L’inquiétude de la rentrée

Le mois de septembre représente un cap financièrement difficile pour nombre de ménages qui, malgré leurs faibles revenus, doivent faire face à de nombreuses dépenses. 

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59% des français estiment avoir été, à un moment de leur vie, sur le point de basculer dans la pauvreté.
Céline Scaringi

Publié début septembre, le baromètre annuel Ipsos – Secours populaire confirme l’inquiétude et les difficultés constatées par nos bénévoles dans les permanences d’accueil : 59% des français estiment avoir été, à un moment de leur vie, sur le point de basculer dans la pauvreté et 81 % craignent que cette situation se reproduise pour leurs enfants. Au quotidien, les personnes aidées font rarement part de la masse de difficultés auxquelles elles sont confrontées. Pour certaines, venir chercher une aide alimentaire pour soi et éventuellement pour ses enfants représente déjà une démarche difficile.

Factures, frais de rentrée scolaire, impôts...

Le mois de septembre, c’est aussi la perspective de l'hiver, le retour des factures et frais (énergie, impôts, assurances etc.) et, pour les familles, les dépenses liées à la rentrée scolaire sont source d'angoisse : les fournitures, la cantine sont autant de frais qui viennent grever un budget modeste. Pour s’assurer que les familles puissent bénéficier des aides, le SPF peut accompagner l’ouverture aux droits communs (droits santé, allocations) et s’assurer ainsi de leur effectivité. En effet, ce n’est pas parce qu’on a droit à une aide que l’on en bénéficie automatiquement.

Septembre, c’est enfin le moment des inscriptions aux « activités » extra-scolaires : l’inscription dans un club de sport ou à une activité de loisir, tout cela a un coût que les familles ne peuvent bien souvent pas supporter. Les vacances ou les loisirs culturels et sportifs sont parmi les premières dépenses auxquelles on renonce lorsqu’on n’a pas où se loger ni de quoi se nourrir. Ainsi, 41 % des sondés indiquent qu’ils ont du mal à s’offrir des vacances une fois par an.

Pourtant, le Secours populaire considère qu’aider les personnes sur ces aspects est tout aussi important que sur les besoins fondamentaux. L'association les accompagne, dans le respect de leur dignité, en leur donnant la possibilité d’agir pour la solidarité.

Dans les zones blanches, rurales ou périurbaines, c’est l’accès à la mobilité qui fait défaut. Le manque de dessertes de bus ou l’impossibilité pour les personnes aidées de financer un véhicule empêchent parfois la solidarité d’arriver jusqu’à elles. Autre frein potentiel : la méconnaissance des réseaux de transport ou tout simplement le manque d’habitude de les utiliser. Cela demande d'accompagner les personnes afin qu'elles ne se perdent pas ou manquent un rendez-vous chez le spécialiste obtenu après des mois d’attente.

Du temps et de l'écoute

Pour mener à bien cet accompagnement, les bénévoles et les personnes aidées doivent créer un lien de confiance : il faut du temps et de l’écoute pour percevoir et communiquer sur des besoins au-delà de l’urgence alimentaire ou vestimentaire.

Le SPF dispose depuis vingt ans d’un institut de formation et a formé plus de 40 000 personnes. Cela permet de les accueillir dans une démarche commune à toute l’association avec une qualité d’écoute qui autorise la personne à se confier, quels que soientt l’antenne, le comité ou la fédération.

C’est aussi en construisant de nombreux partenariats donnant accès à des soins de santé ou de la prévention, permettant des coûts réduits pour les assurances scolaires, aidant les ménages modestes à payer l’énergie un peu moins cher, que le SPF fait concrètement œuvre de solidarité.

Enfin, le Secours populaire recherche activement des financements directs. En effet, seuls ceux-ci permettent à l'association de réagir face à l’urgence et d’adapter l’aide aux besoins spécifiques des territoires et des personnes. 

 

Une rentrée sportive 

Depuis 2 ans, C&A mobilise ses 162 magasins et ses clients pour soutenir la rentrée scolaire et l’accès au sport des enfants accompagnés par l’association : du 29 septembre au 04 septembre 2018, 1 euro a été versé au SPF pour chaque article enfant acheté (hors accessoires). 

Chaque année, 700 enfants ont la joie de profiter d’une semaine sportive au village d’été Kinder. L’entreprise Ferrero s’engage depuis dix ans à financer les frais de licence sportive et d’équipements de sport pour les enfants souhaitant prolonger la pratique d’une activité découverte au cours de ce village d’été.

 

 

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