La huitième vague du baromètre Ipsos/ Secours populaire français

5,60 €, c'est le montant moyen qui reste pour vivre, par jour et par personne, du public reçu dans les permanences d'accueil du Secours populaire français. Découvrez les résultats des deux études publiées par le SPF, dont le baromètre Ipsos-SPF 2014 sur la perception de la pauvreté par les Français.

  • Date de mise à jour :
Dans les permanences d’accueil du SPF, les bénévoles mesurent l’ampleur de la crise au nombre croissant de personnes sollicitant l’aide alimentaire.
Olivier Pasquiers/Le bar Floréal.photographie

La huitième vague du baromètre Ipsos/ Secours populaire français que nous venons de réaliser a été l’occasion de reprendre une série d’indicateurs que nous avions testés pour la première fois en 2007. Sept ans après, les réponses obtenues permettent de mesurer l’ampleur et l’impact de la crise économique qui a touché la France. Plus nombreux à avoir eux-mêmes expérimenté la pauvreté à un moment de leur vie (35 % en ont fait la dure expérience, contre 30 % avant la crise), les Français sont aussi davantage entourés par des personnes qui vivent des situations difficiles : 66 % ont au moins un proche qui connaît une situation de pauvreté (contre 56 % en 2007). Pour une proportion significative de la population française, il est aujourd’hui très difficile de boucler ses fins de mois et le « reste à vivre » (une fois qu’on a payé toutes ses dépenses contraintes) est limité. L’épargne apparaît alors comme un luxe inaccessible, ce qui renforce la vulnérabilité face aux aléas de la vie. Ces problèmes financiers ont des conséquences très concrètes : la grande difficulté pour nombre de Français de se faire soigner en est un terrible exemple. En 2014, 18 % des Français déclarent ainsi qu’ils ont déjà dû tout simplement renoncer à une consultation chez un dentiste, en raison de son coût. C’est 5 points de plus qu’en 2008. Si les Français sont toujours très anxieux quant à l’avenir de leurs enfants, ils se montrent, cette année, un peu moins inquiets pour eux-mêmes. Espérons que ce sont les prémisses d’une reprise de la confiance qui sera confirmée dans les prochaines éditions du baromètre.

Amandine Lama, directrice d’études
au département politique et opinion, Ipsos Public Affairs

Dossier

Fichiers

Liens