Gaspillage alimentaire : réaction de Julien Lauprêtre [Archivé]

Le gouvernement étudie un rapport parlementaire qui obligerait les supermarchés à donner aux associations, quelques jours avant la date de péremption, la nourriture invendue. Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français, réagit.

Julien Lauprêtre représente le Secours populaire lors de la première édition de la Journée de la Résistance, le 27 mai 2014, à l'Hôtel de Ville de Paris.
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Comment le Secours populaire accueille-t-il la proposition d’interdire aux supermarchés de jeter leurs invendus alimentaires ?

Pour nous, c’est une bonne mesure. Cependant, les associations doivent pouvoir recevoir des produits diversifiés et de qualité pour répondre au besoin d’équilibre alimentaire des familles aidées. Nous attirons aussi l’attention sur la nécessité pour les pouvoirs publics de se concerter avec toutes les parties concernées par ce changement de dispositif, afin de tenir compte de l’ampleur des besoins d’aide alimentaire et du respect que nous devons tous aux personnes qui viennent chercher auprès des associations de quoi se nourrir.

Quelle place occupe l’aide alimentaire dans l’activité du Secours populaire ?

Nous commémorons notre 70e anniversaire cette année. Nous sommes la plus ancienne association à prendre en charge cet aspect de la solidarité matérielle. L’année dernière, nos bénévoles dévoués ont accueilli dans nos libres-services alimentaires plus de 2,6 millions de personnes. Celles-ci sont toutes venues chez nous parce qu’elles n’avaient, à un moment ou à un autre, plus rien dans le réfrigérateur, plus rien à donner à manger à leurs enfants. Nous avons offert plus de 170 millions de repas. Ce chiffre est le plus élevé parmi les associations de solidarité. Face à l’augmentation de la pauvreté, les demandes d’aide continuent de nous arriver. Le spectre de la faim, ce n’est pas seulement la photo d’un petit africain : il y a aussi un problème de faim dans notre pays.

Participez-vous déjà à la lutte contre le gaspillage alimentaire ?

Bien sûr ! Pour nous, il convient de privilégier en toutes circonstances le dialogue de proximité entre les magasins et les associations de solidarité. Nous avons déjà de nombreux partenariats locaux avec des supermarchés ou des hypermarchés. Le SPF travaille aussi avec l’industrie agroalimentaire et le monde agricole.

Actuellement, les grandes surfaces et les entreprises de l’agroalimentaire peuvent faire des dons volontaires aux associations et bénéficier d’un dispositif fiscal incitatif (les dons sont défiscalisés à hauteur de 60 %).