Au Maroc, un séjour sous le signe des droits de l'enfant

En octobre, cinq enfants bordelais ont partagé, pendant une semaine, le quotidien de leurs camarades marocains. Récit de cette rencontre qui illustre l'engagement des copains du Monde en faveur de la Convention internationale des droits de l'enfant.

201510, Maroc Durant leur séjour au Maroc, des enfants copains du Monde de Bordeaux ont offert des fournitures scolaires à des écoliers du village d'Aït-Ghemate.
© Joël Lumien

Ils se sont rencontrés cet été à Bordeaux. Ali, Yasmina, Firdauss, Mohamed et Djamila, âgés de 11 à 14 ans, ont eu la chance de venir passer deux semaines en Aquitaine et une journée à Paris cet été. Deux mois plus tard, c’est à leur tour de recevoir leurs amis français, Endy, Thibault, Marie-Eloïse, Kamola et Narimène.

À leur descente d’avion, ils sont accueillis par une délégation de l’association IFLAN pour le développement, la coopération et la culture, partenaire du Secours populaire au Maroc.

Très vite, les voilà plongés dans le quotidien de leurs camarades grâce au rituel du thé. Après sept heures de bus, ils arrivent enfin dans le douar de Tiriguioute, situé à 300 kilomètres de Marrakech. Annie Garat, responsable de la mission informe sur le déroulement de la semaine : « Vous allez découvrir comment vivent les enfants d’ici et surtout agir comme des copains du monde en imaginant des projets de solidarité, comme vous l’avez fait pour financer votre voyage et pour collecter des fournitures scolaires. »

Le lendemain, les enfants rendent visite à des nomades de Bou Izghi. Sur la route, ils croisent des femmes qui viennent chercher de l’eau au puits dans des bidons qu’un âne transporte jusqu’au campement. Marie-Eloise et Endy les aident en transportant quelques bidons. « J’ai du mal à imaginer que l’on n’ait pas l’eau du robinet. Nous, l’eau nous en avons autant que nous en voulons et sans jamais nous poser de questions. On ne réfléchit pas à ça », remarque Thibault.

Distribution de fournitures scolaires

Temps fort de la mission copain du Monde : les actions pour l’éducation. Chargés de plusieurs cartons de fournitures scolaires collectées avant leur départ, ils se sont rendus dans l’école de Aït-Ghemate, un village près de Tiriguioute. Fouzia Berkame et Séverine Saive, deux accompagnatrices bénévoles offrent les dessins réalisés par les élèves de l’école Deyries, à Bordeaux. Leur souhait est de mettre en place une correspondance entre des écoles de Bordeaux et du Maroc.

Fouzia, Séverine et Annie présentent le mouvement copain du Monde devant cinq classes et exposent le sens de cette mission. Une jeune écolière marocaine lit un texte sur l’amitié en français, langue que les élèves apprennent dès l’âge de huit ans.

Les écoliers marchent 6 km pour se rendre à l’école

Les enfants se parlent, découvrent leurs conditions de vie respectives : au Maroc, faute de place dans les écoles, les élèves ne peuvent venir étudier qu’une demi-journée : le matin ou l’après-midi. Les copains du Monde prennent ainsi conscience des difficultés quotidiennes rencontrées par leurs camarades : les bus ne sont pas en nombre suffisant et il faut marcher 6 kilomètres pour se rendre à l'école. Certains ont des vélos, mais beaucoup ont pris l’habitude de faire le trajet à pied.

Une réalité qui renforce la motivation des copains du Monde à agir pour alléger le quotidien des collégiens de Tiriguioute. « Nous allons travailler avec nos amis restés à Bordeaux pour collecter des fonds et essayer de financer l’achat d’un bus scolaire », déclare Narimen. 

Ni les idées, ni l’énergie ne manquent. Soucieux de témoigner de ce qu’ils ont vu, les copains du Monde de Bordeaux comptent poursuivre leurs actions afin que les écoliers marocains aient de meilleures conditions pour étudier et s’émanciper. Faire vivre et défendre l’article 28 de la Convention internationale des droits de l’enfant , adoptée par les Nations unies le 20 novembre 1989, qui reconnaît l’éducation comme un droit, est pour eux crucial et ils en témoigneront cette semaine aux Assises nationales, européennes et mondiales du SPF.