La pauvreté s'accroit en France d'année en année.

Le taux de pauvreté atteint 14,7% de la population. 9.3 millions de personnes vivent ainsi en dessous du seuil de pauvreté en 2018. La pauvreté augmente chez les plus jeunes, mais aussi chez les 50-64 ans.

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Seuil et taux de pauvreté

Selon l'Insee, la pauvreté s'accroit tous les ans en France sur la dernière décennie. Le seuil de pauvreté retenu au niveau statistique dans les pays développés, s'établit sur la base de 60% du revenu médian soit 1.065€ net mensuel après impôt. L'observatoire des inégalités, pour sa part, retient le taux de 50%, soit 888 € mensuel.
Selon l'Insee, le taux de pauvreté atteint 14,7% de la population. 9.3 millions de personnes vivent ainsi en dessous du seuil de pauvreté en 2018. La pauvreté augmente chez les plus jeunes, mais aussi chez les 50-64 ans.

La pauvreté affecte d’abord les plus jeunes

En premier lieu, les jeunes adultes (de 18 à 29 ans), catégorie d’âge pour laquelle la progression a été la plus forte ces quinze dernières années : leur taux de pauvreté a augmenté de 8 % à 12,6 % entre 2004 et 2017, soit une progression de 50 %. Il s’agit ici de jeunes adultes, souvent peu diplômés, qui peinent à s’insérer dans le monde du travail et qui sont contraints de vivre avec de très bas revenus (indemnités de stage, bas salaires, soutien parental, etc.). Les 18-25 ans n’ont pas le droit – sauf rares exceptions – aux minima sociaux. Au total, un million d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté.

Les enfants pauvres

La pauvreté frappe durement les enfants dont les parents ont de faibles niveaux de vie. Leur taux de pauvreté, tombé à 8 % au début des années 2000, atteint 11 % en 2017.
1,5 million de mineurs sont concernés. Ces mineurs ne sont pas pauvres eux-mêmes mais des "enfants de" pauvres : ils vivent au sein de familles aux faibles revenus, soit du fait de la situation économique, soit suite à une séparation, parfois des deux. Ces enfants ne vivent pas tous dans la misère, mais sont loin d’accéder aux normes de la société de consommation française que leur renvoie sans cesse notamment la publicité. Les plus touchés sont ceux dont les parents ont des charges de logement élevées, en particulier ceux qui vivent dans les grandes villes.

Les adultes pauvres

La progression de la pauvreté est sensible pour les adultes. Le taux de pauvreté est passé de 5,2 % à 7,5 % pour les 30-39 ans entre 2004 et 2011 et de 6 % à 8 % pour les 40-49 ans entre 2005 et 2012. La majeure partie de ces hausses ont eu lieu avant la crise financière de la fin des années 2000. Le phénomène le plus nouveau est l’augmentation de la pauvreté chez les plus âgés.
Chez les 50-64 ans, le taux de pauvreté a grimpé de 5,1 % en 2005 à 7,9 % dix ans plus tard. Au cours de cette période, le nombre de pauvres de cet âge a cru de 56 %.

Vieillesse et pauvreté

Le taux de pauvreté des 65-74 ans oscille entre 2 % et 4 %, celui des 75 ans ou plus a assez nettement diminué, d’un maximum de 4,7 % en 2006 à 3 % dix ans plus tard. Cette évolution en haut de la pyramide des âges est trompeuse car elle résulte de la conjonction de deux mouvements opposés qui se compensent : le niveau des pensions de retraite perçues par les femmes âgées augmente du fait de la hausse de leur taux d’activité au cours des dernières décennies, mais, en même temps, des générations qui ont pu connaître le chômage arrivent à l’âge de la retraite avec des revenus plus faibles.

Triste conclusion

Le bilan des quinze dernières années demeure marqué par la hausse de la pauvreté chez les plus jeunes. Le nombre "d’enfants de pauvres" et de jeunes adultes démunis a augmenté de 775 000 unités sur 10 ans.
Même si cette pauvreté des plus jeunes résulte de facteurs différents, cette évolution appelle des réponses, tant pour les enfants (souvent issus de familles monoparentales) que pour les jeunes adultes qui, par exemple, n’ont pas droit aux minima sociaux.

Piège et biais statistique

Il faut se méfier d’une vision simpliste de la pauvreté par âge.
Les jeunes pauvres le sont surtout parce qu’ils sont des enfants de milieux populaires ou des jeunes actifs peu qualifiés : leur pauvreté est pour une grande part liée à leur appartenance à un milieu social et non à des accidents de la vie.
Les inégalités sociales à l’école constituent pour eux l’obstacle numéro un.
Les plus âgés sont bien moins nombreux à vivre sous le seuil de pauvreté, mais ils ne sont pas pour autant épargnés. Leur taux de pauvreté augmente nettement entre 50 et 65 ans.
Il est important de comprendre que la pauvreté des plus âgés n’a pas grand-chose à voir avec celle des jeunes.
Avec l’âge, l’espoir de voir sa situation personnelle s’améliorer diminue voire disparaît.
La pauvreté est moins fréquente chez les aînés, mais elle est plus durable.
Ce qui implique des politiques différentes, dans le soutien à long terme et la formation pour ceux qui sont encore sur le marché du travail.

Effets directs pour notre association

Au fur et à mesure que la situation des échantillons statistiques se dégrade (enfants pauvres, jeunes adultes, personnes âgées), le nombre de personnes concernées augmente. Les permanences d'accueil savent bien que lorsqu'un retraité est dans une situation de précarité telle qu'il bénéficie de l'aide du Secours populaire, sa situation n'ira pas en s'améliorant et qu'il nous faudra l'aider longtemps.
De la même manière, les jeunes qui ne peuvent s'intégrer dans la vie active et trouver un emploi décent risque de rester longtemps dans nos fichiers.
Et après la crise sanitaire, la grave crise économique qui s'annonce va accroitre encore le nombre de personnes à aider.
C'est pourquoi il nous faut réfléchir, se projeter, et imaginer des ressources nouvelles, pérennes, dans des volumes encore supérieurs à ceux que nous avons été jusque-là capables de collecter.
C'est le challenge énorme que nous devrons relever dans les mois et années à venir. C'est pourquoi il faut que notre association recherche activement et sache accueillir les nouveaux bénévoles, pour renforcer les équipes et explorer de nouvelles voies : un sang neuf indispensable face au défi à relever !

Pour en savoir plus :https://www.insee.fr/fr/statistiques/4231288

Pour aller plus loin : lire le rapport sur les inégalités en France, Edition 2019 accessible par ce lien : https://www.inegalites.fr/Rapport-sur-les-inegalites-en-France-edition-2019

 

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