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« Ecol’lectif » : l’école rêvée par les enfants du Secours populaire 13

Mis à jour le par Darel G.
Ecol'lectif 2026

Chaque année, les Copains du Monde du Secours populaire des Bouches-du-Rhône se réunissent en atelier d'écriture pour réfléchir à un grand sujet de société. Leurs textes sont lus lors des Universités d'été du Secours populaire 13. Cette année, le thème choisi est « Ecol'lectif » : les enfants y racontent l'école telle qu'ils la vivent, et telle qu'ils voudraient qu'elle soit.

Un atelier, une question, chaque année

Depuis plusieurs années, le mouvement Copain du Monde invite les enfants du Secours populaire 13 à se retrouver autour d’un atelier d’écriture. En 2023, ils se demandaient « c’est quoi être un être humain ? ». En 2024, « c’est quoi être un ami ? ». En 2025, ils interrogeaient « l’art-ifice de l’intelligence ». Cette année, place à « Ecol’lectif », une réflexion sur l’école et sur ce qu’elle pourrait devenir si la solidarité en façonnait chaque décision.

Les textes qui en résultent ont été présentés collectivement lors de la 11e Université d’été du Secours populaire des Bouches-du-Rhône, un moment attendu où les enfants prennent la parole devant les familles et les bénévoles.

Une école où l’on apprend à être ensemble

Pour beaucoup d’enfants, l’école idéale commence par une chose simple : que personne n’y soit seul. Naila l’exprime ainsi : « L’école de mon rêve, c’est où tout le monde sera amis. C’est-à-dire que personne ne sera seul, ni triste, ni harcelé. »

Saouda, elle, décrit ce que le travail en groupe lui apporte : « Quand je suis en travail de groupe, je me sens complète. Des idées nous viennent plein la tête. Elles se croisent, se transforment et prennent du sens ensemble. » Elle ajoute une conviction qui résume tout l’atelier : « Être ensemble, ce n’est pas juste être plusieurs. C’est avancer plus loin. »

Dounia, qui a construit son texte en s’appuyant sur les idées de ses camarades, le confirme à sa manière : « L’école est bien plus qu’un lieu d’apprentissage individuel : c’est un espace de vie collective. » Pour elle, les travaux de groupe et l’entraide entre élèves montrent que « la réussite peut être partagée ».

Atelier d'écriture du SPF 13
Atelier d’écriture du SPF13

La solidarité, une intention avant un geste

Plusieurs textes s’attardent sur ce qui rend un acte solidaire véritablement précieux. Pour Rifae, ce n’est pas la taille du geste qui compte : « La valeur de la solidarité ne se mesure pas à la grandeur d’un geste mais à l’intention qui la guide. […] Même le plus petit acte peut avoir une portée immense lorsqu’il vient du cœur. »

Daris part d’une citation du philosophe Vladimir Jankélévitch — « la manière de dire vaut mieux que les mots, la manière de donner vaut mieux que le don » — pour expliquer ce que la collecte solidaire représente pour lui : « La valeur solidaire, c’est quand je suis moi plus les enfants de Cuba et du Liban, c’est-à-dire, je suis moi plus un bout des autres. » Il va jusqu’à proposer la création d’un mouvement Copain du Monde dans chaque école.

Préparer l’avenir, autrement

D’autres textes regardent vers la vie d’adulte. Salomé imagine une école où l’orientation ne serait plus un choix fait dans la précipitation, mais construite grâce à des journées d’immersion dans différents métiers. Shainez, elle, voudrait que l’école enseigne aussi les démarches du quotidien : « apprendre nos droits et nos démarches administratives, comme l’utilisation de la carte vitale, les assurances ou les papiers importants », tout en gardant les matières classiques, « pour savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va ».

Khalil, enfin, résume à sa façon le sens qu’il donne à l’école : « Mon bien, c’est apprendre de ses erreurs, c’est être conscient que la note ne fait pas tout, mon bien c’est de définir mon avenir. »

Temps d’échanges des Copains du monde

La force du collectif

Le texte collectif qui clôt l’atelier porte bien son nom : « La force du collectif ». On y lit que « la vraie puissance naît lorsque les talents s’unissent autour d’un but commun », et que cette force se retrouve aussi bien dans les lettres et les dessins envoyés aux enfants du monde entier que dans les maraudes organisées pour venir en aide à ceux qui manquent de tout. « Quand on est ensemble, ça nous donne du courage et de l’espoir de croire en nous », concluent les enfants.

Une école qui grandit avec l’enfant

À travers ces textes, une même idée revient : une école pensée collectivement, où la solidarité ne serait pas une option mais une valeur qui traverse chaque apprentissage. C’est aussi tout le sens du mouvement Copain du Monde, qui accompagne chaque année ces enfants dans la construction de leur pensée, de leur parole, et de leur engagement.

Retrouvez l’intégralité des textes de l’atelier « Ecol’lectif » lors de l’Université d’été 2026 du Secours populaire des Bouches-du-Rhône.