Au cœur de l'Atlas, rencontre avec des copains du monde

Pif s’est glissé dans les valises d’Annie, de l’association du Secours populaire, pour aller rendre visite aux enfants d’un petit village du Maroc. Ils en sont revenus avec plein de choses à te raconter et quatre copains/copines âgés de 10 ans à te présenter !

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C’est encore loin ? Elle n’en finit pas de tourner cette route... On arrive enfin à destination, un petit village du Maroc. Nous voilà à plus de 1 000 mètres d’altitude dans les montagnes de l’Atlas. Et il y en a, du monde pour nous accueillir : bienvenue à Tiriguioute ! Très vite, on fait connaissance avec Fatima, Mohammed, Fatima Zohra et Khalid. Ils ont tous 10 ans.

6 km à pied

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Nous nous promenons déjà sur les routes en terre du douar (c’est comme ça qu’on dit « village », ici). Nos nouveaux copains ne peuvent pas nous faire visiter de suite leur école : elle est à 6 kilomètres. Dire qu’ils y vont tous les jours à pied ! Ils n’ont cours que le matin ou l’après-midi, parce que l’école est trop petite pour recevoir tous les élèves d’un coup. Plus tard, Fatima Zohra veut être médecin, 
Khalid avocat, Fatima professeure d’école et Mohammed aimerait fabriquer des avions.

Rudes montagnes

Mais il faudra alors sans doute quitter le douar… « À Tiriguioute, il n’y a pas de travail », expliquent tristement leurs maîtres d’école, Lahcen et Mohamed. Les familles vivent essentiellement de l’agriculture. Or c’est dur de faire pousser de quoi manger dans ces montagnes où les étés sont très chauds et les nuits d’hiver très froides. Pour aider au rude travail des champs, les parents demandent souvent aux enfants d’arrêter l’école jeunes...

Mais on fait aussi souvent la fête à Tiriguioute. Celle que préfèrent nos quatre amis, c’est le Moussem des roses, qui a lieu en mai dans la ville voisine. Pourquoi fêter une fleur ? Parce que la récolte des roses (pour faire du parfum) fait vivre beaucoup de familles ici. « On met alors nos plus beaux habits pour défiler », explique Fatima Zohra.

Chacun de son côté

Mais elle rentre déjà. Comme chaque soir, elle doit aider sa maman à faire le repas. Fatima aussi. Les garçons, eux, vont se la couler douce, jouer au foot. Demain, école à 8 heures du matin après avoir avalé du pain à l’huile d’olive. Au programme : géographie, arabe, français, sciences, éducation religieuse... À la récré, filles et garçons jouent chacun de leur côté. Mais une envie les réunit : réussir à l’école pour faire un jour le métier de leurs rêves.

 

Haut les cœurs, les Copains du monde !

Les enfants de Tiriguioute ont monté un club avec le soutien du Secours populaire pour aider les personnes plus en difficulté qu’eux. Magie : la solidarité fait autant de bien à ceux qui reçoivent qu’à ceux qui donnent !
Ils étaient 5 au départ, à la création du club Copain du monde. Un an plus tard, ils sont 220 enfants de Tiriguioute et des alentours à mener des actions de solidarité : distribuer des vêtements chauds aux élèves des classes où il peut faire si froid l’hiver, apprendre aux plus petits à lire, ramasser les ordures dans le village, venir en aide aux nomades qui vivent isolés dans la montagne... « C’est chouette d’aider ! », lance Khalid. « Mes parents sont fiers de moi », ajoute Fatima Zohra. Nos deux amis, grâce au club Copain du monde, ont eu à prendre des responsabilités, à partager. Ils ont aussi appris qu’il existe une loi internationale qui protège les droits des enfants. Et ça, ils comptent bien le faire savoir à tous les copains du village !


Entre bordeaux et Tiriguioute, la solidarité, c’est une histoire qui roule !

Le bus est parti de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, a traversé l’Espagne, le Maroc... 2 500 km  C’est ce bus qui nous a amenés à Tiriguioute. Et Annie, du Secours populaire de Bordeaux, l’a laissé sur place. Pourquoi ? Parce qu’une entreprise en France l’a donné  aux enfants du village pour qu’ils n’aient plus à marcher 6 km pour aller à l’école. La solidarité entre Bordeaux et Tiriguioute, c’est une histoire qui roule. En 2015 déjà, cinq Copains du monde bordelais avaient amené des fournitures scolaires aux élèves du village et leur avaient parlé de leur club. Ça a donné des idées aux enfants de Tiriguioute qui ont créé le leur. Eh oui, l’entraide n’a pas de frontières !

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Textes : Fred Gargaud / Illustrations : Gally