De La Défense à Convergence

Convergence succède en 1981 La Défense comme magazine du Secours populaire. Héritier d’une longue tradition d’appui aux luttes sociales et d’aide aux victimes de catastrophes et de guerres, Convergence s’inscrit dans l’action d’éducation populaire de l’association.

Congrès du Secours populaire à Tarbes en 1981.
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En octobre 1981, le numéro 666 du journal La Défense, dont la Une porte le logo du Secours populaire dessiné par le collectif Grapus, annonce la naissance de Convergence pour le mois suivant. Le nouveau mensuel s’illustre par la présence d’un dossier social thématique, que l’on retrouve aujourd’hui. Le magazine change plusieurs fois de format, de pagination, mais conserve un dossier sur les campagnes qui rythment l’activité du Secours populaire.  Alerte, numéro annuel de plus de 100 pages, a développé l’information de fond sur la pauvreté, la santé ou la solidarité mondiale de 2007 à 2011. Le supplément Convergence bénévoles  témoigne lui de la vie de l’association. En se professionnalisant davantage, le magazine a renforcé ses contacts avec l’ensemble de la société. Il participe au développement de l’éducation populaire, avec des débats, à l’ouverture sur le monde, avec des numéros spéciaux (Rwanda, Mayotte), tout en donnant la parole à d’autres associations.

La Défense devient Convergence.

En 1981,
le magazine La Défense
devient Convergence.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Les années 30 et la montée des luttes

Pratiquement dès la naissance du grand mouvement de solidarité, dont est issu le Secours populaire, celui s’est doté d’un journal. Trois ans après la création, en 1923, de la section française du Secours rouge international (SRI), naît La Défense. La publication, marquée par l’appartenance du SRI à la sphère communiste, relaie les campagnes de soutien aux prisonniers politiques, aux victimes des répressions sociales : affaire Sacco et Vanzetti, du nom de deux anarchistes condamnés aux États-Unis pour un crime dont ils étaient étrangers ; «Neuf de Scottsboro» jeunes Noirs accusés à tort d’assassinat. Cette orientation, amène La Défense à confier des éditoriaux à des personnalités du monde politique et syndical comme Marcel Cachin directeur de l’Humanité ou  Léon Jouhaux, secrétaire de la CGT, dont on retrouve la signature à côté de celles de membres de l’association : Emile Bureau, Robert Blache qui seront assassinés par les nazis durant la Seconde guerre mondiale.

Dans la tourmente de la seconde guerre mondiale

Les années 30, marquées par les luttes sociales, la montée du national-socialisme, alimente de fortes campagnes en faveur des ouvriers, des antifascistes. Le soutien aux républicains espagnols, à leurs enfants, occupera une place importante de 1936 à 1939. Parallèlement, le journal donne des informations sur les organisations départementales du SRI, sur leurs activités. Ainsi, en 1934 est inaugurée une rubrique : Jeunes amis du Secours rouge qui devient en 1936 : La Défense enfantine et l’année suivante : La Défense féminine et enfantine. En septembre 1939 paraît le n° 519 de La Défense, qui sera interdit par décret du gouvernement Daladier, pour appartenance à la sphère communiste.  Le Secours populaire de France, successeur du Secours rouge parviendra à éditer clandestinement, dans certains départements  son organe central sous le titre de Libération.

Un support des inflexions de l’association

Le 17 novembre 1944, le numéro 1 annonce, dans un éditorial de Pierre Kaldor secrétaire du Secours populaire de France que «La Défense continue» et mène campagne pour les «vacances de Noël des enfants de résistants ».  Mensuel du Secours populaire français à partir de 1945, La Défense poursuit,  dans les années 50, la ligne traditionnelle de défense des militants anticolonialistes, français comme les militaires Henri Martin et Alban Liechti, ou malgaches, algériens, indochinois. L’édition de janvier 1960, en consacrant 9 de ses 12 pages  à la catastrophe de Malpasset, marque l’orientation nouvelle du SPF qui se consacrera désormais, en toute indépendance, à la solidarité envers tous ceux qui souffrent.

Un appui aux grandes campagnes

Dans le numéro 474 d’avril 1964, axé sur les vacances (« 100 000 journées pour l’enfance déshéritée ») le secrétaire générale de l’association, Julien Lauprêtre  souligne que le mensuel portera désormais comme sous-titre : «journal de la solidarité», et en appelle aux dons, avec  des sportifs (Louison Bobet, Jacques Anquetil), des écrivains (Vercors, Aragon, Jean-Paul Sartre), des artistes (Jean Ferrat). La Défense appuie, dès lors, les grandes campagnes que le SPF pérennisera : monde, vacances, pères Noël verts.  Comme Convergence le fait encore.

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