Hérault - La santé des femmes, axe prioritaire pour 2021

Le droit à la santé est un droit fondamental. Pourtant, toutes les femmes n’y ont pas accès et particulièrement les femmes en situation de précarité. C’est pourquoi la Commission Santé du Secours Populaire de l’Hérault en a fait son thème de travail pour 2021.

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Afin de couvrir l’ensemble des inégalités auxquelles font face les femmes en matière de santé, le travail de la commission santé du Spf34 se fera suivant trois axes complémentaires : la santé physique, la santé au travail, la santé mentale.

Axe 1 : Protéger la santé physique des femmes

Avant toute chose, commençons par distinguer espérance de vie et espérance de vie en bonne santé. Si l’espérance de vie des femmes dépasse de près de 6 ans celle des hommes, il n’en va pas de même pour l’espérance de vie en bonne santé.
Dans ce second cas, l’écart hommes-femmes se réduit à un an environ.  

Graphique femmes

Ecart d’espérance de vie hommes-femmes en 2018

Quelles sont les premières causes de mortalité chez les femmes ? 

En premier lieu, on trouve les maladies cardio-vasculaires (infarctus du myocarde et accident vasculaire cérébral).
Parce que les symptômes ne sont pas toujours les mêmes que chez les hommes, le diagnostic et la prise en charge sont plus tardifs. Il faut savoir que 56% des femmes meurent de maladies cardio-vasculaires contre 46% des hommes. Par ailleurs, ces maladies causent 3 fois plus de décès chez les ouvrières que chez les cadres et les professions intermédiaires. Autres principales causes de mortalité féminine, les cancers du sein, le cancer colo-rectal et le cancer du poumon (2018).

Notons tout de même que leurs pronostics se sont améliorés ces dernières années.

Santé sexuelle et reproductive : du travail reste à faire !

Concernant la santé sexuelle et reproductive, beaucoup de travail reste à faire : connaissance du corps, contraception, droit à l’Interruption volontaire de grossesse (IVG), maladies sexuellement transmissibles… 

Les femmes en situation de précarité sont là encore particulièrement exposées. Leur suivi gynécologique est moindre, elles vivent plus souvent des grossesses à risques et font moins l’objet de dépistages.
La précarité menstruelle est également un problème car les produits d’hygiène intime ont un coût élevé. Pour lutter contre la précarité menstruelle, le Spf34 a lancé une collecte de dons de protections périodiques et de produits d'hygiène et de confort.

De nombreux facteurs aggravants

Selon l’OMS, une femme sur trois dans le monde a vécu des violences physiques ou sexuelles au sein de son couple. Les agressions sexuelles et les violences conjugales, lorsqu’elles ne tuent pas, aggravent considérablement l’état physique et psychologique des femmes qui en sont victimes.
A noter que 90 femmes tuées par leurs conjoints ou ex-conjoints en 2020.

La consommation d’alcool, de tabac, l’usage de drogues, une mauvaise alimentation, le mal logement, contribuent aussi à fragiliser leur santé.

Enfin, il faut noter que les femmes en situation de précarité font souvent passer leur santé au second plan. Cela peut également les conduire à renoncer à des soins par manque d’argent, freins culturels, à cause de leur travail ou de l’attention portée à leur famille. 

C’est pourquoi la santé des femmes en situation de précarité doit faire l’objet d’une attention particulière. 

Axe 2 : Prendre en compte la santé des femmes au travail 

Depuis plusieurs années, les maladies professionnelles, les accidents du travail et de trajets sont en forte augmentation chez les femmes dans les secteurs à forte précarité : nettoyage, travail temporaire, etc.

Parmi les conséquences du travail sur la santé, on fait les constats suivants : 

  • Les troubles musculo-squelettiques sont fréquents. 
  • Les horaires difficiles, le travail répétitif, le harcèlement moral ou sexuel, le sexisme, contribuent souvent à rendre les conditions de travail pénibles et stressantes.

Axe 3 : Préserver la santé mentale des femmes en situation de précarité

On observe deux causes principales de dégradation de la santé mentale des femmes : 

  • La « charge mentale » en lien avec les nombreuses responsabilités qu’elles doivent assumer. Il s’agit d’une cause majeure de dépression et d’anxiété. 
  • L’isolement social, en particulier chez les femmes en situation de précarité. Le fait d’avoir moins accès aux activités physiques et culturelles a un impact négatif sur leur santé.

Comment améliorer la santé des femmes en situation de précarité ?

Face à ces différents constats, la Commission Santé du Secours Populaire de l’Hérault a décidé d’aider les femmes et notamment les plus précaires, à améliorer leur santé et à devenir autonomes.

Les actions seront les suivantes : 

  • Améliorer le recours aux droits et l’accès aux soins,
  • Agir sur la précarité menstruelle grâce à la mise en place d’un nouveau partenariat avec le Planning Familial de l’Hérault en fournissant des protections gratuitement,
  • Prévenir les facteurs de risques par l’information sur les Infections Sexuellement Transmissibles, les conséquences du tabagisme, de l’excès d’alcool, de la consommation de drogues,
  • Informer sur une alimentation équilibrée pour prévenir l’obésité, le diabète et leurs conséquences,
  • Promouvoir l’activité physique.

Pour plus d'informations : prevention.sante@spf34.org

Texte inspiré du contenu rédigé par Françoise SILVEREANO-ROGÉ, médécin bénévole du Spf34

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