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Au Mali, le maraîchage renforce la sécurité alimentaire et l’autonomie des femmes

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Depuis près de quarante ans, le Secours populaire agit avec l’AMSCID (Association Malienne de Solidarité et de Coopération Internationale
pour le Développement) dans le cercle de Yélimané, dans la région de Kayes, au Mali.

C’est dans cette continuité qu’en 2025, les fédérations du Secours populaire de Seine-Saint-Denis, de Paris et du Maine-et-Loire ont renforcé leur soutien à l’AMSCID en accompagnant le développement du maraîchage dans quatre villages : Dogofry, Yélimané-Cébé, Tango et Dembala.

En 2026, ce partenariat historique se poursuit pour renforcer durablement les activités de maraîchage écologique portées par les femmes maliennes afin d’améliorer la sécurité alimentaire, les revenus et l’autonomie des familles.

Aujourd’hui, ce sont 280 femmes exploitantes qui participent à ce projet de solidarité mondiale.

Un groupe de femmes pratiquent le maraîchage. ©AMSCID

Un projet de solidarité mondiale pour préserver la sécurité alimentaire

Dans cette zone sahélienne du nord-ouest du Mali, à la frontière avec la Mauritanie, les populations font face à de nombreux défis : sécheresses prolongées, hausse des températures, érosion des sols, irrégularité des pluies, baisse des nappes phréatiques et instabilité sécuritaire croissante.

L’agriculture y reste pourtant essentielle pour vivre. Le maraîchage constitue une activité complémentaire indispensable, particulièrement en saison sèche. Il permet aux familles de diversifier leur alimentation, de générer des revenus et de mieux résister aux périodes de soudure.

Ce sont principalement les femmes qui portent cette activité, souvent avec peu de moyens et des techniques rudimentaires.

Le projet soutenu par le Secours populaire répond à des besoins fondamentaux :

Enfants regroupés au bassin pour laver le linge. ©AMSCID

Accès à l’eau : un levier essentiel pour l’autonomie

À Dogofry, un puits à grand diamètre de 20 mètres de profondeur est en cours de réalisation pour permettre un accès durable à l’eau sur le périmètre maraîcher. Les travaux ont démarré en décembre 2025, en présence du maire de la commune rurale et des représentants de l’AMSCID. Le creusement du puits a toutefois dû être temporairement suspendu en raison d’une importante présence d’eau. La reprise des travaux est désormais prévue pour le début du mois de mai 2026, à la suite de la baisse constatée du niveau de la nappe phréatique.

Un groupe de femmes tirent l’eau au puits. ©AMSCID

Pour les femmes exploitantes, cet accès à l’eau change tout. Il signifie moins de temps consacré à la corvée d’eau, moins de fatigue physique, mais surtout la possibilité de cultiver davantage.

Dans les villages de Tango et Dembala, les systèmes de pompage solaire existants vont également être renforcés pour améliorer l’exhaure de l’eau. Des bassins de stockage seront construits afin de faciliter le travail quotidien des exploitantes et augmenter durablement les rendements. Cette activité est ralentie par l’insécurité persistante dans la zone ainsi que par la pénurie de carburant, qui limitent les déplacements des équipes de l’entreprise et de l’AMSCID.

Des panneaux solaires installés pour faire fonctionner le système de pompage. ©AMSCID

Des clôtures renforcées pour protéger le fruit du travail des femmes

Cultiver demande du temps, de l’énergie et beaucoup de persévérance. Pourtant, lorsque les clôtures sont défectueuses, les récoltes peuvent être rapidement menacées par les animaux ou les dégradations extérieures. Dans les périmètres maraîchers de Dembala et de Tango, des grillages et accessoires de qualité sont en cours d’acheminement pour sécuriser les parcelles et protéger les cultures.

Les clôtures installées lors du projet protègent les cultures. ©AMSCID

Ce renforcement des clôtures peut sembler simple, mais il représente une vraie sécurité pour les exploitantes : celle de voir leurs efforts préservés et leur travail respecté. Malgré les difficultés logistiques liées à l’insécurité dans la zone, les travaux avancent grâce à la mobilisation des équipes locales et à l’engagement constant des partenaires sur place.

Des semences adaptées et des formations pratiques

Produire durablement, c’est aussi avoir accès à de bonnes semences et aux bonnes pratiques. Des semences maraîchères de qualité (tomates, oignons, laitues, gombos, aubergines, choux, pommes de terre, poivrons et bien d’autres) sont distribués aux populations afin de garantir des cultures mieux adaptées aux réalités locales.

Des semences maraîchères sont remises aux femmes maliennes. ©AMSCID

Mais l’accompagnement va plus loin. Les exploitantes ont également suivi des formations aux techniques agroécologiques :

Ces apprentissages permettent non seulement d’améliorer les récoltes, mais aussi de transmettre des savoirs au sein des villages.

Derrière chaque équipement installé, chaque formation organisée, il y a la volonté de construire des solutions durables avec les habitantes, en respectant leurs besoins, leurs savoir-faire et leur capacité d’action.

Apprentissage des techniques de maraîchage par les femmes maliennes. ©AMSCID

Une mobilisation forte ici aussi en
Seine-Saint-Denis

Ce projet de solidarité mondiale vit également en Seine-Saint-Denis.

Le comité de Bagnolet est particulièrement sensible ce projet en raison de la forte présence de la diaspora malienne sur son territoire, et s’est fortement mobilisé. Rencontres avec les personnes accueillies, actions solidaires lors des distributions alimentaires, sensibilisation lors d’événements locaux : plusieurs initiatives ont permis de faire connaître cette action et de collecter des fonds.

Le 19 juin 2025, une rencontre publique organisée à la mairie de Bagnolet a rassemblé habitants, bénévoles, partenaires institutionnels et membres de l’AMSCID en visioconférence depuis le Mali.

Le 26 novembre 2025, Bassirou Diarra, président de l’AMSCID, est venu rencontrer les équipes de la fédération de Seine-Saint-Denis ainsi que les bénévoles des comités de Montreuil et de Bagnolet pour échanger sur l’avancement du projet.

Ces rencontres rappellent que la solidarité mondiale repose aussi sur des liens humains forts, construits dans la durée.

Malgré l’instabilité, l’élan de solidarité se poursuit

Le contexte sécuritaire dans le cercle de Yélimané reste fragile. « L’insécurité dans la zone ainsi que la pénurie de carburant, ont limité les déplacements des équipes de l’entreprise et de l’AMSCID, retardant ainsi le démarrage des travaux. » explique Fatoma Francis Dembélé, Secrétaire Permanent de l’AMSCID.

Mais malgré ces difficultés, le projet avance. Malgré les tensions diplomatiques entre les gouvernements, les peuples continuent d’être solidaires. Cette capacité de résistance et d’adaptation illustre la force du partenariat entre l’AMSCID et le Secours populaire.

L’objectif reste inchangé : permettre aux femmes de renforcer durablement leur autonomie, d’améliorer la sécurité alimentaire de leurs familles et de participer pleinement au développement de leur territoire.