Jeunes et salariés, ils s'engagent pour les autres

Depuis un an, une permanence étudiante est ouverte à Lyon. Sa particularité, elle est animée par des jeunes en activité qui une fois leur journée de travail terminée, deviennent bénévoles.

A Lyon, depuis un an une antenne étudiante est ouverte tous les lundis.
Celine Scarengi

Charles, Sébastien, Justine, Marie et Augustin ont un point commun. Une fois leur journée de travail terminée, ils se transforment en bénévoles du Secours populaire et animent le point accueil jeunes de la fédération du Rhône.Tous les lundis, dès 18 heures, ce lieu accueille des étudiants en difficulté. Fathia, 22 ans arrivée d’Algérie depuis trois mois pour faire un master en éco-gestion est sans titre de séjour pour l’instant. Elle ne peut ni travailler ni bénéficier d’une bourse étudiante. Sa famille très modeste ne peut pas l’aider financièrement. Les 100 euros reçus de l’assistance sociale de l’Université sont déjà dépensés.

Aidé par le SPF, il devient bénévole

Alors, elle vient remplir ses deux cabas au SPF toutes les trois semaines. « Cela me permet de faire plusieurs repas. Et puis, ici je peux aussi discuter, cela fait du bien. En France je ne connais personne. Je me sens très seule. Alors venir ici me fait aussi du bien » explique-t-elle. Avec 75 points à utiliser pour le mois, les étudiants accueillis ont à leur disposition des produits alimentaires et des produits d’hygiène.Augustin, toujours étudiant a rejoint l’équipe de la permanence il y a peu. Auparavant aidé par le SPF, il donne désormais de son temps une fois par semaine. « J’ai eu besoin de soutien durant quelques mois, le temps que ma situation d’étudiant étranger se stabilise. J’ai pu survivre grâce à la solidarité. Alors aujourd’hui je me rends disponible pour les autres ». Comme lui, Charles, 25 ans et salarié dans le bâtiment est présent tous les lundis. Lui sa spécialité, c’est l’aide à l’emploi. Sans ressources financières les étudiants accueillis sont très souvent en recherche d’un petit boulot.

« Il y a des jours où je ne fais qu’un repas »

C’est pourquoi cet atelier de recherche d’emploi a été créé. « Nous aidons à la rédaction de CV et de lettres de motivation. La consultation des petites annonces permet de bien cibler les recherches et d’éviter les emplois trop précaires. Et puis il faut que les étudiants puissent poursuivre leurs études dans de bonnes conditions. » explique-t-il.En France depuis un an Hamet originaire de Turquie est étudiant en master 2 de communication. Il alterne cours et petits boulots dans la restauration rapide. Une situation extrêmement précaire car il n’a pas de contrat. Il est donc appelé la veille pour le lendemain. C’est pourquoi il vient régulièrement frapper à la porte du Secours populaire car comme il le dit lui-même, « il y a des jours où je ne fais qu’un repas ». Mais au delà de l’aide alimentaire, vestimentaire, ou administrative, des activités culturelles et de loisirs sont également proposées régulièrement comme des sorties à des concerts, des rencontres sportives ou des visites dans des musées. À Noël des places pour le concert de M à Lyon ont été offertes pour une vingtaine d’étudiants. Souvent loin de leurs familles, sans beaucoup d’amis, ces étudiants sont très isolés, d’où l’importance d’organiser des activités culturelles qui sont aussi des temps de partage avec les autres. Pour Justine, 28 ans, salariée à la maison de la Danse de Lyon et bénévole « l’aide matérielle est essentielle mais le soutien moral compte aussi beaucoup. Les jeunes que nous rencontrons sont extrêmement seuls et isolés. »