Le goût de la solidarité

Nantes. Avant d´être distribués, les aliments sont testés et notés par les bénévoles.

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Veloutés, émincés, riz au lait..., les produits alimentaires sont testés avant d'être distribués.
J. Renard

Dans la cuisine de la centrale de collecte de la région Pays-de-Loire, proche de Nantes, trois bénévoles sont attablés, malgré l'heure matinale, pour un déjeuner. Devant eux, Béatrice dépose une tasse remplie de soupe de légumes et une cuillère, un stylo et un questionnaire. Tous trois ont accepté de participer aux tests organisés par la centrale pour goûter les produits issus du Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD) ou du Programme national d'aide alimentaire (PNAA) distribués par le SPF. Chacun plonge sa cuillère dans le liquide chaud puis la porte à sa bouche. Silence. La concentration se lit sur les visages. Une seconde cuillerée, puis chacun note ses appréciations. "Je déplore un petit goût sucré, sinon cette soupe est agréable et sa consistance est bonne", estime Marie-Thérèse. Rémi juge, quant à lui, le breuvage "plutôt ou assez agréable", selon la terminologie proposée par la fiche. Stagiaire en BTS sanitaire et social, Angélique a coché la même case que Rémi. Après la soupe, un gâteau au chocolat type BN. "C'est un bon produit. Je vois peu de différences avec la marque classique", assure Marie-Thérèse. Rémi et Angélique partagent son point de vue, même s'ils trouvent le biscuit un peu sec. Chacun finit de remplir sa fiche, où il est précisé que les aliments présentés étant industriels, ils ne peuvent être comparés à des produits frais ou maison. Béatrice relève les grilles et remplit un document. "J'indique les références du produit, le numéro de lot, la date d'arrivage, etc., et je rédige une synthèse des tests", explique-t-elle. Les résultats sont ensuite envoyés au SPF national. "Quelque 40 produits proviennent des programmes d'aide alimentaire. Nous les testons presque tous : plat de pâtes, emmenthal, émincé de volaille, riz au lait... Nous les regoûtons même chaque année car, selon les lots, la qualité change", développe Christian de Filippis, directeur régional et responsable de la centrale où, en 2011, ont été stockées pour 6 fédérations départementales 1.285 tonnes de nourriture (produits secs, frais et surgelés), dont 60 à 70% issus des programmes alimentaires. En général, les notes tournent autour de 5 ou 6. "Nous avons rarement des extrêmes dans un sens comme dans l'autre", remarque Béatrice. Pour Angélique en tout cas, l'expérience se révèle positive. "Je ne savais pas que l'aide alimentaire bénéficiait de tests gustatifs. C'est intéressant d'évaluer la qualité des produits que l'on donne à manger aux personnes accueillies."

Seul le meilleur est donné
Plusieurs procédures permettent de tester la qualité des produits du PEAD et du PNAA. Ainsi, en début de campagne, des représentants des associations distribuant l'aide alimentaire sont invités par FranceAgriMer - établissement national chargé des produits de l'agriculture et de la mer - à effectuer dans ses locaux des tests de produits transformés. Selon la note octroyée, certains aliments sont éliminés. Plusieurs critères se combinent : prix, coût du transport, dimensions organoleptique et nutritionnelle. Les produits obtenant la meilleure note globale sont retenus pour le plan à venir, signale Guirec Derrien, chargé de l'aide alimentaire (PEAD et PNAA) au SPF. En cours d'année, France-AgriMer demande aussi que les fédérations du SPF testent les produits reçus pour connaître l'avis des bénévoles et des bénéficiaires. Enfin, le SPF tente de diversifier les aliments pour rester en phase avec les besoins des fédérations. Notamment, complète-t-il, pour toutes les personnes qui ne peuvent pas cuisiner.

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