Lutter contre l’excision et les mariages précoces

Le Secours populaire français et l’association mauritanienne El Karamat mènent actuellement un programme de sensibilisation aux risques de l’excision et des mariages précoces dans la commune de Gatt Teydouma. L’objectif : changer les comportements des communautés, promouvoir les droits de la femme et sa dignité.

  • Mis à jour le :
Réunion d’information contre l’excision et les mutilations génitales.
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En bref

Pays :
  • Mauritanie
Date projet :
Partenaires :
El Karamat
Nombre de personnes aidées :
34 personnes servant de relai dans leur communauté, 34 exciseuses, 17 leaders religieux.

Des pratiques très répandues dans la commune de Gatt Teydouma

70 % des Mauritaniennes ont subi une forme d’excision dans leur enfance. L’excision est le plus souvent pratiquée par des exciseuses traditionnelles, dans des conditions d’hygiène désastreuses. Au-delà de l’atteinte aux droits des femmes et du traumatisme psychologique, cette pratique  peut avoir des répercutions désastreuses pour la santé et la vie des femmes : douleurs, risques d’infections, difficultés à uriner, stérilité, difficultés lors de l’accouchement, transmission du VIH…

Même si les politiques nationales de santé et de promotion féminine en Mauritanie luttent contre les mutilations génitales, les traditions et les pratiques sont bien ancrées. C’est le cas également pour les mariages précoces qui sont pourtant interdits par la loi : En Mauritanie, près de 30% des jeunes filles sont mariées avant l’âge de 15 ans.

Les mariages précoces ont un impact sur la santé (grossesses à risque, hémorragies et fistules…) et la déscolarisation des jeunes filles.

Les pratiques de l’excision et des mariages forcés sont très répandues dans la région du Hodh El Chargui où est mené le programme.

Changer les mentalités pour lutter contre des pratiques néfastes pour la santé des femmes

Un premier volet du programme de lutte contre l’excision et les mariages précoces a été mis en place dans 17 villages de la commune de Gatt Teydouma du 27 mai au 4 juillet 2013. Une série de sessions de formation et de sensibilisation a été conduite auprès de 34 personnes agissant comme un relais dans leur communauté, 34 exciseuses et 17 leaders religieux. Ces hommes et femmes qui ont été formées vont diffuser ces informations au sein de leurs communautés dans le but de changer les mentalités vis-à-vis de ces pratiques.

Sous forme participative, les formations ont apporté un éclairage sur ces deux pratiques : aspects sociologiques, religieux, sanitaires et les conséquences sur la santé, rappel de la loi et des peines pour les auteurs des infractions.

A l’issue des différentes formations et de la campagne de sensibilisation les participants ont formulé les principales recommandations suivantes :

  • Assurer la prise en charge médicale des personnes victimes de l’excision et du mariage précoce.
  • Aider à la reconversion des exciseuses en contrepartie de l’abandon de l’excision.

Ces deux actions sont prévues dans le programme global de lutte contre les excisions et les mariages précoces et devraient être mises en place en 2013-2014.

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