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Engagement solidaire
Baromètre Ipsos/Secours populaire : la précarité s’installe, la solidarité résiste
Ce jeudi 10 septembre 2026, le Secours populaire français a lancé sa campagne « Pauvreté - Précarité » en dévoilant les résultats de son 20ème baromètre annuel Ipsos/Secours populaire. Pour la 5ème année consécutive, cette étude inclut une analyse à l’échelle européenne, avec un focus inédit sur la précarité énergétique. Une conférence de presse départementale, organisée à Dollon, a permis de révéler ces chiffres alarmants et de donner la parole à des personnes directement concernées.
La pauvreté et la précarité s’aggravent en France et en Europe
Les résultats sont sans appel : la précarité ne recule pas, elle s’installe. En France, 26 % des personnes interrogées se déclarent en situation de précarité (+6 points par rapport à 2025), un chiffre qui atteint 29 % au niveau européen. Parmi les actifs, 40 % estiment que leur travail ne suffit plus à couvrir leurs dépenses (+10 points en un an), et 18 % vivent à découvert (+3 points). Les privations s’aggravent : 37 % des Français peinent à se procurer une alimentation saine (+6 %), 55 % ne peuvent pas partir en vacances (+6 %), 33 % ont des difficultés à payer leur loyer ou leurs charges (+5 %), et 46 % à assumer les frais de transport (+12 points).

Accédez au baromètre IPSOS/Secours populaire
Précarité énergétique : trop froid, trop chaud, trop cher
La hausse des coûts de l’énergie et du carburant aggrave encore la situation. 79 % des Français considèrent que leurs factures d’énergie représentent une part importante de leur budget, et 71 % s’inquiètent de leur capacité à faire face à la hausse du carburant (+13 points). Plus d’un quart des Français (26 %) ont dû renoncer à des dépenses essentielles (alimentation, santé) pour payer leurs factures d’énergie ou de carburant. De plus, 53 % ont limité volontairement la température de leur logement à moins de 18°C ces douze derniers mois pour réaliser des économies.
Ces chiffres, déjà préoccupants, n’intègrent pas les vagues de chaleur de l’été 2026, le baromètre ayant été réalisé entre le 6 mai et le 9 juin 2026.

La Sarthe, un territoire particulièrement touché
En Sarthe, la situation est encore plus critique. Selon l’INSEE, le département affiche le taux de pauvreté le plus élevé de la région (14 %, contre 11 % en moyenne régionale), avec un pic à 19,7 % dans la métropole mancelle. En 2025, le Secours populaire a accompagné 13 800 personnes dans le département, un chiffre qui témoigne de l’ancrage de la précarité.
Face à cette réalité, l’association déploie des formes variées de solidarité : aide aux démarches administratives, accès à la culture, soutien au départ en vacances, aide matérielle (alimentaire, vestimentaire, fournitures scolaires, livres, jouets, produits bébés etc.), ateliers bien-être, et accompagnement pour retrouver confiance en soi.

Derrière les chiffres, des vies bouleversées
La conférence de presse du 10 septembre à Dollon a été l’occasion de donner la parole à celles et ceux qui vivent au quotidien cette précarité. Leurs témoignages rappellent que derrière chaque pourcentage se cachent des destins humains et des réalités éprouvantes.
Auparavant, on pouvait faire des compromis. Cette année, ma facture de gaz est passée de 70 € à 140 € par mois. Pour ma fille, cela signifie qu’il est impossible de partir en vacances ou d’avoir accès à des activités scolaires.
Sarah, mère d’une fille, sans emploi, aidée par le Secours populaire à Saint-Longis.
J’avais une vie aisée par le passé. Sans emploi, j’ai connu une période difficile de 3 ans. Il faut choisir entre payer les factures et faire plaisir aux enfants. Je ne peux même pas faire le contrôle technique de ma voiture.
Jessica, mère de 5 enfants, aidée par le Secours populaire à Dollon.
J’ai eu une facture d’eau de 2 000 € suite à une fuite que personne n’arrivait à situer. Je ne pouvais pas la payer. Grâce aux bénévoles du Secours populaire, j’ai pu faire les bonnes démarches. Aujourd’hui, avec l’aide de mon fils, je parviens à m’en sortir.
Marie-Line, retraitée, devenue bénévole au Mans.
Beaucoup de personnes pourraient avoir accès à des aides mais ne les demandent pas, par pudeur, par méconnaissance ou par peur de l’administration. »
« Nous rencontrons également des personnes vivant en logements sociaux, parfois mal isolés, qui ont des factures d’énergie impressionnantes. »
« Certains, bien intégrés, payant des impôts, perdent leur titre de séjour à cause de délais administratifs trop longs. À partir de là, ils perdent leurs droits, leur emploi… et c’est la descente aux enfers.
Martine, bénévole en charge de l’aide administrative.
La solidarité, une réponse essentielle
Les résultats de ce baromètre dessinent un panorama aussi sombre que celui des années 2022-2024, marqué par des revenus insuffisants, des privations qui s’aggravent et une précarité qui s’installe durablement. Pourtant, la solidarité reste un rempart. Chaque jour, les 100 000 animateurs-collecteurs bénévoles du Secours populaire se mobilisent pour apporter un soutien matériel, recréer du lien et redonner de l’espoir.
Un accident de la vie peut faire basculer une situation déjà fragile. Les incendies récents l’ont tragiquement rappelé : des familles qui parvenaient à s’en sortir peuvent se retrouver du jour au lendemain sans rien. Dans ces moments, la solidarité permet de faire face, de se reconstruire et de retrouver des perspectives.



Agir ensemble contre la précarité
Le Secours populaire lance un appel à tous les gens de cœur : pour soutenir ses actions, il est possible de faire un don ou de devenir bénévole dans l’une des 12 structures du département de la Sarthe.