Baromètre 2016 Ipsos / Secours populaire : plus de renoncement aux soins [Archivé]

Le diagnostic du 10e baromètre Ipsos / Secours populaire français a été dévoilé le 6 septembre à la Fondation Rothschild à Paris. La privation de soins s’aggrave pour les plus pauvres et la situation se dégrade pour les classes moyennes.

La 10e édition du baromètre Ipsos / Secours populaire montre une dégradation de l'accès au soins pour les plus pauvres et que la situation des classes moyennes se dégrade..
Joël Lumien

Le SPF présentait, mardi 6 septembre à la Fondation ophtalmologique Adolphe de Rothschild à Paris, les résultats de son 10e baromètre sur la perception de la pauvreté. Conscient de l’importance des inégalités de santé, « le Secours populaire développe fortement ses actions dans ce domaine depuis trois ans », a rappelé Richard Béninger, secrétaire national du SPF. Cet effort est possible grâce à l’implication des bénévoles mais aussi des partenaires comme la Fondation GSK ou Essilor Vision for Life. Ces initiatives vont être nourries par les résultats de l'enquête 2016. Celle-ci « traduit une souffrance qui s’étend dans la société, y compris chez les classes moyennes, depuis le début de la crise financière de 2008 », souligne Etienne Mercier, directeur du département Opinions chez Ipsos.

Des difficultés pour avoir une mutuelle

La santé est le troisième poste sur lequel les personnes interrogées disent se priver, derrière les vacances et l’accès aux loisirs : 36% d’entre-elles déclarent rencontrer « un peu », voire « beaucoup » de difficultés financières pour « payer certains actes médicaux mal remboursés par la Sécurité sociale ». Des situations beaucoup plus fréquentes (64%) parmi la population qui gagne moins de 1200 euros par mois. De même, 24% des personnes interrogées disent avoir des « difficultés financières » pour « disposer d’une mutuelle santé ». Plus d’une personne sur deux est dans ce cas lorsque ses revenus ne dépassent pas 1200 euros par mois. 

Reports ou annulations de consultations se multiplient

Résultat, la moitié des personnes de cette catégorie de revenus déclare avoir renoncé ou reporté de plusieurs mois une consultation chez un dentiste. Une situation qui a augmenté de 22 points de pourcentage depuis 2008 ! De même, 39% ont renoncé ou reporté leur rendez-vous chez un ophtalmologue, une augmentation d’un tiers depuis le début de la crise. Le baromètre fait aussi ressortir que 42% des personnes ne pouvant compter que sur 1200 euros par mois au maximum ont renoncé ou reporté l’achat de lunettes ou de lentilles de contact, soit 5 points de pourcentage de plus qu’il y a huit ans.

Mobiliser pour la campagne Pauvreté-Précarité

Au total, le baromètre montre que la prise en charge des  soins vitaux est généralement bonne, mais que ce n’est pas le cas de tous les types de pathologies, comme en ont aussi témoigné plusieurs personnes aidées par le SPF. « Ce travail et ces témoignages confirment que la pauvreté ne diminue pas en France au moment où le Secours populaire lance sa campagne Pauvreté – Précarité pour sensibiliser l’opinion publique sur cette question et mobiliser les bonnes volontés », a indiqué Julien Lauprêtre, le président du SPF. Dans cette entreprise, l’association reçoit l’appui de Marina Carrère d’Encausse, marraine de la campagne Pauvreté–Précarité, qui juge que « les autorités devraient s’inspirer de ce baromètre ».

L'enquête montre aussi que plus de la moitié des Français (54%) est prête à soutenir les Médecins du SPF et à s'engager de faveur de l'accès à la santé aux côtés de l'assocition par un don (voir plus bas) ou une action bénévole.

L’essentiel des résultats
Pour consulter l’ensemble des résultats : https://www.secourspopulaire.fr/sante-sacrifiee-symptome-de-la-pauvrete

Témoignages

Marina Carrère d’Encausse

En France, une “maladie” fait plus de victimes que le cancer : la précarité. Agissez avec nous ! Avec jusqu’à 8,5 millions de pauvres en France, la précarité fait de plus en plus de ravages sanitaires ! Cancer, maladies cardiovasculaires, problèmes buccodentaires... ces pathologies explosent chez les plus démunis. Savez-vous que la durée de vie moyenne d’un SDF est de 48 ans ? Aujourd’hui, vous pouvez soutenir nos actions pour que ces exclus de la santé retrouvent l’accès aux soins. Conseils des « Médecins du SPF », informations des relais-santé, bilans gratuits de santé, dépistages, ateliers nutrition... tout cela pourra se poursuivre grâce à vous !
 
Photo : Nathalie Guyon / FTV

Marina Carrère d’Encausse, médecin et animatrice télévision

AImira

Avec mes trois enfants nous disposons d’un revenu de 803 euros par mois. Je bénéficiais de la CMU jusqu’en juillet 2015, mais on me l’a retiré car je dépassais le plafond de 1,96 euros. Malgré une demande à la Sécurité sociale rien n’a changé. Difficile dans ces conditions de se faire soigner. Je souffre d’une maladie grave des os. Mais en juillet le chirurgien m’a demandé 2000 euros de dépassements d’honoraires. Le SPF m’aide et va me permettre de poursuivre mes soins.

Aimira Lyon

Fadela

Mon fils âgé de 10 ans souffre d’une forte myopie. Ses lunettes ont des verres très épais et il est l’objet de moqueries quotidiennes dans son école. Malheureusement, je suis sans travail, célibataire avec trois enfants, alors lui offrir des verres adaptés est impossible. C’est pourquoi le SPF m’a proposé une consultation avec Essilor son partenaire. Nous avons rendez-vous le 24 septembre prochain pour qu’il puisse avoir de nouvelles lunettes.

Fadela Grigny

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