En Grèce, trois jours de distribution alimentaire [Archivé]

Le Secours populaire français et son partenaire grec Solidarité populaire ont organisé le 29 octobre une première journée de distribution alimentaire à Petroumi, dans la banlieue d'Athènes, où 400 personnes ont été accueillies. Le SPF a pu constater sur place la détresse de familles qui, depuis 2009, en sont réduites à survivre.

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Le chômage, qui touche 28% de la population active en Grèce (contre 7,5% en 2009), a poussé dans la misère de nombreuses familles, dans l'incapacité de se nourrir correctement.
Hervé Lequeux

Dans le hall de la petite école de Petroumi, dans la banlieue d’Athènes, une longue file d’hommes, de femmes et d’enfants s’étend jusque sur le trottoir. Plusieurs centaines de familles attendent la distribution de colis alimentaires. Une grande première avant les deux autres distributions prévues les jours suivants. Une grande première également pour Solidarité populaire, le partenaire grec du Secours populaire français.

Haik Apamian, l’un de ses représentants, ne cesse d’aller et venir pour tenter de maintenir un semblant d’ordre dans la distribution. C’est un jour très important, prés de 400 personnes sont attendues et, au sein des familles, près de 1000 personnes vont pouvoir bénéficier en effet des colis. Ismaïl Hassouneh, secrétaire national du SPF chargé du réseau euro-méditerranéen, travaille depuis de nombreuses années auprès des partenaires grecs. « Très longtemps, nous avons été partenaires sur des terrains difficiles, au Liban notamment. Puis, avec la crise financière et économique, et la situation très difficile en Grèce, où des familles se sont trouvées du jour au lendemain sans rien, nous avons progressivement décidé d’être présents ici. Il s’agit pour nous d’apporter notre aide, mais aussi notre expérience et nos moyens. Ces distributions vont pouvoir aider 5 000 familles. »

« Aujourd'hui, nous recevons l'aide de nos amis français »

Anastasia, 29 ans, est styliste. Depuis deux ans, elle s’investit dans cette association grecque. Cet instant représente pour elle « un grand jour. C’est symbolique et important. Aujourd’hui, nous recevons l’aide de nos amis français ». Si Anastasia est aujourd’hui du côté des bénévoles, elle subit les mêmes difficultés que ceux qui attendent patiemment leur tour pour prendre deux sacs constitués de plusieurs repas. « Je suis, moi aussi, sans emploi comme tous les gens ou presque qui sont ici aujourd’hui. Pour cette première, nous avons prévenu par SMS plusieurs centaines de personnes avec, comme priorité, celle d’aider d’abord des familles. Ceux qui étaient sans emploi et vraiment dans un profond dénuement. » Comme Hara, 34 ans, ancienne cadre dans une banque et sans emploi depuis 2008. Elle est la maman de deux enfants. « Mon mari gagne 600 euros par mois. Pour ma part, je cherche chaque jour un travail, mais je ne trouve rien. Je serai pourtant prête à faire n’importe quoi. Nous avons un loyer de 450 euros et heureusement, nos parents nous aident. Cette distribution est un bol d’air même si elle ne règlera évidemment pas tous nos problèmes. » Les parcours personnels sont dans cette impressionnante file d’attente, différents. L’absence de solutions est pourtant identique pour tous. L’État est aux abonnés absents. Les salaires, comme les pensions de retraites, ont été sérieusement révisés à la baisse. Quant aux prestations sociales, elles sont quasi inexistantes.

Le Fonds européen d'aide aux plus démunis est une nécessité

Pour Jean-Louis Callens, secrétaire national du SPF chargé de l’Europe, ce partenariat revêt une importance primordiale, « il est avant tout la manifestation de la nécessité du Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD) ». Le FEAD  a depuis, janvier  2014 pris la suite du Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD). Jean-Louis Callens rappelle qu'« il a fallu se battre sur tout : convaincre de la nécessité d’un nouveau programme d’aides, de maintenir un budget suffisant et de ne pas rendre les procédures trop complexes. Le FEAD soutiendra cette année 18 millions d’Européens qui y ont recours. Nous devons rester vigilants sur les objectifs. Solidarité populaire, qui développe son action dans le cadre de l’aide européenne alimentaire, doit pouvoir bénéficier du FEAD. »

Sébastien Deslandes 

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Mon mari gagne 600 euros par mois. Pour ma part, je cherche chaque jour un travail, mais je ne trouve rien. Je serais pourtant prête à faire n’importe quoi. Nous avons un loyer de 450 euros et heureusement, nos parents nous aident. Cette distribution est un bol d’air même si elle ne règlera évidemment pas tous nos problèmes.

Distribution alimentaire en Grèce

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