aller à la rencontre de nos partenaires de l’association Magic. J’étais aussi curieuse de rencontrer d’autres bénévoles d’autres fédérations. C’est une opportunité également pour aller à la découverte d’une autre culture. Ces séjours permettent de développer et de renforcer des compétences comme les langues étrangères, l’utilisation de l’informatique ou toutes autres compétences (communication, rédaction de compte rendu…). L’objectif spécifique pour le Secours populaire est de renforcer des liens avec nos partenaires européens. Cela permet de voir comment la solidarité se pratique, quelles sont les choses que l’on pourrait mettre en place ou améliorer après avoir découvert d’autres pratiques solidaires. Ce qui est important également, c’est la rencontre avec d’autres bénévoles de France, avec qui nous avons pu échanger et avec lesquels je suis restée en contact. Nous nous sommes d’ailleurs retrouvés au congrès.
C’est aussi un vrai plus pour le développement de la solidarité mondiale ici en France. Dans ma fédération, je fais en sorte de relayer l’importance de déployer des projets hors de nos frontières. Et quand j’en parle au sein des instances départementales ou lors de rencontres avec d’autres bénévoles, je peux témoigner d’actions concrètes que je connais et relayer la parole de nos partenaires. Quant à la solidarité mondiale, elle ne peut être que renforcée. Au-delà de voir sur place, les aides qui ont pu être apportées par le Secours populaire, on prend conscience que les problématiques sont communes et qu’ensemble on est plus fort. Les personnes aidées par les associations étaient très touchées que l’on vienne à leur rencontre.