Le plein, en urgence

Côtes-D'Armor. Bons d´essence, aides énergétiques..., le Secours populaire est de plus en plus sollicité.

  • Date de mise à jour :

Dans les Côtes-d'Armor, le SPF aide des familles coincées dans les campagnes.
O. Pasquiers / Le bar Floréal

Comment déménager quand on n'a pas d'argent pour payer l'essence ? C'est la question qui a poussé une jeune mère de famille, accompagnée de son éducateur, à solliciter le SPF de Saint-Brieuc. "Elle avait besoin de 70 euros, nous lui en avons remis 20 sous la forme d'une aide d'urgence", explique Jean-Claude Messager, bénévole. Si à Saint-Brieuc les demandes liées à du carburant restent rares, tel n'est pas le cas dans tout le département. "De petits villages offrent des logements sociaux dont les loyers sont très bon marché. Cela attire les personnes à faibles revenus, mais le problème est qu'il n'y a pas de commerces, parfois pas d'école et peu, ou pas, de transports", observe Jacques Lecareux, secrétaire général du comité de Châtelaudren. Pour travailler, il faut alors disposer d'un véhicule et d'un budget conséquent pour remplir le réservoir. "C'est un cercle vicieux : sans argent pas de voiture, sans voiture pas de travail, sans travail pas d'argent", résume-t-il. Prenant cette réalité en compte, le comité a mis en place, avec le partenariat d'une station-service, des bons de carburant pour dépanner les personnes -au maximum trois fois dans l'année. "Il nous arrive aussi d'en donner à des mères dans l'impossibilité d'emmener leurs enfants à l'école, là où il n'y a pas de ramassage scolaire", témoigne Jacques. Par souci de rigueur, les bons sont toujours remis sur demande écrite d'un travailleur social. Au comité de Guingamp, un système similaire a été instauré. Il est arrivé cependant que l'aide soit plus régulière. "Pour répondre à une situation très particulière, nous avons alloué 40 euros de bons, tous les mois pendant un an, à une femme qui avait trouvé du travail entre Guingamp et Saint-Brieuc. Aujourd'hui, la famille va beaucoup mieux", se réjouit Jeannette Menou, bénévole au SPF de Guingamp. Les deux comités relèvent aujourd'hui une hausse des demandes, tant pour l'essence que pour d'autres sources d'énergie : électricité, gaz... Par exemple, à Châtelaudren, pointe Jacques, "en 2010, on avait provisionné 700euros pour des aides diverses et le budget n'a pas été épuisé. En 2011, début décembre, on a déjà attribué 1.440euros dont 1.200 pour les aides énergétiques". La précarité énergétique reste toutefois difficile à évaluer. En effet, souligne Jean-Claude, "quand une famille vient pour un colis alimentaire, derrière il peut y avoir des factures d'énergie trop lourdes à régler. Quand un foyer est au RSA, il plonge !"

Trop de frais
"Nous avons eu des demandes d'aide pour du gaz coupé. Dans cette situation, les gens se retrouvent sans eau chaude pour laver les enfants, sans possibilité de cuisiner... De même, nous avons eu un monsieur au RSA, très isolé, à qui on avait supprimé le courant. Sans télévision, il mourait d'ennui", témoigne Jeannette. Le comité du Secours populaire de Guingamp s'est mobilisé : prise de contact avec les travailleurs sociaux, versement du minimum nécessaire pour que le service soit rétabli et un plan d'apurement des dettes mis en oeuvre... À Châtelaudren, constat est aussi fait que nombre de familles vivent dans des logements très mal isolés. "Quand on a une vieille longère, l'été, c'est formidable, mais l'hiver, c'est un gouffre à énergie. De plus, en milieu rural, beaucoup de propriétaires avaient installé des radiateurs électriques car ça ne coûtait presque rien", assure Jacques. Le comité incite les familles à quitter ces logements, en les orientant vers les bailleurs sociaux. Des aides peuvent être débloquées pour régler une facture impayée.

Dossier

Mots-clés