La pauvreté se fabrique d'abord au féminin

Sondages Ipsos-SPF 2013 : 41 Français disent avoir connu la précarité. La pauvreté s´étend et se féminise.

Les inégalités au sein du foyer ont des répercussions dans bien d’autres domaines pour les femmes, où elles sont freinées, de la vie professionnelle à l’engagement politique ou associatif, selon l'Observatoire des inégalités.
André Le Jarre

Pour l’édition du baromètre pauvreté Ipsos-SPF 2013, dont l’un des volets est consacré aux femmes et à la pauvreté, Convergence, le magazine du Secours populaire français, a souhaité donner la parole à celles qui ne l’ont jamais. Aux statistiques officielles de la pauvreté, elles opposent leur histoire, leur vécu. Quand on rencontre ces femmes, ce qui impressionne tout d’abord, c’est cette force incroyable déployée « pour s’en sortir » et offrir une vie digne à leurs enfants. Tenir le coup dans un quotidien fait de privations demande une énergie hors du commun. Pourtant, nombreuses sont les personnes qui se méprennent sur les réalités de la pauvreté, qui constitue un véritable traumatisme. Il l’est doublement quand une mère ne peut nourrir et soigner son enfant comme elle le voudrait. C’est pourquoi, il nous paraît essentiel de faire entendre ces voix, qui ne sont que très rarement entendues. Et lutter ainsi contre les préjugés, les stigmatisations sociales, dont sont trop souvent victimes les plus précaires. Toutes ces femmes sont des besogneuses, qui ne plient pas devant l’effort de la tâche, quelle qu’en soit la dureté. L’exclusion sociale naît souvent d’un accident de la vie et toujours du manque de ressources. La pauvreté en France, inflexible, continue à progresser. Les femmes, qui en sont victimes à 56 %, sont les premières touchées. Le risque de pauvreté est aussi accru pour celles, dont le nombre est en augmentation constante, qui élèvent seules leurs enfants. Neuf familles monoparentales sur dix sont des familles mère-enfant(s) et de nombreuses contraintes liées à la conciliation entre vie professionnelle et familiale se posent à celles qui en sont à la tête. Elles expriment leur soif de solidarité, mais aussi le besoin de parler de leurs difficultés, de rompre, coûte que coûte, l’isolement auquel elles sont confrontées. Elles affirment leur envie d’aider les autres, notamment au sein des structures du Secours populaire français. Ces quelques portraits dressent un modeste état des lieux de l’adversité au féminin. La pauvreté des femmes, parfois imperceptible, oblige à la remise en cause d’un système tout entier, basé encore sur de nombreuses discriminations.
Voici ici les portraits de ces « Huit femmes puissantes ».

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