Derrière les chiffres de l´Insee, il y a des hommes, des femmes et des enfants qui souffrent [Archivé]

Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français, estime que la publication des chiffres de la pauvreté en 2011 par l´Insee, le 13 septembre dernier, confirme le constat des bénévoles sur le terrain : une progression implacable des inégalités et des situations bouleversantes.

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L'Insee (institut national de la statistique et des études économiques) rév`ele dans son étude sur les niveaux de vie une nouvelle augmentation de la pauvreté en France : désormais 8,7 millions de personnes vivent avec moins de 977 euros par mois (seuil de pauvreté monétaire). Le taux de pauvreté monétaire ayant atteint 14,3% de la population, soit son plus haut niveau depuis 1997. La situation est particuli`erement grave pour les jeunes. En 2011, pr`es d'un jeune de 18 à 29 ans sur cinq est pauvre. Julien Lauprêtre a répondu aux questions de Convergence, le magazine du SPF.

Selon l'Insee, en 2011, la France comptait 8,7 millions de personnes pauvres. Quelle est votre réaction face à ce chiffre ?

Cette étude de l'Insee corrobore le barom`etre IPSOS-SPF 2013 (

L'Insee pointe la hausse de la pauvreté chez les jeunes, comment cela se traduit-il sur le terrain ?

La pauvreté chez les jeunes prend de l'ampleur. Le Secours populaire a reçu plus de 140.000 jeunes l'année dernière. Beaucoup parmi eux n'osent pas venir demander de l'aide. La précarité se rencontre aussi à l'université. De nombreuses familles, affectées par la crise,  ne peuvent plus aider leurs enfants. Beaucoup de jeunes peinent en effet  à survivre avec une bourse ou sont obligés de travailler plus qu'ils n'étudient.  Depuis plusieurs années, le Secours populaire a fait de la lutte contre la précarité étudiante une priorité.  Nous sommes implanté dans les universités ou à proximité afin de tendre la main à cette jeunesse en difficulté. En mai 2010, la fédération de Paris du SPF a ouvert sa première antenne dédiée aux étudiants en situation de précarité, en plein coeur du quartier Latin, dans les locaux de la SMEREP, mutuelle étudiante. Les bénévoles ont rapidement pu constater l'ampleur des besoins de solidarité qui existent chez les étudiants : les demandes d'aide se sont multipliées, s'agissant aussi bien d'aides matérielles que de besoins d'écoute et d'orientation.

Le Secours populaire a-t-il un message en particulier à destination des jeunes ?

C'est difficile aujourd'hui pour les jeunes, c'est pourquoi, nous disons à tous, étudiants, chômeurs, ne baissez pas la t^ete, venez au SPF. Nous sommes une association de solidarité vraie, o`u celui qui donne comme celui qui reçoit sont dans la m^eme entreprise de lutte contre la pauvreté et la précarité.  L'ancien résistant que je suis appelle à la levée de toutes les résistances contre les conditions inhumaines imposées à des millions de nos concitoyens.

Propos recueillis par Fabienne Chiche