De Montpellier à Bordeaux, la solidarité ça roule…

Mis à jour le par Anne-Marie Cousin
Après 4 jours de courses les cyclistes ont su garder bonne humeur et envie de se dépasser©MHR

Du 22 avril au 25 avril, 74 cyclistes ont relié Montpellier à Bordeaux. Une course organisée par le MHR (Montpellier Hérault rugby) Solidaire et le fonds de dotation de l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) au profit du Secours populaire de l’Hérault et de Gironde pour financer la participation de 1 000 enfants à la prochaine Journée des Oubliés des Vacances de ces deux fédérations. Une équipe constituée de bénévoles du Secours populaire a aussi relevé le défi. Grâce à ses partenaires et aux deux clubs de rugby, ce sont 36 000 euros qui ont pu être collectés. Retour sur cette belle manifestation alliant défi sportif et solidarité.

Le principe de cette course est simple, relier le Septeo Stadium de Montpellier à l’un des autres stades du Top 14. Pour cette 7e édition – des Cistes et des Cannelés –, l’objectif était de rejoindre le stade Chaban-Delmas à Bordeaux. Ainsi durant 4 jours, 74 coureurs ont pédalé pour la solidarité et pour financer le départ en vacances de 1 000 accompagnés par le Secours populaire. Comme pour chaque édition, deux défis étaient à relever, collecter le plus de fonds possible en amont du départ et bien évidemment parcourir les 498 km séparant les deux villes.

Pour Geoffrey Rinaldi, chargé de communication du SPF à Montpellier, « cette course a permis de donner beaucoup de visibilité au SPF et de collecter une somme importante pour la campagne vacances 2026. C’est grâce à tout ce que nous avons organisé pour les 80 ans de l’association en 2025 que le MHR Solidaire a pensé à nous pour cette édition ».

Pour participer à cette manifestation, le club des partenaires privés de la fédération s’est mobilisé, en se rapprochant d’entreprises locales pour collecter le financement de l’équipe du SPF et en constituant une équipe de coureurs. Laurent Cueille, responsable de ce club, a activé son réseau et a permis que la mutuelle Mutami, la Caisse d’épargne ainsi qu’un concessionnaire auto Audi soutiennent le projet. Et même si le financement s’est bouclé quasi la veille du départ, il se dit satisfait de cette mission que lui a confié le SPF.« Bénévole depuis deux ans, mon rôle est de faire le lien entre le monde de l’entreprise et le Secours populaire. »

Autre défi qu’il a fallu relever, inscrire des bénévoles à la course. Ce qui n’a pas été si simple, car comme l’explique Geoffrey, il y a une différence entre faire un peu de vélo pour son plaisir et réaliser une course de 498 km en 4 jours avec 4 900 de dénivelés. Mais une fois de plus le réseau solidaire a fonctionné. Pierre-Jean Mitjana et sa nièce Julie ont répondu présent à l’appel du Secours populaire. Leur cousine travaillant au Secours populaire de l’Hérault les a contactés. « Je connaissais le Secours populaire car je participe parfois à des collectes dans les grandes surfaces, et ma fille, qui est membre du conseil municipal de la ville où nous habitons, a aidé lors de manifestations. L’idée de relever ce défi sportif pour une bonne cause m’a tout de suite plus, tout comme ma nièce. » Tous deux grands sportifs, ils ont démarré les entraînements dès le mois de janvier. Pierre-Jean s’est essayé à différentes distances, 40, 50 et 100 km. Sa pratique régulière de sports d’endurance l’a beaucoup aidé. Néanmoins, sa crainte était de ne pas être capable d’enchaîner les 4 étapes à la suite, c’est pourquoi il s’est mis en situation et a couru plusieurs jours de suite. Pour sa nièce Julie, adepte des triathlons, le défi a été moins difficile.

Pierre-Jean et sa nièce Julie ont couru aux couleurs du Secours populaire©Jean-Marie Rayapen

C’est donc le 22 avril que le top départ de la 7e édition de cette course a été donné au Septeo Stadium de Montpellier. Les 74 coureurs se sont élancés pour une première étape de 165 km avec pour destination Gaillac près d’Albi. Plus longue étape de la course avec un dénivelé atteignant 1 000 mètres. Puis le lendemain, les coureurs ont pris la route vers Montauban pour leur deuxième journée, avant de repartir le vendredi vers Sarlat et les paysages du Périgord noir. Enfin, la dernière étape les a conduits au travers des vignobles bordelais, en passant par Saint-émilion, Libourne et Yvrac. À chaque étape, des rencontres et des temps d’échanges avec des clubs de rugby et des joueurs étaient organisés comme lors de l’escale à Yvrac au domaine Grand Jour où ils ont pu rencontrer l’ancien joueur international Rémi Lamerat.

Tous ces lieux traversés, toutes ces belles rencontres avec des clubs et des joueurs ont marqué Pierre-Jean Mitjana et sa nièce Julie. « Le choix du parcours était destiné à nous rendre cette course agréable, nous avons découvert des sites majestueux, tels que Rocamadour, Saint-Cirq-Lapopie, Albi, Cahors, Saint-émilion… Cela rendait presque agréable nos efforts physiques. Et puis l’organisation de ce défi était remarquable, les points de ravitaillement, le staff technique pour les incidents mécaniques, les hébergements du soir… Tout était pensé pour que les coureurs puissent se concentrer uniquement sur le vélo. Nous n’avions rien d’autre à penser que de pédaler pour une bonne cause. »

Après 4 jours de course et 498 kilomètres les 74 sportifs engagés pour ce défi ont franchi la ligne d’arrivée au stade Chaban-Delmas de Bordeaux.©Jean-Marie Rayapen

Après avoir parcouru près de 500 kilomètres et gravi 4 930 mètres de dénivelé, les coureurs ont atteint Bordeaux, étape ultime. Accueillis au stade Chaban-Delmas de la ville, ils ont été invités à assister au match du soir entre l’UBB et le MHR. Encore ému par son arrivée dans le stade, Pierre-Jean n’est pas près d’oublier cet instant. « Nous avons pu réaliser un tour d’honneur devant les 32 000 supporters présents au stade. Tous les coureurs étaient placés derrière la banderole du Secours populaire. C’est à ce moment-là que j’ai compris l’importance de ce que nous avions fait et surtout le sens du mot solidarité. »

À l’issue de ces 4 jours de course, ce sont 36 000 euros qui ont été collectés. Une somme partagée entre les fédérations de la Gironde et de l’Hérault, qui permettra à 1 000 enfants de participer à la Journée des Oubliés des Vacances cet été.