Logement, un droit encore dans l'impasse [Archivé]

Loyers inabordables, appartements indignes, pénurie de l'habitat... Autant de maux qui privent les plus fragiles d'un toit décent et créent des obstacles à leur insertion sociale. Les chiffres publiés le 31 janvier par la Fondation Abbé Pierre dans son 22e rapport annuel montrent une croissance des inégalités liées à l'accès au logement et rendent urgentes des actions concrètes, que le Secours populaire s'attache à mener depuis de nombreuses années au sein de ses permanences d'accueil.

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Maraude du Secours populaire français à Paris, en janvier 2017.
Rafaël Trapet / Picturetank

« Je suis hébergée dans 15 m2 sans douche ni toilettes au 5e étage sans ascenseur. Avec ma retraite de 770 euros par mois, il m'est impossible d'avoir un logement décent », témoignait déjà en 2014 Saliha*, retraitée de 69 ans aidée par le Secours populaire. Des situations comme celles de Saliha sont symptomiques d'une crise générale, qui s'est aggravée, comme le démontre le 22e rapport sur l'état du mal-logement publié le 31 janvier par la Fondation Abbé Pierre. En France,  15 millions de personnes souffrent du mal-logement, parmi elles 4 millions sont mal logées et 12 millions sont fragilisées dans leur rapport au logement (dont un million entrent dans ces deux grandes catégories), un chiffre englobant ceux qui dorment à même le bitume, ceux qui squattent des abris de fortune, ceux qui s'entassent dans des chambres d'hôtel ou dans des habitations mal chauffées, ceux encore, très nombreux, pour qui le loyer est devenu une charge insurmontable. Il révèle une situation de crise qui s'enracine et s'étend (le nombre de personnes sans domicile est en hausse de 50 % entre 2001 et 2012) touchant des pans de plus en plus importants de la société.

Le logement, au cœur des actions du SPF

Dans toute la France, le SPF soutient les personnes en mal de logement ou en situation de précarité énergétique, les accompagnant au quotidien, que ce soit à travers les maraudes ou camionnettes aménagées (Solidar’bus) qui vont à la rencontre des personnes sans abri, ou encore à travers des accueils de jour permettant aux personnes sans domicile fixe de se reposer pendant la journée, de s’informer et de recevoir aussi des aides d’urgence. De nombreuses fédérations du SPF favorisent aussi l’accès au logement en contribuant à mettre les familles ou les personnes isolées en lien avec les bailleurs sociaux, en les accompagnant dans de nombreuses démarches administratives. Les bénévoles du SPF sont nombreux à assurer une médiation avec les bailleurs sociaux, publics comme privés, pour éviter l’aggravation des difficultés et à terme l’expulsion. Le SPF agit aussi contre la précarité hydrique et énergétique, en assurant des actions de prévention afin de permettre aux ménages de maîtriser leur consommation d’eau et d’énergie, en mettant aussi en place des actions de médiation avec les opérateurs, évitant ainsi les coupures inopinées, qui aggravent la situation des populations les plus vulnérables. Il propose aussi des vacances aux sans-abri, comme le fait par exemple la fédération de Paris, contribuant ainsi à leur offrir un peu de répit et une rupture dans un quotidien où l'horizon se limite à un bout de trottoir.

Un reflet des inégalités

Les chiffres et analyses présentés par la Fondation Abbé Pierre révèlent que le logement est à la fois un reflet des inégalités sociales mais qu'il en est également un catalyseur "au cœur du processus de décrochage des couches populaires". L'approche plurielle et globale mise en œuvre par le Secours populaire dans ses actions solidaires visant à lutter contre la pauvreté est une réponse à cette situation alarmante qui exige une mobilisation sans faille de tous les acteurs sociaux. 

*Voir le dossier sur le mal-logement publié dans "Convergence" n° 334