Une raison supplémentaire de se mobiliser [Archivé]

Le 9e baromètre Ipsos/SPF publié dans Convergence, le magazine du SPF, a été dévoilé mardi 8 septembre. Il montre que la peur de la pauvreté se diffuse à toutes les catégories sociales. L’envie de se mobiliser aussi.

Le comédien Gérard Klein, parrain de la campagne Pauvreté-Précarité, discute avec des collégiens au siège national du SPF.
Joël Lumien

Comme à chaque rentrée de septembre, le Secours populaire français lance sa campagne Pauvreté-Précarité en présentant les résultats du baromètre Ipsos / SPF, son enquête annuelle sur le vécu de la pauvreté par les Français.

Des chiffres chocs

« Jamais les Français n’en ont eu aussi peur », a commenté Étienne Mercier, directeur chez Ipsos Public Affairs, lors de la conférence de presse qui s’est tenue au siège national du SPF, ce 8 septembre : 87 % des personnes interrogées sont dans ce cas. « Cette peur se diffuse à l’ensemble de la population, y compris chez les catégories aisées », souligne Étienne Mercier (voir le baromètre publié dans Convergence, le magazine du SPF).

Des situations « révoltantes »

Cette crainte s’explique par la part de plus en plus importante de la population qui doit faire face, même momentanément, à la pauvreté. La proportion de personnes ayant été sur le point de se retrouver dans cette situation augmente. Elle atteint 64 % chez les personnes aux revenus les plus modestes (moins de 1 200  euros par mois).

Pour les personnes interrogées, le seuil de pauvreté se situe à 1054 euros mensuel, poursuit l’expert en opinion publique. C’est supérieur au seuil de pauvreté officiel de 987 euros et, surtout, très proche du salaire minimum auquel les Français semblent particulièrement attachés. Sa remise en cause éventuelle risque d’être très mal perçue

Des raisons d’espérer

Comme le souligne le magazine Convergence : « L’enquête rejoint les observations de terrain faites par les bénévoles du SPF. La précarité ne se limite pas au manque de nourriture ». « Il s’agit souvent, en premier lieu, de la privation de vacances, de loisirs ou d’activités qui permettent d’être intégré à un groupe social. C’est très perceptible chez les enfants interrogés », ajoute Amandine Lama, directrice d’études à Ipsos Public Affairs.

Cette année, un questionnaire à destination des enfants complète le baromètre. Là encore, la prise de conscience de la pauvreté s’étend (voir l’étude). Celle-ci s'accompagne d’une grande volonté, chez les enfants et les adolescents, de s’engager pour lutter pour plus de justice : ils sont 78 % à vouloir être solidaires, soit une proportion encore plus importante que chez les adultes.

Des Copains du monde mobilisés

Professeures au collège Guillaume Apollinaire, dans le 15e arrondissement de Paris, Nathalie et Virginie sont témoins de cet élan. « Toute l’année, nous proposons à nos 125 élèves de 5e des actions de solidarité en lien avec copain du Monde. Ils sont très investis », observe Virginie (voir ci-dessous).

Les résultats de cette enquête nous donnent encore plus envie de nous battre contre le ''raz-de-marée de la misère'', a réagi Julien Lauprêtre, président du SPF. La volonté de s’engager dans cette lutte, exprimée par les enfants, confirme le bien-fondé de la démarche copain du Monde. Ce mouvement propose un cadre qui permet aux petits de devenir acteurs de la solidarité.

Le SPF va désormais faire largement connaître les résultats de cette enquête pour sa campagne Pauvreté-Précarité. Gérard Klein, parrain de celle-ci, souhaite mobiliser le plus de personnes possible afin d’« aider les enfants et les jeunes à croire en leur rêve d’un monde meilleur ».


La solidarité, c’est aussi accueillir les réfugiés et les migrants
Pour Julien Lauprêtre, président du Secours populaire, l’extension de la pauvreté à travers la population française ne doit pas provoquer de mouvement de repli, au moment où des milliers de migrants viennent chercher refuge en Europe. « Ils fuient la guerre, la torture et la misère ; c’est un véritable exode, comme l’ont connu les Français en 1940 », déclare Julien Lauprêtre. Le Secours populaire, qui aide les migrants depuis sa création, estime que la pauvreté se combat sur tous les fronts. « Notre seule chance est de  travailler ensemble, de nous renforcer mutuellement. Opposer les Français pauvres et moins pauvres aux migrants nous conduirait tous à la honte et à l’échec », conclut le président du SPF.

Témoignages

Abdoul R

Voir des gens qui dorment dans la rue et qui n’ont rien à manger me rend triste. Surtout l’hiver quand il fait froid. Avec ma classe, nous allons essayer de les aider pour qu’ils puissent avoir à manger tout le temps.

Photo : Nelly Bertin

Abdoul Redouale, 12 ans

Hildegarde F

Je suis très fière de participer à ce projet. Je ne connaissais pas le Secours populaire avant, mais je trouve que ce que vous faites est génial. Moi, j’aimerais collecter des jouets pour les enfants qui n’ont rien.

Photo : Nelly Bertin

Hildegarde Fontaine, 13 ans

Marin-Baldo A

Quand je regarde la télévision, je vois des images qui me choquent. Il faut aider les enfants qui fuient leurs pays avec leurs parents. Nous avons déjà des idées pour agir : par exemple, nous voulons organiser une course avec toutes les classes de notre collège.

Photo : Nelly Bertin

Arslan Marin-Baldo, 11 ans

Liens

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