L’Insee constate une "intensification de la pauvreté" [Archivé]

  • Mis à jour le :

Baisse générale du niveau de vie et intensification de la pauvreté. Ce sont les deux principaux enseignements de la nouvelle édition, parue le 9 septembre dernier, de l’étude sur les revenus des Français que conduit chaque année l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

En 2012, en France métropolitaine, le niveau de vie médian de la population a reculé de 1% par rapport à 2011 (hors inflation). Il s’établit à 1 645 euros par mois. Ce montant partage la population en deux, la première moitié percevant moins de revenus et la seconde disposant d’un montant plus élevé.

Baisse généralisée des niveaux de vie

« Il faut remonter à 1996 pour trouver un recul de cette ampleur », indique à Convergence, le magazine du Secours populaire français, Cédric Houdré, chef de la division revenus et patrimoine des ménages à l’Insee.

Les ménages aisés, et très aisés, ont vu les revenus du patrimoine reculer à un rythme rapide. La hausse du chômage et la faible revalorisation des revenus sociaux a affecté les revenus des ménages vivant autour du revenu médian, même si la baisse est plus modérée que celle affectant le patrimoine.

Dégradation des conditions de vie des plus pauvres

Pour les personnes pauvres, la vie s’est révélée encore plus dure : « L’intensité de la pauvreté augmente », comme l’indique l’Insee. La moitié d’entre-elles vit avec moins de 784 euros par mois. C’est le niveau de ressources le plus bas depuis 2006 (hors inflation).

Une réalité que d’autres statistiques confirment, comme l’augmentation du chômage ou du nombre d’allocataires du Revenu de solidarité active (RSA) ou de la Couverture maladie universelle (CMU). « Nous rencontrons, en effet, des gens qui ont faim, qui n’ont rien à manger, faute de ressources », souligne Anthony Marque, secrétaire national du Secours populaire français chargé de la solidarité France (Sud Radio, 09.09.14)

Le SPF aide toujours plus de personnes

Le seuil de pauvreté monétaire, fixé à 60 % du niveau de vie médian, s’établit à 987 euros mensuels, en baisse de 10 euros par rapport à 2011 (*). Cette barre symbolique étant plus basse dans l’échelle des revenus, l’Insee comptabilise 8,5 millions de personnes vivant sous ce seuil, contre 8,7 millions en 2011. « Ce recul (…) n’est pas le signe d’une hausse du niveau de vie des catégories les moins favorisées », relèvent très justement les auteurs de l’étude (voir : Pourquoi l’Insee mesure-t-elle une baisse du nombre de pauvres ?).

La pauvreté, en effet, n’est pas strictement monétaire. Elle s’exprime aussi en conditions de vie et en privations (accès à la santé, au logement, à la nourriture, au loisirs, etc.). D’ailleurs, la pauvreté s’accroît parmi deux catégories de la population : les familles monoparentales et les chômeurs. « Sur le terrain, nous voyons chaque jour venir plus de personnes dans nos permanences d’accueil, de solidarité et relais santé », relève Anthony Marque, du SPF.

Olivier Vilain
 
(*) : Le seuil de pauvreté de 2011 s’élève à 997 euros, une fois l’inflation de 2012 prise en compte.