Faut-il se résigner à voir des enfants mourir de faim ?

La crise alimentaire qui frappe aujourd'hui l'Afrique est, selon les Nations unies, la « pire crise humanitaire depuis 1945 ». Le Secours populaire lance un appel à la solidarité pour amplifier l'aide qu'il apporte depuis de nombreuses années aux populations victimes de malnutrition et de famine.

À Mogadiscio, dans la capitale somalienne, une mère avec son enfant de deux ans qui vivent dans un camp pour déplacés. La guerre et la violence sont en grande partie à l'origine de la famine.
ROBERTO SCHMIDT/AFP

Une crise alimentaire d’une extrême gravité sévit aujourd’hui dans plusieurs pays d'Afrique. Au Soudan du Sud, où l’état de famine a été décrété fin février, 100 000 personnes risquent de mourir de faim, selon le Programme alimentaire mondial (PAM), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) et le Fonds pour l’agriculture et l’alimentation des Nations unies (FAO). Le Nigéria, la Somalie, le Yemen, comptent aussi parmi les pays que les conflits successifs et la sécheresse ont plongés dans une crise alimentaire menaçant à terme 20 millions de personnes dans la région..

Appel à la solidarité

Le Secours populaire lance aujourd’hui un appel à la solidarité afin d’intensifier l’action qu’il déploie depuis de nombreuses années dans des régions que la guerre et les catastrophes climatiques ont laissées exsangues.

Un solide réseau de partenaires en Afrique

Un solide réseau de partenaires locaux permet au SPF d’agir avec réactivité, comme en Mauritanie où, entre 2008 et 2016, six opérations d’urgence alimentaire ont été menées ; à Madagascar, où plus d’un million de personnes, dont près de la moitié sont des enfants, survivent dans un état d’insécurité alimentaire grave, le SPF a débloqué en février dernier 4 000 euros qui ont permis à son partenaire le Comité de solidarité de Madagascar de distribuer du riz aux familles affectées par la famine. D’autres distributions d’urgence sont encore prévues : elles permettront de nourrir 2 000 familles, soit 10 000 personnes, pendant un mois. À Djibouti (Corne de l'Afrique), le SPF et ses partenaires du Réseau euro-méditerranéen de la solidarité (REMEDES) ont apporté entre 2011 et 2015 une aide alimentaire à 2 430 familles, soit plus de 12 000 personnes, (population djiboutienne et réfugiés somaliens, yéménites et éthiopiens) victimes de la famine.

Actions d'urgence et accompagnement dans la durée

Au-delà de l’urgence, le Secours populaire mène des projets inscrits dans la durée : au Bénin, un programme ambitieux de trois ans et d’un montant global de plus de 650 000 euros a ainsi été déployé par les fédérations du SPF de la Sarthe et de la région Bretagne pour favoriser l’autonomie alimentaire, la diversification agricole, la nutrition des enfants. En Ethiopie, un nouveau partenariat est né avec l’association Family Service Association avec laquelle le SPF mène un programme doté d'un budget de 100 000 euros visant à améliorer les conditions d’éducation et à lutter contre la malnutrition infantile. Ces quelques exemples n’épuisent pas le vaste champ géographique où le SPF intervient en concertation avec ses partenaires (notamment dans la Corne de l'Afrique), donnant ainsi une efficacité accrue à son action.

Aujourd’hui, face à la « pire crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale », face aux images insoutenables d'enfants décharnés s’impose une action immédiate qui devra déboucher sur des programmes pérennes visant à assurer la sécurité alimentaire des populations. Le Secours population appelle à un élan de solidarité à la hauteur de la situation, pour éviter, selon les mots du secrétaire général des Nations unies Antonio Gutterres, que « la tragédie ne devienne une catastrophe ».

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