Le Secours populaire la joue France – Brésil [Archivé]

Deux jeunes du Mouvement des paysans sans terre brésilien ont participé au village copains du Monde de Graye-sur-Mer (Calvados). Au printemps 2018, ils accueilleront à leur tour des petits français aidés par le Secours populaire français.

Bruna (cheveux verts, à gauche) et Juliana (devant elle) se sont amusées au Village copains du Monde de Grayes-sur-Mer (Calvados) avec leurs nouveaux amis venus de Normandie, du Liban et de Géorgie.
Jean-Marie Rayapen

Bruna vient de l’État brésilien du Paraná ; sa copine Juliana de l’État de Sao Paulo. C’est là qu’elles vivent. De passage à Paris, fin août, les deux adolescentes de 15 ans reviennent de Graye-sur-Mer, dans le Calvados. Elles ont passé deux semaines dans un Village copain du Monde organisé par le SPF de Normandie, avec des adolescents français, libanais et géorgiens.

Leur visage s’illumine lorsqu’elles évoquent leur séjour. « C’était très sympa de vivre ces quelques jours avec des jeunes d’autres nationalités, de découvrir ce qui nous différencie et ce qui nous rassemble », souligne Juliana, qui porte autour de la peau mat de son cou un pendentif représentant le Liban. Un cadeau qu’elle ramènera chez elle.

Le jeu des différences et des points communs

Bruna et Juliana sont, comme leurs parents, membres du Mouvement des paysans sans terre (MST). Cette organisation lutte pour une société brésilienne plus juste, ce qui passe par une réforme agraire (voir encadré).

Les deux jeunes filles se sont amusées à relever les multiples différences entre leur pays et la France, comme le paysage, les jeux ou encore les types de repas. « Le plus étonnant a été de découvrir des villes où les inégalités sont peu visibles par rapport au Brésil, où elles sont radicales », indique Bruna, qui agite ses cheveux décolorés en vert. Le Brésil est, en effet, le pays, avec l’Afrique du Sud, où les différences de niveaux de vie sont les plus extrêmes.

A Grayes-sur-Mer, les activités étaient nombreuses. Et, divertissantes.

A Grayes-sur-Mer,
les activités étaient nombreuses.
Et, divertissantes.

La venue de Bruna et Juliana marque le début d’un partenariat entre le Secours populaire et le MST. Ce dernier recevra des copains du Monde, venus de France, dans l’un des villages de vacances que celui-ci organisera au printemps prochain (en partenariat avec l'association France Amérique latine).

Un partenariat pour les jeunes et l'agro-écologie

« Le MST a une longue expérience de ces réunions de jeunes. Nous sommes très contents d’entamer un partenariat avec cette organisation », indique Audrey Champsiaux du secteur monde au SPF.

L’association compte aussi sur le savoir-faire de son nouveau partenaire en matière d’agro-écologie et de semences paysannes pour renforcer ses programmes de solidarité en Equateur, au Salvador, au Guatemala et, pourquoi pas, à Cuba. Une coopération qui s’annonce fructueuse.

 

Le MST, le plus grand mouvement latino-américain

La question du partage de la terre est l’un des principaux enjeux sociaux au Brésil. Près de la moitié (44,4%) est entre les mains de moins de 1 % de la population, les latifundios, selon l’Institut brésilien de géographie et de statistiques. Résultat, les paysans sont souvent pauvres et même sans terre. C’est pourquoi, dès la fin des années 1970, des paysans se regroupent pour obtenir, en les occupant, des lopins laissés en friche par de grands propriétaires terriens. Ce mouvement va prendre de l’ampleur jusqu’à la création du Mouvement des paysans sans terre, en 1984. Fort de plus de 1,5 million de membres, il continue sa lutte pour une répartition des richesses. En plus des occupations de terre, le mouvement prône une grande réforme agraire et a entrepris un programme d’alphabétisation.

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