Grand froid : la fédération de Paris du SPF renforce son accueil de jour [Archivé]

Avec le grand froid, l'accueil de jour Ramey dans le 18e reste ouvert toute la journée : chaque jour, les bénévoles accueillent entre 150 et 200 personnes. Partout en France, les fédérations du Secours populaire français se mobilisent pendant cette période.


Jean-Marie Rayapen

« En vertu de notre plan grand froid, notre accueil de jour Ramey dans le 18e reste ouvert toute la journée de 9 h 30 à 17 h 30, explique Gabrielle, bénévole au Secours populaire de Paris. Depuis mardi 6 février, nous distribuons à midi du pain et de la soupe aux personnes qui se mettent à l’abri : certains toute la journée, d’autres quelques heures. »

Vendredi 9 février, un peu avant 9 h 30, quelques hommes patientent derrière la grille avant de rejoindre cet accueil de jour, où ils peuvent se mettre au chaud autour d’un café ou d’un thé. Depuis le plan grand froid activé mardi 6 février par le SPF de Paris, entre 150 et 200 personnes sont accueillies ici chaque jour.

Nous recevons beaucoup de monde dans la journée, surtout des personnes SDF ou qui dorment dans des squats, chez des amis et ne savent pas où aller dans la journée, précise Gabrielle. Nous leur fournissons des kits d’hygiène pour la toilette, des duvets, des manteaux et parfois des chaussures. 

Au point d’information localisé à l’entrée, Louise, Marie-Jo et Simon, « la team de bénévoles du vendredi », sont à l’écoute des besoins des personnes aidées. Ils établissent ou renouvellent leur carte pour le libre-service alimentaire ou pour les cinq restaurants solidaires de la mairie de Paris et celle pour la boutique de vêtements, située 50 rue du Faubourg-du-Temple dans le 11e. Des colis alimentaires et une aide financière d’urgence peuvent également leur être proposés. « Celles vivant dans la rue ou logées par le 115 se donnent aussi rendez-vous ici pour discuter, pour se changer les idées », précise Louise, qui depuis sa retraite, assure l’accueil mardi, vendredi et « le jeudi pour épauler ». « Quand je retrouve des compatriotes du Sénégal, nous parlons du pays – de politique et de football –, pas du froid et de la neige ! », confirme Gabriel, le bénévole qui sert les boissons chaudes.

A l'accueil, Louise, bénévole au SPF de Paris, renseigne une maman accompagnée de son enfant.

A l'accueil, Louise, bénévole au SPF de Paris, renseigne une maman accompagnée de son enfant.

 

Au centre des tables, un groupe d’une dizaine d’hommes originaires de Guinée s’est formé. Vers 11 heures, les conversations baissent d’intensité comme étouffées par la neige qui s’est remise à tomber. La fatigue commence à prendre le dessus sur les discussions et certains, enfoncés dans leurs manteaux qu’ils n’ont pas quittés malgré la chaleur ambiante, s’abandonnent au sommeil : leur nuit a dû être courte et difficile.

Un peu à l’écart, trois hommes se reposent dans un recoin pendant qu’ils rechargent leurs téléphones sur des prises prévues à cet effet : l’un écrit sur un petit cahier, l’autre écoute sa musique les yeux fermés, un troisième lit son courrier. Grâce à une borne, les personnes accueillies peuvent savoir si elles ont reçu une lettre : plus de 2 000 sont domiciliées ici. « Pour le courrier administratif, [notamment lié aux demandes d’asile], vous avez toujours besoin d’une adresse postale », souligne Simon, l’étudiant bénévole du point d’information.

 

L'accueil de jour Ramey (18e.), du Secours populaire de Paris.

Une aide globale

Cet accueil de jour, où se croisent les personnes qui se mettent à l’abri du grand froid et celles suivies régulièrement par le SPF de Paris, propose une aide globale : de l’alimentaire d’urgence à l’offre de vacances en passant par des dons de livres et une assistance juridique. « Ma demande d’asile a été refusée. Je suis venu aujourd’hui pour me renseigner afin de contester cette décision », explique, Brahima originaire de Côte d’Ivoire, qui a été orienté vers les permanences d’accès au droit.

Une billetterie solidaire, qui offre des places de spectacle en échange d’une participation symbolique, fonctionne le jeudi matin de 9 h 30 à 12 heures. Des cours de français langue étrangère sont dispensés et un écrivain public est présent en semaine de 14 h 30 à 18 heures. Des ordinateurs connectés sont en accès libre et un espace de jeu peut accueillir les jeunes enfants.

« Nous sommes un accueil de jour, mais nous n’avons aucune possibilité pour faire dormir les personnes, précise Gabrielle. Nous téléphonons pour eux à une plateforme d’urgence réservée aux associations, (les services intégrés d’accueil et d’orientation de Paris), qui nous permet normalement d’avoir le 115 plus rapidement. En ce moment, avec le grand froid, pour joindre ce numéro surchargé, c’est vraiment la galère. »

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