Lutte contre l’extrême pauvreté à Comasagua

A Comasagua, au Salvador, le SPF et ses partenaires locaux mènent un programme de trois ans pour permettre à 200 familles, vivant en milieu rural de sortir de l’extrême pauvreté, par l’autosuffisance alimentaire et l’augmentation de leurs revenus.

  • Mis à jour le :
A Comasagua, au Salvador, 200 familles vivant en milieu rural participent à un programme du Secours populaire portant sur l’autosuffisance alimentaire et l’augmentation de leurs revenus, mars 2013.
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En bref

Pays :
  • Salvador
Date projet :
Partenaires :
FUNDESYRAM et MDS
Nombre de personnes aidées :
200 familles soit 1.000 personnes

Comasagua, une région de grande pauvreté

En 2011, à Comasagua, le revenu journalier par habitant, qui est de 1,31 dollar, est inférieur au salaire minimum légal. La majorité des travailleurs sont des saisonniers dans de grandes exploitations de café. Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), 40% des familles de Comasagua vivent dans des conditions d’extrême pauvreté et dans l’insécurité alimentaire. D’après les chiffres du Programme alimentaire mondial (PAM), le taux de malnutrition à Comasagua est de 20% et atteint 29% pour les enfants de moins de 5 ans.

Une situation particulièrement sensible pour les femmes

Quelques 35% des foyers qui comptant des enfants et des jeunes sont monoparentaux (dont 77% sont des femmes seules avec enfants). Les femmes sont également victimes de discriminations ; elles ont un salaire inférieur de 30% à celui des hommes et elles ne représentent que 22% des élus locaux.

A l’origine, une action d’urgence

En novembre 2009 et en octobre 2011, des dépressions tropicales ont touché l’Amérique centrale, détruisant la quasi-totalité des cultures de maïs, de haricots...
Face à cette situation, le Secours populaire a développé des actions d’urgence dans la municipalité de Comasagua avec ses deux partenaires locaux, Fondation pour le développement socio-économique et la restauration environnementale (FUNDESYRAM) et Médecins pour le droit à la santé (MDS), avec le soutien financier du Centre de crise du ministère français des Affaires étrangères et européenne. Le plan d’action a consisté en la distribution de colis alimentaires, un soutien à la reprise de l’activité agricole, et une sensibilisation des familles aux thèmes de la santé préventive. Ce programme de développement est donc mis en place dans une zone où une base de travail a déjà été établie.

Lutter contre la pauvreté à Comasagua

Le programme promeut l’implication des femmes et des jeunes dans la production agricole biologique, une activité leur permettant de couvrir leurs besoins alimentaires et de générer des revenus afin de réduire leur niveau de malnutrition  d’extrême pauvreté. Il s’agit de développer une agriculture biologique durable et de soutenir un marché responsable, juste et solidaire.

Mettre en mouvement les femmes et les jeunes

Le projet vise à renforcer la participation des femmes et des jeunes dans les instances de prise de décision communautaires en charge du développement socio-économique local. Leur donner la possibilité d’assurer la sécurité alimentaire de leurs proches par une agriculture biologique familiale, leur permettre d’améliorer leur statut au sein de la famille mais également dans la société salvadorienne dans son ensemble. L’objectif est l’accès à l’autonomie financière et à des responsabilités dans la vie de la communauté.

Développer les activités agricoles pour atteindre la sécurité alimentaire

En fonction de leurs conditions d’accès à la terre, les familles cultivent soit des jardins familiaux, soit de petites parcelles. L’autoproduction de fruits et légumes permet de diversifier l’alimentation et ainsi de diminuer les carences nutritives. Chaque famille cultive à minima quatre nouveaux légumes. Les paysans sélectionnent eux-mêmes ce qu’ils cultivent en fonction de leur affinité avec les techniques de production biologique. Les variétés cultivées sont : la tomate, la courgette, le concombre, les oignons, le radis, le guísquil (chayotte), le poivron, la pomme de terre, le haricot rouge, la carotte, l’avocat, la banane, l’orange, les herbes aromatiques (persil, coriandre, basilic, menthe)... A cela vient s’ajouter la production d’œufs des poules pondeuses.

Former aux techniques de l’agriculture biologique

Les paysans sont formés aux techniques de culture biologique. La production agricole est faite à partir de semences traditionnelles plus résistantes aux conditions climatiques et aux parasites locaux. Un des objectifs du projet est de mettre en place une banque de semences pour que les familles paysannes puissent reconduire leur production sans coût supplémentaire et sans dépendre d’un tiers. Les semences ainsi obtenues tendront également vers plus de qualité puisqu‘elles seront issues de plantes biologiques.

Les produits chimiques sont remplacés par des intrants biologiques produits par les paysans comme l’engrais « Bocashi » ou le lombricompostage. Pour renforcer l’efficacité de ces produits et limiter les besoins en irrigation, un arrosage au goutte à goutte et le paillage des sols sont mis en place. Ces fertilisants possèdent les propriétés nécessaires à l’enrichissement des sols, appauvris par l’utilisation de produits chimiques. Une rotation des cultures est effectuée en fonction des minéraux dont les plantes ont besoin pour leur croissance. Ainsi la fertilité des sols sera restaurée et renforcée. Le projet finance également la construction d’une vingtaine de serres de 230 m² chacune : la culture sous serre permet de contrôler 80% des maladies, notamment celles liées aux attaques d’insectes.

Commercialiser les surplus de production agricole pour augmenter ses revenus

Une fois la sécurité alimentaire assurée dans les communautés, les familles commercialisent les surplus de la production agricole sur la base d’un marché juste, responsable et solidaire où producteurs et consommateurs sont en relation directe. Il s’agit de la vente de paniers paysans à San Salvador, la capitale.
L’objectif est d’augmenter de 5% les revenus des familles la première année et de 10% pour chacune des deux années suivantes, soit 25% sur l’ensemble du projet.

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