À Paris, l'avenir de l'aide alimentaire en débat [Archivé]

Mardi 14 novembre, une quinzaine de membres européens de la Plateforme FEAD (FEAD Network) était réunie au libre-service alimentaire du SPF de Paris pour comprendre le fonctionnement de l’aide alimentaire au Secours populaire français.

Des délégués de la Plateforme FEAD découvrent le libre-service alimentaire du SPF, rue Montcalm à Paris
Jean-François Leray

Rue Montcalm, au libre-service du SPF de Paris, une quinzaine de représentants d’ONG et d’administrations sont venus d’Italie, de Suède, de Malte, de Finlande, etc. Devant une pile de conserves et de packs de lait, Benjamin, responsable de l’aide alimentaire au SPF de Paris, se fait pédagogue. En s'aidant de chariots (comme pour les courses au supermarché), il montre aux membres de la Plateforme Fonds européeen d'aide aux plus démunis-FEAD (FEAD Network) le circuit qu’effectuent les personnes aidées.

« Les quantités données sont en rapport avec le nombre de personnes dans la famille. C’est fixé. En revanche, les personnes choisissent un peu plus de poisson, ou alors un peu moins de viande, par exemple », explique Benjamin. Elles composent elles-mêmes leurs menus. 

De nombreuses questions

Les membres de la Plateforme FEAD (FEAD Network)  comparent avec leur propre organisation et posent de nombreuses questions : « Combien faut-il de bénévoles les jours de libre-service alimentaire ?»  « Et tous ces légumes, vous vous les procurez comment ? »

« Je constate que les produits obtenus par le FEAD sont importants en France aussi. Chez moi, à Lublin, l’une des villes les plus pauvres de Pologne, c’est aussi le cas : sans eux nous ne pourrions pas donner autant aux 1 500 personnes que nous aidons », raconte Marzena Pienkosz-Sapieha, qui dirige la banque alimentaire de Lublin.

La veille, plus de 90 membres de la Plateforme FEAD s’étaient réunis à Paris pour réfléchir sur l’avenir du Fonds européen d’aide aux plus démunis. En effet, les discussions entre les Etats européens vont commencer dans les mois qui viennent pour fixer l’enveloppe budgétaire du programme entre 2021 et 2027. Le Secours populaire français et les trois autres associations françaises d’aide alimentaire ont rendu public une position commune : « Le Fonds européen d’aide aux plus démunis est absolument indispensable à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion en Europe. Nous en appelons à une mobilisation de tous pour qu’il puisse être pérennisé et augmenté après 2020. »

Solidarité renforcée entre acteurs du FEAD

Le Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD) est un mécanisme de solidarité organisé au niveau de l’Union européenne. Selon le choix de l’État membre, il permet de fournir une aide alimentaire et matérielle ou de soutenir des actions d’accompagnement des personnes en situation de pauvreté. En France, le FEAD soutient les actions d’aide alimentaire. Il permet de fournir 30 denrées différentes (céréales, produits laitiers et conserves) aux associations de solidarité qui distribuent l’aide alimentaire. En France, les quatre associations agréées (Secours populaire, Banques alimentaires, Resto du Cœur, Croix-Rouge) soutiennent 4 millions de personnes. En 2016, le SPF a reçu dans ses libres-services alimentaires plus de 1,8 million d’hommes, de femmes et d’enfants ; 40 % de la nourriture qu’il distribue provient du FEAD.

En Europe, 120 millions de personnes sont frappées par la pauvreté, les privations et la précarisation de l’emploi. L’apport du FEAD est indispensable pour accueillir les personnes qui ont besoin d’aide ; leur accueil inconditionnel devant rester la règle. Ce soutien permet ensuite de les accompagner dans d’autres démarches autour de l’accès aux droits, à la culture, aux vacances…

Le FEAD représente 1 % des fonds dédiés à la politique de cohésion de l’Union européenne. « Il constitue pourtant la réponse essentielle aux situations de grande pauvreté pour l’ensemble de l’Union Européenne, résume Jean-Louis Durand-Drouhin, responsable du SPF d’Ile-de-France. C’est pourquoi, à travers les rencontres entre membres de la Plateforme FEAD, nous tentons de constituer un réseau européen pour défendre ce mécanisme de solidarité et d’en accroître les moyens pour qu’il réponde encore mieux aux besoins de la population. »

 

Fichiers

Mots-clés