Les femmes au cœur de la solidarité [Archivé]

La Journée internationale des droits des femmes est l’occasion pour le Secours populaire de dresser un bilan de ses actions dans ce domaine, alors que la parité est loin d’être  acquise en France et dans le monde.

Le 9 mars 2016, une centaine de femmes du département de la Manche ont découvert Paris.
Jean-François Leray

Le 8 mars n’est pas la « fête » des femmes, répétons-le… Officialisée par les Nations unies, en 1977, la Journée internationale des femmes trouve son origine dans les luttes des ouvrières et suffragettes du début du XXe siècle, pour de meilleures conditions de travail et le droit de vote. Il s’agit donc d’une journée commémorant la lutte pour les droits des femmes en général, aujourd’hui d’une actualité toujours brûlante(1). Ce jour-là des initiatives sont programmées dans différents comités et fédérations ainsi qu’à l’international.

À Lomme, dans le Nord, les bénévoles ont souhaité que les femmes du comité puissent participer à l’opération « Toutes héroïnes » organisée par la ville de Lille qui du 2 au 15 mars propose des soirées festives et de solidarité. En Seine-et-Marne, le comité de Brou et de Sénart se mobilise le 8 Mars, en organisant un défilé en costumes régionaux et des quizz sur les droits des femmes. Mais c’est aussi tout au long de l’année que le Secours populaire réalise un travail de fond pour apporter son aide (alimentaire, vestimentaire, soins esthétiques) aux femmes qui, en occupant 78,1 % des emplois à temps partiels (chiffres Insee, 2014), sont les plus touchées par la précarité, en particulier quand elles élèvent seules leurs enfants. Ainsi, dans certaines fédérations, des ateliers leur permettent de se retrouver le temps d’une après- midi pour se détendre et oublier leurs soucis. A Pantin, en Seine-Saint-Denis depuis le début de l’année, tous les jeudis l’atelier « De Fils en Aiguilles » invite des femmes du comité à partager un moment de convivialité et à se retrouver autour d’un projet commun. Animé par une bénévole, cet atelier accueille entre 8 et 10 femmes toute les semaines. Durant deux heures, elles laissent leurs difficultés à la porte du local. Dans ce département, sur les 328 familles accompagnées par le SPF, 54 sont monoparentales. A Toulouse, les femmes ont également au cœur de la solidarité. Tous les lundis depuis un an et demi, le groupe « Entr’ailes » rassemble une quinzaine de femmes de Toulouse pour la plupart isolées et au chômage. Ces rendez-vous hebdomadaires sont l’occasion de partager des loisirs et de prendre du temps pour s’occuper d’elles. Cinéma, manucure, sorties culturelles le choix des activités est varié. Pour Hamina et Vanessa, les animatrices de cet atelier cette initiative est appréciée par toutes les participantes. « Les femmes qui viennent ici retrouvent confiance en elles et oublient leurs soucis. Grâce à ces temps partagés, des amitiés sont déjà nées, certaines se voyant en dehors » nous confient-elles.

À l’international des actions sont également menées. Nombre d’entre elles ont pour ambition d’aider les femmes à accéder à l’autonomie financière. Les programmes du SPF visent  principalement à lutter contre les inégalités dont elles sont victimes. Par exemple, en Mauritanie, 200 femmes organisées en coopérative dans la commune de Gaat Teydouma, qui regroupe d’anciens villages d’esclaves, sont accompagnées dans leur activité de maraîchage. L’indépendance de ces femmes, dans leur majorité chefs de famille, est ainsi assurée, leur permettant de disposer d’un revenu régulier. En Palestine, le partenaire du SPF, l’association PMRS (Palestinian Medical relief Society) organise une conférence le 8 mars sur la problématique du genre.

(1) Traditionnellement les groupes et associations de militantes préparent des manifestations, pour fêter les victoires et les acquis, faire entendre leurs revendications afin d’améliorer la situation des femmes. La légende veut que l’origine du 8 mars remonte à une manifestation d’ouvrières américaines du textile en 1857 mais la réalité est toute autre. La création d’une Journée internationale des femmes est proposée pour la première fois en 1910, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, par Clara Zetkin et s’inscrit alors dans une perspective révolutionnaire. La date n’est tout d’abord pas fixée, et ce n’est qu’à partir de 1917, avec la grève des ouvrières de Saint Pétersbourg, que la tradition du 8 mars se met en place. Après 1945, la Journée internationale des femmes devient une tradition dans le monde entier. La date est réinvestie avec le regain féministe des années 70 et la « Journée internationale des femmes » est reconnue officiellement par les Nations Unies en 1977, puis en France en 1982.