À Bordeaux, les copains du Monde célèbrent les droits de l'homme. [Archivé]

Tous les dimanches, les bénévoles de la Manne Europe distribuent des repas chauds aux SDF de Bordeaux. Le veille des 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme, des copains du monde ont souhaité être avec eux.

Le 9 décembre, les copains du monde ont défendu le droit à l'alimentation.
Julie Pinasseau

« Voir des gens dans la rue qui n’ont rien à manger, cela me révolte. Je trouve cela intolérable », explique Paco, 13 ans. Comme lui, les copains du Monde du comité de Cestas, près de Bordeaux sont là aujourd’hui pour aider les bénévoles de l’association la Manne Europe, présents tous les dimanches pour offrir un repas chaud à des personnes de la rue.Habituellement, la distribution des repas se fait place de la République, mais aujourd’hui, veille des 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme, les bénévoles se sont installés sur le parvis des droits de l’homme. Plus que symbolique, ils ont fait ce choix pour porter et mettre en avant l’article 25 de cette Déclaration qui précise que « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux… »

« Certains avaient vraiment faim »

Paco, Peyo, Nicolas et Maïlen, copains du Monde sont là aux côtés de Ben et de Jacob, tous deux bénévoles de la Manne Europe pour défendre ce droit à l’alimentation et offrir de quoi se nourrir à des personnes vivant à la rue. Habillés d’une calotte  de chef cuisinier et d’un tablier, ils ont durant deux heures fait le service. Proposant aux SDF et aux migrants-réfugié, un repas complet composé de riz, de semoule, de poulet et de fruits, les copains du Monde se sentent « utiles et solidaires ». Bien qu’un peu timides au début, les enfants ont très vite pris le rythme et ont même discuté avec certaines personnes. Salim, originaire du Nigéria, bien que ne parlant que très peu le français, se dit touché de voir des enfants le servir. Les 150 personnes présentes ce jour-là apprécient que des jeunes soient sensibles à ce qu’elles vivent et prennent de leur temps pour être là.  « Je vis à la rue depuis trois ans, j’ai tout perdu. Ne plus avoir de chez soi est difficile. Mes enfants et mes petits enfants sont loin de Bordeaux. J’ai coupé les ponts avec ma famille car j’ai honte de ce que je suis devenue » explique Bernadette âgée de 63 ans.Nicolas, copain du Monde depuis seulement un an s’interroge sur les restes de nourriture, en effet tout n’a pas été distribué. Jacob, lui explique que des barquettes seront distribuées avec ce qui n’a pas été servi. Ainsi les repas du soir et du lendemain sont assurés. Après deux heures de service, les copains du Monde sont invités à déjeuner, assis à table parmi les SDF et les migrants-réfugiés, ils font le bilan de cette action solidaire.« Les gens sont gentils. Ils nous ont tous dit merci. Certains avaient vraiment faim, ils sont venus deux fois se servir à manger » raconte Maïlen. Malgré le vent et la pluie qui s’étaient donnés rendez-vous ce dimanche, l’ambiance était un peu à la fête, grâce à une sono qui diffusait de la musique. Devant la camionnette, les copains du Monde participent au rangement une fois tous les plateaux repas distribués. Cette première action avec les gens de la rue Nicolas, Maïlen, Paco et Peyo se disent prêts à la refaire.

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