Accès à l'éducation, un miroir des inégalités dans le monde [Archivé]

Plus de 58 millions d'enfants ne sont pas scolarisés dans le monde. L'accès à l'éducation, qui cristallise nombre d'inégalités, occupe une place centrale dans les actions de solidarité internationale menées par le Secours populaire.

À Mirmur (Bangladesh), une enseignante aux côtés de son élève de 12 ans. La scolarisation des filles a un impact déterminant sur les progrès sociaux et médicaux.
Unesco/GMR/Akash
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En Afrique subsaharienne, des milliers d’enfants parcourent plusieurs dizaines de kilomètres par jour pour chercher l’eau du foyer ; dans les États les plus pauvres de l’Inde, des petites filles s’épuisent dans des tâches domestiques répétitives ; des Marocains, à peine adolescents, s’affairent dès l’aube aux travaux des champs… Parce que l’école est trop loin, leur région trop enclavée, le trajet trop dangereux, parce que leurs parents ont besoin d’eux et ne peuvent payer leur scolarité…, plus de 58 millions d’enfants de l’âge du primaire n’ont pas accès à l’école dans le monde (chiffres Unesco, 2015).

Un chemin semé d'embûches

Quand, coûte que coûte, à force de sacrifices, certains y parviennent, les obstaces qu’ils doivent surmonter les privent d’une scolarité harmonieuse et prometteuse. Le documentaire Sur le chemin de l’école (2012) de Pascal Plisson révèle le quotidien  de ces écoliers héroïques, dont la soif de savoir leur permet d'accomplir des exploits :  « Zahira, une jeune Berbère de 12 ans, vit sur un des sommets de l’Atlas marocain. Chaque lundi, elle franchit cols et vallées, soit 22 km en quatre heures, pour rejoindre en compagnie de deux amies le foyer où elles sont internes. En Argentine, Carlito, 11 ans, et sa petite sœur, Micaela, 6 ans, accomplissent 18 km à cheval, chaque jour, à travers les plaines désertiques de Patagonie. Enfin, en Inde, Samuel, 13 ans, handicapé, ne peut aller étudier qu’avec l’aide de ses deux jeunes frères, qui poussent pendant plus d’une heure son fauteuil roulant jusqu’au collège. »

Un enfant dont la mère sait lire a 50 % de chances de plus de survivre au-delà de sa cinquième année

Le niveau d’accès à l’éducation et les conditions de scolarité sont bien le miroir de toutes les inégalités, particulièrement quand elles touchent les enfants nés dans des pays en voie de développement, dans des régions ébranlées par la guerre,  la misère, voire la famine. Les chiffres le confirment : selon un rapport de l’Unesco publié en 2013, un enfant dont la mère sait lire a 50 % de chances de plus de survivre au-delà de sa cinquième année et chaque année d’éducation supplémentaire permet de réduire le taux de mortalité infantile de 5 à 10 %.

Construction d'écoles, de cantines scolaires, fournitures pour les élèves...

Le Secours populaire a depuis de nombreuses années investi ce chantier incontournable dans son combat contre les inégalités. En témoignent les actions menées par son mouvement d'enfants Copain du monde mais aussi la richesse de ses programmes liés à l’accès à l’éducation dans le monde, inscrits dans la durée et déployés grâce à des partenariats durables avec des associations sur place. Au Burkina Faso, le SPF soutient ainsi, depuis 2003, l’école de Tanzougou, dans laquelle il  a ouvert une nouvelle classe en 2015 ; au Cameroun, un collège de Yaoundé s’est agrandi grâce à la construction d’un bâtiment pouvant accueillir 300 élèves ; à Bamako, au Mali, des vélos ont été offerts à des enfants pour faciliter leur trajet jusqu’à l’école ; au Maroc, un village situé dans le Haut-Atlas s’est vu doter en 2015 d’une école accueillant 250 élèves ; en Jordanie, l’école Qurtaba du camp de Zaatari a été réhabilitée et agrandie en 2015 pour accueillir des enfants syriens réfugiés1 ; au Népal, dans la commune de Khokana, l’école de Shree Rudrayanee, détruite par le séisme d’avril 2015, a été recosntruite dans le respect des normes antisismiques. Autant d'exemples qui démontrent la volonté de l'association de contribuer à atteindre l'objectif d'une scolarisation universelle, dans des conditions permettant à tous de croire en l'avenir.

 

1En Syrie, le conflit qui dure depuis 2011 a eu des conséquences dévastatrices sur l’éducation des enfants. En 2000, le pays avait atteint l’objectif de l’éducation primaire universelle. Cependant, la guerre civile se propageant, le nombre d’enfants et d’adolescents non scolarisés est passé de 0,3 million en 2012 à 1,8 million fin 2013. Une régression terrible.

 

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