La pauvreté vue par de petits Marseillais

Agés de 6 à 12 ans, neuf enfants parcourent le 14e arrondissement de Marseille dans le cadre d´un atelier photographique. Ils réfléchissent ainsi sur la pauvreté bien présente dans ce quartier populaire où ils habitent.

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Près du Centre social Saint-Gabriel-Bon-Secours, les enfants s'arrêtent devant une cabane construite en pleine rue avec du bois et des tôles ondulées. Myriam et Amandine prennent des clichés. J'ai été discrète pour ne pas mettre mal à l'aise le vieil homme qui habite là. Il fait partie du quartier depuis longtemps, explique Amandine, la plus âgée du groupe. Au départ, pour les jeunes, la pauvreté est strictement liée à la marginalité : C'est vivre dans une cabane ou dans la rue, faire la manche, comme le dit Myriam, la meilleure copine d'Amandine.

Un peu plus tard, les enfants fixent sur la pellicule une barre d'immeuble à la façade décrépie et noircie. Sofia et Samir, les deux plus jeunes du groupe, photographient les adolescents qui discutent au pied du bâtiment où les tags sont nombreux. La scène ressemble à ce qui se passe en bas de chez eux, même si leurs immeubles, à quelques rues de là, sont en meilleur état. A force d'observer et de discuter entre eux, la pauvreté prend de nouvelles dimensions.

Être pauvre, c'est aussi travailler sans pouvoir acheter de vêtements ou assez à manger, se affirme Myriam, qui passe ses étés chez sa tante, à Marseille. A ses côtés, Amandine confie qu'à l'époque où son père travaillait à temps partiel, elle a dû interrompre les séances d'orthophonie, qui lui étaient pourtant nécessaires, faute de moyens. La situation a changé, mais la pauvreté, j'ai connu, conclut-elle.

Myriam, Amandine et leur copine de CM2, Inès mènent régulièrement des actions avec copain du Monde, le mouvement de jeunesse du Secours populaire. Au printemps dernier, elles ont récolté des légumes qui ont agrémenté l'aide alimentaire distribuée par le SPF de Marseille. Il n'est pas nécessaire d'être riche pour aider les autres, relève Inès en y repensant. Une leçon qui est désormais encore plus évidente pour ces neuf petits Marseillais.

Olivier Vilain

Les p'tits yeux des quartiers Nord
La pauvreté existe-t-elle si on ne la montre pas ? Avec le photographe Eric Prinvault et Anzimou l'animateur, les enfants du centre social et familial Saint-Gabriel du 14e arrondissement de Marseille ont pris leurs appareils photo jetables pour répondre à cette question.

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