Au village Copain du monde, les enfants écrivent le livre de la solidarité

Du 17 au 23 juillet, 25 enfants se sont retrouvés dans un village Copain du monde situé sur la base de loisirs de Saint-Quentin-en-Yvelines. Venus de France, de Grèce et du Portugal, ils ont découvert le vivre-ensemble et ont pratiqué de nombreuses activités culturelles et solidaires.

Avec l'éditeur Alain Serres les enfants fabriquent un livre
Mara Mazzanti

« Un jour, je me suis fabriqué une machine à ne rien oublier. Ce que j’ai dans la tête, je le fais descendre dans mon bras puis j’écris et je dessine, comme ça je ne l’oublierai jamais. » Voilà en quelques mots comment Alain Serres conte l’histoire de la fabrication d’un livre. Ecrivain et directeur de la maison d’éditions Rue du monde,  il s’est transformé en animateur le temps d’une matinée. Invité le 21 juillet au village Copain du monde de la fédération des Yvelines, il a donc proposé aux 25 enfants présents de créer leur propre livre.

Par un simple jeu de questions-réponses, il leur décrit tout d’abord la chaîne de fabrication du livre, de l’auteur au lecteur. Une belle histoire que les enfants ne connaissaient pas. « Avant je croyais que c’était l’écrivain le plus important mais j’ai compris que beaucoup de monde avait quelque chose à faire et que c’était un vrai travail d’équipe », découvre Yéli, 11 ans, venu de Chanteloup-les-Vignes. Mais la vraie surprise, c’est quand chacun reçoit un kit avec tout le matériel nécessaire pour fabriquer un livre. 

Fabriquer son propre livre

Plier, coller, presser, faire sécher, attacher les pages puis écrire son texte et l’illustrer, telle était la mission des enfants. Nasia, 12 ans d’Athènes, a choisi d’écrire sur l’amitié alors qu’Aboubacar de Trappes a préféré le sujet sur la nature. Quoi qu’il en soit, les idées n’ont pas manqué et c’est avec beaucoup d’enthousiasme que les « écrivains en herbe » ont pris leurs feutres. Les mots égalité, solidarité, famille, amitié et partage sont ceux les plus souvent écrits et illustrés.

Egalement présent ce jour-là, Julien Lauprêtre, le président du SPF, a pu admirer leur création et surtout leur présenter le mouvement d’enfants Copain du monde :

Vous êtes ici pour apprendre à vivre ensemble et à construire la solidarité de demain. Ce village Copain du monde qui vous rassemble vous offre la possibilité de partager des vacances et de mener à bien des projets de solidarité. Quand vous rentrerez chez vous, vous aurez beaucoup de choses à raconter. 

J’ai parlé avec les mains et fait des mimiques

Et c’est vrai que les souvenirs seront nombreux, car durant leur séjour d’une semaine les activités se sont enchaînées. Visite du château de Versailles, du musée de l’Homme, baptême de l’air, accrobranche, atelier artistique avec l’association l’Ecole d’art au village sur les droits de l’enfant… Ako, animateur à Chanteloup-les-Vignes, en témoigne :

Ce village Copain du monde est vraiment une réussite. Tout s’est bien passé, il n’y a pas eu de problèmes, toutes les sorties ont été appréciées. Je pense que les enfants qui ont découvert Copain du monde vont certainement vouloir poursuivre des actions avec le Secours populaire.

Et même si tous ne parlaient pas la même langue, ils ont réussi à communiquer. Ne manquant pas d’ingéniosité, ils ont créé leur propre langage « J’ai parlé avec mes mains et fait des mimiques pour me faire comprendre des autres », explique Sofia Lara de Lisbonne. Ce qui a parfois donné lieu à des crises de fou rire, dont certains se souviendront longtemps.

En images

Témoignages

Cette année nous voulions marquer les 25 ans du mouvement d’enfants Copain du monde et les 50 ans de notre fédération. Pour cela nous avons décidé d’organiser notre premier village Copain du monde. Avec ce village nous nous inscrivons également dans  le projet du congrès sur les solidarités en Europe car nous avons choisi de mettre nos partenaires européens à l’honneur. Ainsi des enfants grecs et portugais y participent. Nos partenaires européens travaillent comme nous, et les enfants qui sont là cet été sont des enfants dont la vie n’est pas toujours facile. Ils sont aussi des oubliés des vacances.
Cette première action va dynamiser nos activités en Europe et renforcer les liens que nous avons déjà. Et puis nous allons par la même occasion nous saisir de cet événement pour développer nos actions Copain du monde. Nous envisageons même, pour fin 2018 d’étendre l’accueil d’enfants, notamment avec notre partenaire du Niger.

Pascal Rodier, secrétaire général de la fédération des Yvelines