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Université d’été 2026 : le SPF13 débat de l’école et de la solidarité

Mis à jour le par Darel G.
11e Université d'été du SPF13

Le 6 juillet 2026, le Secours populaire des Bouches-du-Rhône a accueilli à Marseille ses partenaires de La Réunion et du Maroc pour l'Université d'été du SPF 13. Une journée d'échanges intenses autour de l'école, de l'adolescence et de la solidarité.

Le 6 juillet 2026, les bénévoles, les familles, les jeunes Copains du Monde de Marseille, de Port-Saint-Louis et d’Aix-en-Provence se sont réunis avec des délégations venues de La Réunion et du Maroc. Les partenaires de Houston et du Liban n’ont malheureusement pas pu se joindre à eux, retenus par des questions logistiques de billets d’avion. La journée s’est ouverte sur la présentation des textes écrits par les enfants durant l’année autour du thème « Ecol’lectif », avant de laisser place à un temps d’échange entre adolescents et adultes.

L’école, miroir de la vie des jeunes

Les discussions se sont d’abord portées sur la place de l’école dans la vie des jeunes, et sur cette période adolescente qui peut sembler en décalage avec le reste de la société. Un point a été souligné : la démarche d’éducation populaire portée par l’association offre un espace de création, là où le cadre de l’Éducation nationale reste plus contraint. Les temps communs entre adolescents et adultes ont été jugés essentiels pour construire la confiance mutuelle et offrir à chaque génération une vraie place au sein de l’association — car la confiance, a-t-il été rappelé, « offre de la liberté, la liberté de se découvrir soi-même ».

Une parole libérée sur les difficultés adolescentes

Les échanges ont ensuite abordé des sujets plus difficiles. Les adolescents ont confié la pression qu’ils subissent, de la part de leurs parents comme de l’école, ainsi que des situations de harcèlement, vécues ou connues par un proche. Des mères présentes ont partagé leurs inquiétudes sur les conditions dans lesquelles grandissent leurs enfants aujourd’hui. Un jeune a également rappelé une donnée marquante : le taux de suicide chez les jeunes aurait augmenté de 16 % au cours des deux dernières années.

(Ce sujet reste sensible : si vous-même ou l’un de vos proches traversez une période difficile, des professionnels et des lignes d’écoute peuvent vous accompagner. Appelez le 31 14.)

Face à ces constats, les échanges ont insisté sur la nécessité d’offrir de la confiance aux jeunes et d’accompagner leur autonomie, « la difficile mission du parent, mais aussi de l’éducateur, de l’animateur Copain du Monde ». Les adolescents ont été invités à aller à la conquête de leurs droits et à interpeller la société — un appel résumé par cette formule : « Et alors l’utopie sinon quoi ? »

Le texte de Jacques Broda comme fil rouge

Pour éclairer ces échanges, un texte du sociologue Jacques Broda, « Pour que la solidarité devienne une valeur indestructible de l’être », a été introduit lors de la journée. Il y écrit que cette valeur « ne se décrète pas mais se construit pas à pas, au jour le jour », et qu’elle doit pouvoir « supporter le choc, les coups, de la crise, de la violence, de la haine, de la guerre et de la misère ». Une phrase a particulièrement marqué les participants : « être solidaire, une réponse à la colère ».

La joie de l’action solidaire

De ces échanges est ressortie une conviction simple, portée par les enfants eux-mêmes : l’action solidaire procure de la joie. Daris, jeune membre des Copains du Monde de Marseille, a relu devant l’assemblée un extrait de son texte : « Quand je collecte avec mes camarades, je mets en œuvre la valeur solidaire par cette bonne intention, celle qui viendra en aide aux enfants de Cuba ou du Liban. […] Je suis moi plus un bout des autres. Je suis plus que moi. » Il conclut : « Cette mise en œuvre de la valeur solidaire me rend joyeux. »

Identité et identification : un débat entre générations

Un autre temps fort de la journée a porté sur la différence entre identité et identification. Pour les jeunes présents, l’identité est ce que l’on construit soi-même, tandis que l’identification est un phénomène par lequel on s’attache à une association, un collectif ou une personnalité : « quelque chose qui nous ressemble mais qui n’est pas nous, elle inspire, elle peut amener une transformation ». L’adolescence est décrite comme un véritable espace d’expérimentation, où l’on est parfois « considéré comme un enfant avec des responsabilités – des problèmes d’adultes ». Les participants ont convenu que l’identité n’est ni innée ni indestructible, mais qu’elle se protège — et qu’on peut, si besoin, la reconstruire. Il a aussi été souligné que rejoindre Copain du Monde, en devenir responsable dans son école ou son quartier, peut transformer durablement le rapport d’un jeune à ses parents et aux autres adultes.

Une journée ouverte sur le monde

La rencontre a permis des échanges avec les délégations venues de La Réunion et du Maroc, dont les jeunes ont partagé leur propre vision de l’école idéale, en écho direct aux discussions marseillaises. La journée s’est terminée sur une note artistique, avec une pièce de théâtre offerte par la délégation marocaine sur l’entraide en milieu scolaire.

Les pistes pour la suite

Les participants ont dégagé plusieurs pistes de travail à approfondir d’ici la prochaine Université d’été :

« Le mouvement Copain du Monde existe, servons-nous-en, servons-nous-en beaucoup plus ! » C’est sur cette invitation que s’est refermée l’Université d’été 2026.